NOUVEAUTÉS, une sélection de pièces et d’écrits théoriques
 
 

 

 

 

 

CONTAMIN Laurent Les veilleurs de jour, illustrations de Laurent Corvaisier, Le Bonhomme vert, 2009
GERBAULET Françoise Petit homme, illustrations de Sylvaine Jenny, Le Bonhomme vert, 2009
Les éditions du Bonhomme vert poursuivent le développement de leur collection de théâtre illustré avec ces deux pièces qui ont pour cadre principal une grotte. Grotte au bord de la mer, où Alex et son frère Pierrot rejouent dans Les veilleurs de jour, les origines du cinéma. Grotte préhistorique ornée de mains et de bisons où Camille (5 ans), l’héroîne de Petit homme, va trouver des réponses à ses interrogations, apprendre à lire, aimer grandir.”Pourquoi je ne peux pas manger le mot pomme?” (à partir du CP)

GERBAULET Françoise

MAYORGA Juan Le Garçon du dernier rang, traduit de l’espagnol par Dominique Poulange et Jorge Lavelli, Les Solitaires intempestifs, 2009
MAYORGA Juan La Tortue de Darwin, traduit de l’espagnol par Yves Lebeau, Les Solitaires intempestifs, 2009
Le titre aurait pu être “Les nombres imaginaires”, “Le tableau vide” ou “Le labyrinthe du Minotaure”. Il a été suggéré à “l’auteur” par Germain, professeur de littérature, marié à Jeanne, galeriste, sans enfant. Responsable du Flambeau, le journal du lycée, Germain pense que “l’art doit illuminer le monde et non augmenter la confusion”. Il est désespéré par l’incapacité de ses élèves à faire une rédaction de plus deux pages racontant leur dernier week-end. Jusqu’au jour, où il découvre les talents de narrateur de Claude, 17 ans, “le garçon du dernier rang”. Il l’encourage à poursuivre les premiers feuillets écrits, lui conseille des livres, pense le guider dans cette histoire qui s’écrit sous nos yeux et dont il se rend compte trop tard qu’il en est l’un des protagonistes ... “Tu sais quelles sont les deux composantes d’une bonne fin? Le lecteur doit pouvoir se dire: je ne m’attendais pas à ça et pourtant ça ne pouvait pas finir autrement. Nécessaire et imprévisible.”
Dans La Tortue de Darwin, un historien voit débarquer à son domicile une petite vieille dame, lectrice attentive de son célèbre ouvrage Histoire de l’ Europe contemporaine. Elle lui fait remarquer différentes erreurs, concernant Verdun ou l’affaire Dreyfus. D’abord vexé, le grand professeur découvre rapidement qu’il a devant lui un témoin des deux cents dernières années. Malgré tous ses efforts pour dissimuler la véritable nature de ce spécimen exceptionnel, résultat d’ ”une évolution exponentielle”, il va devoir partager son “archive vivante” avec un savant (un peu fou) qui s’en servira comme cobaye pour des expériences douteuses. Il devra aussi s’opposer à sa femme Betty qui veut monter un spectacle dont “le monstre” serait l’attraction. “Je ne vois que des êtres qui se comportent comme des bêtes et d’autres qu’on traite comme des bêtes.” “Soyez gentil, déportez-moi aux Galapagos.”

BÄRFUSS Lukas Le Test (Ce brave Simon Coré) traduit de l'allemand (Suisse) par Johannes Honigmann, L'Arche, 2009
SALES Pauline Family art, Les Solitaires intempestifs, 2009
Comme Juan Mayorga (né en 1965) dans “Le garçon du dernier rang”, Lukas Bärfuss (né en 1971) et Pauline Sales (née en 1969) portent leur regard sur la famille, thème chéri du théâtre psychologique ou du théâtre de boulevard.
Après “Les névroses sexuelles de nos parents”, où une jeune fille handicapée mentale voyait sa libido libérée après qu’on lui ait ôtée sa camisole chimique, Bärfuss intégre, dans sa troisième pièce éditée par l’Arche, cette technique scientifique récente, la recherche de paternité par analyse de l’ADN. Suite à la question d’un ami, Frantzeck, Pierre n’est plus du tout sûr d’être le père de l’enfant qu’il adore et qu’ il a eu avec Agnès. Il se décide à passer “Le Test”. Agnès, sa femme, ne voulait pas garder l’enfant, elle n’en connait pas le père. Frantzeck, ancien alcoolique, amoureux d’Agnés, cherche à se faire adopter par Simon Coré, père de Pierre. Simon est en pleine campagne électorale, rêve de devenir maire.
Il est saisi d’un doute: Hélène, sa femme, ne l’aurait-t-elle pas trompée avec Gruber, son ennemi politique de toujours ? Une ronde de scènes alertement menées qui se conclut par un coup de révolver et les cris d’un nourrisson dans le noir.
Paul Jésus (60 ans) le personnage principal de Family art (pour une actrice et quatre comédiens) est gynécologue obstétricien, chef de service dans un hôpital. Personnage idéal pour glisser des confidences (“C’est très proche des travaux
manuels la pose d’un stérilet”
), présenter rapidement les différents moyens de contraception ou rappeller l’histoire du docteur Fernand Lacaze accoucheur à la clinique des métallurgistes Les Bluets tenue par la CGT qui ramena, d’un voyage en Union soviétique, la méthode ASD (accouchement sans douleur) inspirée des travaux de conditionnement de Pavlov sur la douleur et l’émotion négative créées par la peur. Paul a été abandonné par sa mère à la naissance. Il n’a pas d’enfant et vit avec Maxime. Maxime lui aussi ne connait pas sa mère, Suzanne une artiste plasticienne célèbre internationalement qui est partie après sa naissance. Elle avait décidé de garder cet enfant, non désiré par Jean son compagnon, pour le “donner” à Paul, l’ami de Jean. Maxime travaille maintenant comme clown dans le service pédiatrie de l’hôpital et tombe amoureux d’Alice, bientôt enceinte... Cette pièce, où passé et présent, vivants et les morts n’arrêtent pas de dialoguer a été créée le 3 mars 2009 dans le collège Cévenol de Chambon-sur-Lignon par la Comédie de Saint-Étienne.

VINAVER Michel L’Ordinaire, pièce en sept morceaux, Babel, 2009
Pour son entrée au répertoire de la Comédie-Française, dans une mise en scène de son auteur (né en 1927), la pièce est rééditée, dans l’une des rares collections de théâtre de poche. (On y trouve déjà à un prix très abordable le théâtre d’Olivier Py, de Grumberg, Ribes...) Écrite en 1981, L’Ordinaire a comme point de départ un fait divers mythique, entré dans la mémoire collective. Lors du crash en 1972 de leur avion dans la cordillère des Andes, les membres d’une équipe de rugby avaient été contraints, pour survivre, d’enfreindre un tabou majeur et de pratiquer le cannibalisme. Vinaver, ex-chef d’entreprise, remplace ces passagers sportifs par les dirigeants d’une multinationale américaine. Une substitution qui prend un relief particulier en un moment où le capitalisme gravement accidenté semble n’en plus finir de mourir. Le théâtre de Vinaver est-il vraiment “un monde sans procès” comme l’écrivait Barthes? Comment s’organiser après la catastrophe?

BENACQUISTA Tonino Saga, Gallimard, 2009
Le Manteau d’Arlequin, prestigieuse collection des années 70, n’est pas morte, elle publie à nouveau une pièce de Benacquista. La précédente, “Contrat”, mettait face-à-face un gangster et son psychanalyste. Cette fois, le dramaturge, surtout connu pour ses romans policiers et scénarios de films, s’intéresse au monde de la télévision. Comment parler de la télévision au théâtre? Guy Foissy (L’événement, 1965), Bruno Castan (Neige écarlate, 1994) ou Philippe Dorin (Les Enchaînés, 2008) ont traité diversement du sujet. Un peu comme Vinaver (L’Émission de télévision, 1988), Benacquista choisit d’aborder le fonctionnement du “petit écran” de l’intérieur, en amont, du côté production.
Le directeur des programmes d’une chaîne privée convoque quatre auteurs au chômage pour concocter un feuilleton bouche-trou, pas vraiment destiné à être vu, qui passera à 9h du matin, entre les émissions pour gosses et le télé-achat. Chaque épisode durera 52’, avec 3 coupures publicitaires. Il n’y aura que des acteurs inconnus et aucune scène d’extérieur, pas plus de trois décors, huit personnages dans tout le feuilleton, jamais plus de trois par épisode. Le directeur promet aux quatre scénaristes une liberté totale et leur offre un salaire de misère: ils se mettent tout de suite au travail...
La pièce Saga nécessite quatre comédiens et une actrice. Elle est une adaptation du roman Saga publié par l’auteur en 1998. Le sujet lui avait été inspiré par le paysage télévisuel des années 80. La Cinq, chaîne de Robert Hersant et Silvio Berlusconi, était alors à ses débuts.Elle avait dû produire dans l’urgence le sit-com “Voisin, voisine” pour respecter les quotas de création française imposés par le cahier des charges.

EMBOUTEILLAGE CARAÏBE L'oiseau de passage, Le mendiant, Le marchand de romances, Homobilus de Frantz Succab - La goutte d'eau, Le roi du Béton, Estoutt de Bernard Lagier - Molokôy d'Ina Césaire - Noces d'essence de José Jernidier - Un père et manque d'Arielle Bloesch -Parce que … de Laura Leclerc - Dans le ventre de Gilda Gonfier, Lansman, 2009
SUCCAB Frantz Conte à mourir debout, Lansman, 2009
CONDÉ Maryse La faute à la vie, Lansman, 2009
Édités en Belgique par Lansman, ces trois livres ont aussi comme point commun d’avoir été écrits par des auteurs guadeloupéens et martiniquais (d’origine ou d’adoption). À l’heure où la Guadeloupe sort d’un mouvement social historique (quarante-quatre jours de grève générale où l’île a fonctionné au ralenti à l’allure d’une tortue molokôy) une occasion de partir à la rencontre des successeurs d’ Aimé Césaire et de Daniel Boukman.
Maryse Condé (née en 1937) romancière et dramaturge, membre du Comité pour la mémoire de l’esclavage choisit pour sa dernière pièce le cadre d’ un appartement parisien. Deux femmes, en fin de vie, amies, évoquent leurs souvenirs, et l’homme qu’elles ont aimé et partagé comme amant. L’une est blanche fille d’émigrés siciliens, l’autre est noire née en Guadeloupe, au Gosier, avant que le petit village ne devienne une marina avec yachts, villas avec piscine, hôtels de luxe.
À travers l’histoire des derniers moments du grand “tambouyé” Roberval, c’est la fin d’un monde traditionnel qui est au centre du “conte à mourir debout” de Frantz Succab. Éditorialiste pour la revue satirique Motphrasé, parolier du groupe musical Milflè, mêlant français et kréyol, l’auteur pratique un théâtre de l’esquive, l’ art du “masko”: entre l’annonce de la mort prochaine de Roberval ( “d’une prostatation mal encayée et d’un rhum sec accidentel” ) et sa disparition vers les Grands-Fonds le jour de la venue du président de la République française, il est impossible de savoir si “l’ agrégé en mentir”, grand tripoteur de bougresses, est toujours vivant ou déjà mort.
On retrouve Succab dans l’ouvrage collectif Embouteillage Caraïbe. Depuis Weekend de Jean-Luc Godard (1967) et son mémorable travelling ( “le plus grand de l’histoire du cinémahttp://www.youtube.com/watch?v=wC9d9rxjuhg), l’embouteillage n’a cessé d’être un sujet d’inspiration (L’autoroute du Sud de Cortazar, Le grand embouteillage de Comencini, 1979). À la suite du recueil Embouteillage, trente-six scènes automobiles (Théâtrales, 2002) sept auteurs se livrent à l’exercice, alternant monologues et dialogues. Parmi les scènes courtes de ce “théâtre de route”, on notera celle de Gilda Gonfier qui imagine dans un véhicule à l’arrêt la rencontre d’un patron et d’un syndicaliste, ou de “l’art de négocier dans une voiture l’application d’une convention collective”.
http://svr1.cg971.fr/lameca/LamecaInfo/repertoire/repertoire_theatre/sommaire.htm

BARRETEAU Virginie La Centrale - La Geste des endormis, Quartett, 2009
Trois enfants partis jouer, dans la forêt se retrouvent la nuit venue, bientôt perdus. En suivant une rivière gelée, La Cornue, ils arrivent dans un village. Derrière la fenêtre d’une maison, une bougie veille. Ils frappent à la porte, un boucher leur ouvre... Un conte d’hiver d’une grande musicalité avec en arrière plan la légende de Saint Nicolas. Une partition pour trois voix (Johane, ÉRIC, Isan) identifiables grâce à la typographie.
“ Ah! Qu’est-ce qui?QUOI?Là! Oh!Il neige!
Comme c’est beau!
CA ME CHATOUILLE! QU’AI-JE?
Il neige! IL NEIGE! Oh, neige, viens! ”
La Geste des endormis est précédée de La Centrale ( pièce pour 4 ou 5 comédiens).Le salaire du père, parti travailler à l’étranger sur un chantier, n’ayant pas été versé sur le compte bancaire, l’électricité, non payée, est coupée dans l’appartement où vit sa famille. Une bougie allumée déclenche un incendie dans lequel périssent sa femme et sa fille.
http://www.quartett.fr

WASTIAUX François Entre les murs, théâtre-récit, Théâtre ouvert, 2009
Après la version cinématographique de Laurent Cantet, Palme d’or au festival de Cannes 2008, le roman de François Bégaudeau paru chez Gallimard en 2006 est adapté au théâtre. De la machine à café et de la photocopieuse de la salle des professeurs au tableau de la classe, de réunion d’orientation en conseil de discipline, la vie durant une année scolaire d’un professeur principal enseignant de français, de ses élèves et collègues, d’un collège difficile de la Seine-Saint-Denis (93). “Comment prendre en charge les élèves en grande difficulté? Comment lutter efficacement contre les violences et les incivilités? Quelles relations établir entre les membres de la communauté éducative -en particulier entre parents et professeurs et entre professeurs et élèves? Comment améliorer la qualité de vie des élèves à l’École? (...) Faut-il redéfinir les métiers de l’École?”

CHOUAKI Aziz Les Coloniaux, Mille et une nuits, 2009
À travers la fable du berger kabyle Mohand Hakli qui conseilla Pétain pour la reconquête du fort de Douaumont, l’auteur revient sur le parcours de ces 450 000 tirailleurs et zouaves étrangers, dont 149 522 Algériens, mobilisés durant la Première guerre mondiale. Ceux qui échappèrent au massacre revinrent au bled transformés. “Très préoccupant. Je réalise soudain que je suis un occupé. Parti défendre son occupant contre un occupant qui l’occupe.” Résultat d’une commande officielle pour le 90ème anniversaire de la bataille de Verdun, ce récit fut lu pour la première fois par Fellag en 2006 sur le site même des combats. “Le travail du scribe consiste à gérer le pathos, l’enthousiasme, l’apothéose, le panthéon. Celui de l’huissier, à évacuer l’émotion, la morale, à s’en tenir aux faits. Le poète a été exclu par Socrate de sa Cité idéale, car la poésie falsifierait l’histoire. Le poète n’est ni un scribe ni un huissier."

LE LIVRE DES ÉCRIVAINS ASSOCIÉS DU THÉÂTRE DE SUISSE,
Bernard Campiche, 2008. - 647p - 14, 60€.
À l’aube du 3ème millénaire, les créations d’auteurs de théâtre vivants ne représentaient que 8 % en France contre 32% en Allemagne. Pour rendre une visibilité aux dramaturges vivants, pour qu’ils soient plus souvent à l’affiche, naît, à Paris en 2000, l’association des Écrivains Associés du Théâtre. Le premier président en sera Michel Azama. Née en 2004 sur le modèle des EAT français, l’association EAT de Suisse regroupe la quasi-totalité des auteurs dramatiques actifs en Suisse romande, 44 auteurs qui ont tous été joués sur scène et/ou publiés. On y retrouve Bernard Liegme, Michel Viala, Jacques Probst, Yves Laplace, René Zahnd; Agota Kristof ou Antoine Jaccoud en sont absents. Classés alphabétiquement d’Ahmed Belbachir à Dominique Ziegler, les 44 auteurs répondent d’abord individuellement à une question: pourquoi écrit-il du théâtre.
Puis chacun présente une bio-bibliographie et un extrait d’une pièce récente. Un livre-manifeste, un guide, une anthologie, pour découvrir les écritures théâtrales actuelles de la Suisse francophone.
"http://www.eat-ch.org

MEYER-PLANTUREUX Chantal Le théâtre monte au Front, Complexe, 2008.
-416p, ill.
La guerre de 14-18 ne fut pas, semble-t-il, un frein au développement au théâtre, elle lui ouvrit même de nouveaux débouchés. Durant le conflit, plus de 4 500 spectacles seront montés à Paris. Sur le front, de février 1916 à septembre 1919, le théâtre aux armées, organisé par l’administrateur de la Comédie-Française donnera à lui seul 1 172 représentations devant 1,5 million de spectateurs. Huit historiennes se sont réunies pour analyser un répertoire théâtral, strictement contrôlé par la censure, où l’art recule au profit du divertissement, de la propagande, où le soldat devient le héros principal des pièces. Elles analysent l’influence de la guerre sur l’écriture des auteurs juifs, la place des femmes, l’image de l’embusqué, du “boche” sur scène. Le désir de “Plus jamais ça!” donnera naissance dans les années 20 à un théâtre ouvrier pacifiste. Ces essais sont prolongés par une anthologie mêlant témoignages d’époque (Antoine, Dullin, Gémier, Abram) et des extraits de pièces à redécouvrir comme Les Chaînes de Georges Bourdon ou Liluli de Romain Rolland.

SAUREL Renée Le Théâtre face au pouvoir, chroniques d’une relation orageuse, L’Harmattan, 2008. -295p.
SAUREL Renée 33 ans de chroniques dramatiques (1952-1984) publiées dans Les Temps modernes, cédérom
Après un passage aux Lettres françaises où elle assure une chronique consacrée à la radio et à la télévision, Renée Saurel entre aux Temps modernes en 1952.
Pendant trente-trois ans, jusqu’en 1984, elle va être responsable de la critique théâtrale et produire, année après année, une oeuvre critique monumentale, incontournable . Elle est vraiment “l’un des témoins les plus exhaustifs de la vie du théâtre français des années cinquante à quatre-vingt”. En lisant ses chroniques, on réalise que rares sont les spectacles importants, les auteurs nouveaux qui ont échappé au regard de cette femme passionnée et sans concession. Autour de 1965, elle commence à écrire aussi sur l’aspect institutionnel de la vie théâtrale. Robert Abirached a réuni, sous le titre “Le Théâtre face au pouvoir”, un choix de vingt-trois articles, publiés à partir de cette date, sur les jeunes compagnies, la décentralisation, le théâtre et l’école, la tentation du populisme, le ministère Druon, Roger Blin...Toujours présente pour la défense d’une création libre, on la voit prendre position en faveur de la Comédie de Saint-Étienne menacée, soutenir Alain Rais et la compagnie des Spectacles de l’Étang de Berre en danger ou, inversement, dénoncer Robert Hossein “hypermarché de la sous-culture”.
Pour permettre l’accés à l’intégralité des articles de Renée Sauret écrits dans Les Temps modernes, soit 2200 pages, Simone et Bernard Pissarro ont réalisé un cédérom comprenant aussi un index des noms de personnes, oeuvres, spectacles, théâtres cités ainsi que sa pièce inédite La Fève noire. Il est disponible sur commande à l’adresse suivante: sipissarro@free.fr

CRICHTON SMITH Iain Le lectorium, ou le souffroir du Picte existentialiste, traduit de l'anglais (Écosse) par Jean Berton, Publications de l'Université de Saint-Étienne, 2008.
Meurdoc, célibataire athée, cultivateur cultivé des Hautes-Terres d’Écosse, vit chez sa mère. Grand lecteur de Beckett et de Kafka, hanté par Kant, il perd à 39 ans l’envie de manier la pioche et la bêche et décide de ne plus sortir de son lit... Une des rares oeuvres traduites en français de cet auteur écossais (1928-1998) écrivant tour à tour en gaélique (sa première langue) ou en anglais, connu surtout pour sa poésie, ses nouvelles et ses romans.

BURGER Benoît - SIABAS Christian - JACQUEMOND Marc A.B.C. de la sonorisation, Régie culturelle régionale Provence-Alpes-Côte d'Azur, 2008. -139p, ill.
Parmi les multiples cas de figure, ce guide propose des exemples pratiques d’installation pour la sonorisation d’une conférence, d’une pièce de théâtre, de rues, d’une chorale, d’un quartet de jazz, d’un concert de musiques actuelles ou de musique classique. Après un rappel des différents principes physiques concernant le son, sa perception et sa mesure, il présente la technologie nécessaire en matière de captation et de diffusion ainsi que la législation en matière de niveaux sonores. Il se termine par une bibliographie et un glossaire. Éviter la “ronflette”: “bruit parasite de fréquence basse, ressemblant à un ronflement et provoqué par l’alimentation secteur ou une masse défectueuse”.

CORMANN Enzo Je m’appelle et autres textes, Minuit, 2008
Dans Je m’appelle (solo), Cormann esquisse un mémorial des victimes d’un siècle de guerre (économique) mondiale. Dans Donnant, donnant (quatuor) il montre les effets remarquables d’une loi du marché: “Tu me donnes ta montre, je te donne l’heure”. Dans Le dit de l’impétrance (duo), retour et variations sur une séance de casting. Dans Communication obligatoire (solo), des consignes visant à une rationalisation de la prose du monde sont données à un échantillon de mille personnes représentatives de l’espèce. Quatre textes courts, écrits entre 1999 et 2005, quatre propositions fortes pour la scène.

DEVOLDER Eddy - PERRIN Renaud Woyzeck, d’après l’oeuvre de Georg Büchner, éditions Quiquandquoi et Les Oiseaux de Passage, 2008
Mis en musique pour l’opéra par Alban Berg, porté au cinéma par Werner Herzog avec Klaus Kinski dans le rôle titre, le chef d’oeuvre inachevé de Büchner, fait ici l’objet d’une nouvelle adaptation: le récit de la marche vers la folie et le crime de Frantz Woyzeck, victime de l’armée et cobaye de la science, est porté par une voix unique, celle de Christian, l’enfant né de son union avec Marie. Cette nouvelle édition est proposée avec vingt-quatre remarquables linogravures de Renaud Perrin.

DEVOLDER Eddy - PERRIN Renaud Woyzeck

PAPIN Nathalie La morsure de l’âne, L’école des loisirs, 2008
LACHAUD Denis Moi et ma bouche, Actes Sud-Papiers/Heyoka jeunesse,2008
DILASSER Marie Crash Test, L’ACT MEM, 2008
Presque simultanément viennent de paraître trois pièces dont les personnages principaux sont entre la vie et la mort.
Avec La morsure de l’âne, écrite en 2004, Nathalie Papin ajoute une nouvelle pièce à son oeuvre originale. Depuis notamment Debout, qui raconte l’histoire d’un petit garçon dans un cimetière, on connait sa capacité à décrire des expériences limite dans une langue précise, réduite à un minimum de mots. D’entrée, avec la barque, le passage du fleuve, les rapides, le lecteur est amené à suivre Paco - la cinquantaine, victime d’un anévrisme - sur l’autre rive. Il y rencontre différentes créatures de l’au-delà: Noïké tout d’abord, une femme pressée, avec qui il expérimente la tentation de mourir ( “laissez-vous mourir c’est délicieux “), un âne qui le porte et qui le mord (tant qu’il y a de la douleur, il y a de la vie), la Mort (“c’est honteux l’image de moi qu’on donne dans la littérature”) Renée, une vieille dame de 80 ans elle aussi dans le coma (elle s’est jetée dans la mer depuis une falaise bretonne), Zoé, une petite fille pas encore née qui veut que Paco vive car elle l’a choisi comme père. Dans cette zone grise, des membres de la famille de Paco sont présents: Uriel, son petit garçon qui accepte qu’il meure, sa mère qui déjà pense à choisir pour le bientôt mort des chaussures et des gants, sa fille aînée enceinte qui lui tient la main. Paco va pouvoir aussi dialoguer avec son Corps, un corps enfin accepté, qui parle et qui décide de ramener Paco à une nouvelle vie, alors que tout semblait cliniquement fini.
C’est ce dialogue avec le corps, qui est au centre de la pièce de Denis Lachaud, Moi et ma bouche. Pauline, les yeux clos, est enfermée à l’intérieur d’elle-même. Dans sa tête, c’est la grande discussion: son Moi parle à sa Bouche, son Cerveau dialogue avec l’Oeil gauche, l’Oreille droite. Mais c’est très difficile. Impossible d’ouvrir un oeil, les paupières ne répondent plus. Le Cerveau et ses organes des sens lui disent qu’elle est dans une chambre d’hôpital. Elle entend très loin les voix de son père, de sa mère qui lui parlent. Des souvenirs affleurent: images de vacances en famille à la neige, de l’accident en scooter. L’adolescente endormie, dans le coma, va en sortir, grâce à Océane, sa copine, qui lui fait écouter le dernier disque de Madonna, sa chanteuse préférée.
Brit’Butum, ouvrière dans une entreprise de poulets et Arsène Droch, le manager de l’usine où elle travaille sont eux aussi à l’hôpital, suite à un choc frontal entre leurs deux véhicules: une Fiat Panda et un quatre-quatre, aggravé par la percussion d’ un camion dix-neuf tonnes. Emmêlés, éclatés, les deux protagonistes de Crash Test de Marie Dilasser, poursuivent dans leur coma, le dialogue social.
Vous êtes habillée de fringues fabriquées par des gens encore plus exploités que vous, vous vous nourrissez de viandes emballées, déballées puis remballées provenant d’animaux malades du foie et de fruits et légumes cancérigènes, vous habitez dans un clapiert insalubre que vous devrez peut-être quitter pour des cartons le jour de votre départ en retraite (si vous tenez jusques là) et il ne vous reste même pas de quoi mettre du gazole dans votre véhicule pour aller vous promener les jours de repos! Pourquoi avez-vous tant d’obéissance?” déclare Arsène. Brit’ lui confie: “Jai rêvé plusieurs fois qu’elle sautait l’usine.”
Symptomes révélateurs peut être d’un “corps social” en crise, qui hésite, qui ne sait plus s’il veut être ou ne pas être, en attente de réveil, d’une autre vie, ces trois pièces sont sûrement des défis lancés aux metteurs en scène.
Éditée par l’ACT MEM, Crash Test est l’une pièces lauréates en 2008 des Journées de Lyon des auteurs de théâtre.
http://www.lactmem.com/theatre.html
http://www.auteursdetheatre.org/

COMME UN PAPIER TUE-MOUCHES DANS UNE MAISON DE VACANCES FERMÉE 1 ÉCRIRE EN MAI 68 /Armand Gatti, La Parole errante, 2008 - 294p, ill.
Dans le cadre de l’exposition "Comme du papier tue-mouches dans une maison de vacances fermée" (jusqu’au 14 février 2009, à La Maison de l’Arbre, Montreuil) la Parole errante publie "Écrire en mai 68-Armand Gatti", un livre-catalogue qui témoigne de la présence théâtrale débordante de Gatti en 1968 dans trois domaines: le livre, la scène, la rue.
La même année en France, trois de ses pièces sont successivement publiées au Seuil: Les 13 soleils de la rue Saint-Blaise créée le 15 mars par Guy Rétoré au Théâtre de l’Est parisien; La naissance, mise en scène le 18 septembre par Roland Monod à la Biennale de Venise puis reprise à partir du 8 novembre au Théâtre Romain-Rolland de Villejuif; La Passion du général Franco, qui doit être mise en scène par Gatti au TNP mais qui est interdite le 18 décembre suite aux pressions du gouvernement espagnol. À partir d’avril-mai, Gatti a commencé à écrire des pièces d’intervention - comme Les Hauts Plateaux qui parait dans le journal Action-pièces qui seront réunies plus tard sous le titre de Petit manuel de guérilla urbaine. La mort du lycéen Gilles Tautin, noyé à Flins en juin sera au centre de Interdit aux plus de 30 ans, pièce qu’il écrit l’année suivante. Recueil de documents parfois inédits, "Écrire en mai 68" propose des témoignages de collaborateurs proches de l’auteur, un décryptage partiel des cours qu’il avait donnés en 1970 à l’Université libre de Berlin, en particulier sur le théâtre de rue, un entretien avec Denis Bablet paru en 1971 dans la revue “Travail théâtral”, ainsi que le texte de "L'interdiction de La Passion du général Franco", impromptu que Gatti écrit en réaction à la censure de "La Passion du général Franco".
68 est une année charnière où Gatti commence à expérimenter d’autres méthodes d’écriture: écrire la pièce en temps réel pendant les répétitions, faire des témoins de l’écriture les acteurs du spectacle, écrire dans la rue, inventer le théâtre hors du théâtre. Elles vont guider son travail jusqu’aujourd’hui.
http://www.armand-gatti.org

MARIN Lou Albert Camus et les libertaires (1948-1960), Égrégores, 2008. -361p, ill.
Au moment où paraissent dans La Pléiade les deux derniers volumes des oeuvres complètes du prix Nobel de littérature 1957, Lou Marin réunit des articles de Camus publiés dans la presse libertaire. Si une sensibilité libertaire de Camus peut être détectée dans sa première pièce Révolte dans les Asturies interdite par le maire d’Alger et dans ses articles publiés dans Le Soir républicain, son premier article pour la presse libertaire parait dans Défense de l’homme en 1949. D’autres suivront dans Liberté, Contre-Courant, Témoins, Révolution prolétarienne. Au fil des pages, on découvre des personnalités libertaires avec qui il eut des liens Rirette Maîtrejean qui lui transmet en 1940 la tradition libertaire française, Louis Lecoin avec qui il collabore à la rédaction du statut d’ objecteur de conscience, Jean-Paul Samson, Pierre Monatte. On peut suivre dans Le Monde libertaire les débats provoqués par la publication de “L’homme révolté”. On constate aussi le soutien qu’apporte la mouvance libertaire à Camus en de multiples circonstances: lors de sa querelle l’opposant à Sartre, lors de ses prises de position en faveur de Messali Hadj, des révoltés de Berlin, de Budapest ... Lou Marin invite à tenir compte de cet engagement politique qui, pour elle, éclaire des pièces comme Les Justes ou L’État de siège. « Je crois que la violence est inévitable (…) Je dis seulement qu’il faut refuser toute légitimation de la violence » écrivait Camus.

LEMAIRE Dominique Saltimbanques, roman, L’Harmattan, 2008. -254p.
Miroir de la société, le théâtre est aussi un miroir pour lui-même. Les dramaturges, les premiers ont aimé faire du théâtre avec le théâtre, mettre en scène des comédiens au travail, donner à voir les coulisses de l’illusion ou les acteurs hors scène, sans masque, dans la vie. Matière à tableaux pour de nombreux peintres, le comédien a été aussi un sujet d’inspiration pour de nombreux romanciers :
Théophile Gautier avec “Capitaine Fracasse” ou Klaus Mann avec “Mephisto", en écrivant le roman d’un acteur, ont dressé le portrait d’une époque. Avec Saltimbanques, Dominique Lemaire fait le portrait d’un milieu qu’il connait bien, celui des “comédiens des rues, jongleurs à deux balles, posticheurs, camelots, bonimenteurs et autres stars du trottoir, mes chers collègues...”. Pendant sept mois, il suit le parcours de Vladimir, 40 ans, artiste de rue, intermittent du spectacle, habitant Montreuil. Cette tranche de vie, qui s’étend entre deux ouvertures de droits Assedic, est bornée par deux grues ”symboliques”. La première est installée dans un parc d’une ville de la banlieue parisienne. C’est le dernier week-end de septembre: après défilé aux flambeaux et parade, Vladimir est l’un des 20 tambourinaires-jouets à être suspendus à 33 mètres de haut pour
constituer un mobile humain. La deuxième grue est installée à Nantes. C’est le printemps. Dans le cadre d’une journée sur le passé esclavagiste de la ville, devant trois mille personnes, Vladimir saute à l’élastique dans le vide, apothéose d’ un spectacle provoquant, “L’Ascenseur social est en panne”. Entre ces deux actes que tout oppose, Vladimir aura fait le grand écart, il aura été engagé par Karagiosis, “un émule de Dario Fo et de Lenny Bruce” qui taille en pièces la religion, le travail, “les phynances”, “un Diogène moderne qui montre ce que le monde refuse de voir”. Entre-temps, il aura fait aussi une tournée dans les écoles avec son spectacle solo “L’Homme-oiseau” et rencontré peut être l’amour avec Lauren, une journaliste qui prépare pour la télévision un reportage sur les arts de la rue. “Je ne suis pas encore au RMI. J’ai récupéré les alloc’s la semaine dernière. Il me reste deux cent quarante-trois jours pour être insolent.

O’CONNOR Bridget Fanions, traduit de l’anglais par Serge Valletti, Les Solitaires intempestifs, 2008
Jean-Jérôme Calesbrani et Patrick Masse sont deux minables, responsables de la sécurité et du nettoyage sur la plus polluée des plages de tout le Grand Littoral. Ces deux épaves, “maîtres nageurs sauveteurs”, ont déjà trois noyés à leur actif qu’ils ont planqués sous le sable. Entre le ramassage des chiens crevés et le tir au fusil sur les mouettes, ils rêvent d’un poste qui s’est libéré à la plage des Bains d'Argent, célèbre pour ses “dunes entières de tétons et de fesses à perte de vue”. Pour obtenir leur mutation, Jean-Jé a entamé une relation sexuelle avec Marie- Thérèse: cette vieille fille n’est pas très excitante mais elle est la soeur de Christian Duchâtenais, leur chef et inspecteur dont l’avis sera décisif... Une comédie noire, pour trois hommes et une femme, adaptée par Serge Valletti.

LODGE David L’atelier d’écriture, traduit de l’anglais par Béatrice Hammer et Armand Éloi, Rivages, 2008. -121p.
Dans une ferme du XVIIème de la campagne anglaise, 14 étudiants (femmes au foyer, salariés, retraités, chômeurs) s’apprêtent à suivre un stage d’écriture créative. Pendant cinq jours, ils vont pouvoir profiter des conseils de deux célèbres romanciers, en rencontrer un troisième qui doit venir faire une lecture. Cette comédie pour 3 hommes, deux femmes et un répondeur est suivie d’extraits du journal tenu par l’auteur en 1990, lors de la création de la pièce au Repertory Theater de Birmingham. Romancier, critique, longtemps professeur de littérature à l'université, David Lodge est notamment connu pour son essai L'art de la fiction, où il présente un panorama assez complet des théories du récit.

CÜCENOGLU Tuncer Avalanche suivie de Impasse, traduit du turc par Valérie Gay-Aksoy, L’Espace d’un instant, 2008. -158p.
Quelque part... une communauté vit repliée sur elle-même, cernée par les montagnes enneigées, sous la menace d’une avalanche qui risque de la détruire. Ce microcosme, inaccessible neuf mois par an, vit dans la peur et le silence absolu: paroles mesurées, pas de cris, pas de bruits, pas d’animaux, pas d’enfants. Une vie feutrée, étouffée. Durant les trois mois d’été, les jeunes, partis travailler à l’étranger reviennent au pays visiter leurs parents et les ravitailler. Dans une maison, la jeune bru, 18 ans, enceinte, qui ne devrait accoucher que dans un mois ressent ce matin les premières contractions... Ses cris et ceux du nouveau-né prématuré risquent de provoquer la catastrophe. Avalanche est suivie d’Impasse, autre pièce de Tuncer Cücenoglu: une jeune femme, aidée par sa soeur attire dans un piège le policier qui sept ans auparavant l’avait torturée et avait tué son mari. Pour échapper à la censure turque, le dramaturge a déplacé l’action en Grèce en 1967, après le coup d’État de Papadopoulos.

VOSSIER Frédéric Porneia, Tombeau pour Georges P., précédé de Mannekijn,
Quartett, 2008. -109p.
Suite à une proposition d’écriture autour du fait divers, Vossier revient sur une affaire qui faillit déstabiliser Georges P., P comme Pompidou. Le 27 septembre 1968 était découvert dans un bois, près de Paris, le cadavre de Stephan Markovic, ancien garde du corps, doublure lumière d’Alain Delon. La correspondance privée du yougoslave semble impliquer Delon et le truand corse François Marcantoni. Markovic vivait dans l’un des appartements de la star, fréquentait les fêtes organisées par la vedette à Saint-Tropez. Les Pompidou ont aussi une maison à Saint-Tropez. La presse à scandales fait des rapprochements, des photos truquées circulent, une campagne de salissage commence contre le Premier ministre, qui envisage “un destin national”. Devenu en 1969 président de la République, il demandera la démission du SDECE de Jean-Charles Marchiani - qu’il tient responsable de la manipulation, et fera passer la loi du 17 juillet 1970 sur la protection de la vie privée.”Ces journaux sentent mauvais” dit la femme à son mari très occupé à les relire. Hors champ, Harry, l’enfant du couple, né le jour où la police découvrait le cadavre de Markovic, joue avec des poupées, fait “caca” dans sa culotte.”Mais qui a tué Stephan Markovic?

RETALLACK John Risque, traduit de l'anglais par Isabelle Famchon, Les Solitaires intempestifs, 2008
Face à une société hyper sécurisée où les instructions aux baby-sitters et autres informations sur les risques liés aux aires de jeux pour les enfants en temps de paix s'allongent de jour en jour, cinq adolescents lancent défi au vide et à l'ennui qui guettent. Pour se sentir exister, chacun d'entre eux, à sa manière, expérimente ses limites: Paul le joueur va-t-il réussir à voler l'or du géant, comme dans "Jack et le haricot magique"? Martin, prisonnier volontaire dans sa chambre, en franchira t-il le seuil ? Michèle va-t-elle surmonter sa peur et réussir à traverser à la course les six voies de l'autoroute ?...

CELESTINI Ascanio Fabbrica, traduit de l’italien par Kathleen Dulac, Théâtrales, 2008. -42p.
Sous la forme d’une lettre adressée à sa mère, le narrateur raconte l’histoire de la “fabbrica”, cette usine où il est engagé le 17 mars 1949, où il se mutile volontairement deux doigts pour être sûr de conserver son emploi. Histoire d’une aciérie depuis sa fondation au début du siècle jusqu’à son démantèlement dans les années 80. ”En trois ans, entre1948 et 1950, il y a eu soixante-deux morts dans les affrontements avec la police. Pendant ces années-là, jusqu’en 1960, on calcule que sur cent vingt-huit préfets et deux cent quarante et un vice-préfets, seulement deux n’ont pas fait partie des institutions fascistes...” De cette courte pièce émergent le personnage extrardinaire d’Assunta et les trois figures ouvrières prénommées Fausto. “Le mort porte le vivant, mais le vivant doit porter en avant la vie du mort et doit en porter le nom.” Après Antonio Tarantino, Fausto Paravidino, Ugo Chiti, tardivement traduits en français, voici un nouvel auteur italien (né en 1972) à découvrir.

KNUTZON Line Bientôt viendra le temps, traduit du danois par Catherine Lise Dubost, Espaces 34, 2008. -98p.
CAMUS Renaud Théâtre ce soir, Éditions Jean Paul Bayol, 2008. -92p.
Le théâtre de boulevard est toujours vivant. Pour preuve, ces deux pièces ironiques qui veulent en dynamiter les conventions. Pour sa première pièce, Renaud Camus, fait successivement pénétrer dans un décor unique inspiré d’Au théâtre ce soir, les cinq membres d’une famille bourgeoise (le père, la bonne, la mère, le fils, la fille): cinq voix, cinq discours fermés sur eux-mêmes auxquels s’ajoutent ceux d’Ahmed et d’un Christ, grognon, grommeleur. De son côté, Lise Knutzon (née en en 1965) réunit pour un repas d’anniversaire à la maison deux couples (la trentaine) de vieux amis, sous le regard d’une jeune et insolente domestique récemment engagée. Pour déconstruire les figures imposées du genre (portes qui claquent, placard où se cache l’ex-mari, tentative de meurtre, adultère) l’arme principale de l’auteure danoise consiste à dérégler le temps: “(...) une fois où je voulais désherber une rangée de fraisiers. Je vais chercher un râteau dans la baraque à outils, et quand je ressors, cinq années ont passé.” Quant à Pauv’Chérie, la fille de Rebekka et Hilbert, elle a vingt-cinq ans de plus que ses parents.

CAHIERS DE THÉÂTRE JEU n°127, Solo, 2008. -208p.
La revue québécoise consacre une grande partie de son dernier numéro au monologue. On peut y découvrir des études sur Robert Lepage, Pol Pelletier, Larry Tremblay, Jasmine Dubé, Fabrice Melquiot, le témoignage de Marcel Pomerlo... À noter aussi un compte-rendu sur "Figures du monologue théâtral ou Seul en scène", livre publié en 2007 sous la direction d'Irène Roy par les éditions Nota Bene.
http://www.revuejeu.org

FARR David L'inspecteur des Nations Unies - The UN inspector, édition bilingue, traduit de l'anglais et préfacé par Nathalie Rivière de Carles, Presses Universitaires du Mirail, 2008. -211p.
170 ans après sa création (1836), le Révizor de Gogol est retransposé aujourd’hui dans une ancienne république soviétique. La rumeur de l’arrivée d’un inspecteur des Nations Unies déclenche la panique au plus haut niveau d’un appareil d’État corrompu, qui a détourné les fonds prêtés par le FMI, privatisé le secteur public, vendu les actifs à des sociétés étrangères. Pour parer à l’urgence, le président de “ ce pays modèle du capitalisme libéral de l’ère post-soviétique”, élu démocratiquement suite à trois élections truquées, fait vider les prisons surpeuplées de tous les détenus sauf des politiques dont il équipe les cellules de canapés Ikéa et d’halogènes, fait arracher la langue à une journaliste trop bavarde, prépare pour accueillir le visiteur une limousine avec des vitres particulièrement fumées pour qu’il ne voit pas les rues crasseuses...

PELLET Christophe La Conférence, L’Arche, 2008
De retour en France après un long séjour à Berlin, Thomas Blanguernon est engagé pour faire une conférence dans une entreprise culturelle. Erreur fatale. Il est aussitôt repris par une immense colère contre “cet État français, empoissé d’esprit français qui nous annihile, détruit toute élévation, prend aux pauvres pour donner aux riches, bâillonne les êtres sensés pour promouvoir les imbéciles”. Les entreprises culturelles françaises, “lieux de perdition pour l’esprit et la beauté” sont complices, l’air des théâtres est vicié. “La France s’enferme, elle bloque ses frontières aux autres, elle expulse, elle s’enferme avec son seul esprit français, on manque d’air, on étouffe”.

LANOYE Tom Mefisto for ever, adapté d’après Klaus Mann, traduit du néerlandais par Alain Van Crugten, Tonneelhuis, 2008.-118p.
OLYSLAEGERS Jeroen Wolfskers, d’après trois scénarios de Yuri Arabov et Alexandre Sokourov, traduit du néerlandais par Monique Nagielkopf, Tonneelhuis, 2008.-85p.
LANOYE Tom Atropa. La vengeance de la paix, traduit du néerlandais par Alain Van Crugten, Tonneelhuis, 2008.-88p.
JANS Erwin Triptyque du pouvoir, perspective et réflexions, traduit du néerlandais par Alain Van Crugten, Tonneelhuis, 2008.-72p.
Le Tonneelhuis, théâtre municipal d’Anvers, édite trois pièces, mises en scène récemment par son directeur Guy Cassiers. Mephisto for ever revient sur le parcours de l’acteur et metteur en scène allemand Gustav Gründgens: exemple de l’ artiste opportuniste, il collabora avec les nazis et poursuivit une carrière de haut niveau après leur chute, jusqu’à sa mort en 1963; sa vie avait fait l’objet en 1979 d’un spectacle d’ Ariane Mnouchkine. Wolfskers prend pour sujet trois dictateurs du XXème siècle: Lénine, Hitler, Hiro-Hito. Atropa, librement adapté d’Euripide, Eschyle, Malaparte, George W. Bush revient sur la mère de toute les guerres, la guerre de Troie. Ces trois spectacles, réunis par Cassiers sous le titre de Triptyque du pouvoir sont analysés par Erwin Jans, dramaturge au Tonneelhuis.

HEILMANN Éric - LÉGER Françoise - SAGOT-DUVAUROUX Jean-Louis - SCHNEBELIN Bruno Ilotopie, les utopies à l’épreuve de l’art,
L’ Entretemps, 2008. -223p, ill.
Effet de la prise de conscience tardive de leur valeur, signe de reconnaissance de leur importance, les arts de la rue deviennent objet d’études et de mémoire. Après les livres déjà parus par ailleurs sur des compagnies emblématiques comme Royal de Luxe ou Cacahuette, voici une monographie qui retrace le parcours d’ une autre compagnie française “canal historique”, Ilotopie. Installée depuis 1980 en Camargue, à Port-Saint-Louis, cette compagnie tout terrain s’est structurée au fil du temps en construisant en 1991 un lieu de fabrique, le Citron jaune, labellisé Centre national des arts de la rue en 2005. Célèbre pour ses détournements urbains (La vie en abribus) et ses interventions dans les quartiers populaires (Palace Loyer Modéré, La Tour), elle a su développer des pièces de répertoire intemporelles comme ”Les gens de couleurs” qui voyagent à travers le monde. L’un de ses principaux apports est d’avoir renoué avec le goût hérité de Rome pour le théâtre sur l’eau. Ce théâtre nautique (L’île aux topies), fait d’images oniriques (Narcisse guette) est doublement à l’épreuve aujourd’hui : tiraillé d’un côté par l’économie, il succombe à la tentation des plans d’eau spectaculaires (Fous de Bassin à Versailles); travaillé par une conscience écologique d’autre part, il cherche une voie dans le Land Act et les “Envies Rhônements”.


CARNETS DU GRAND T Petit traité de scénographie, représentation de lieu / lieu de représentation, textes choisis par Marcel Freydefont, n°10, Joca Seria, 2008. - 152p, ill.
D’Aristote à Peduzzi, de Sabattini à Kokkos, en passant par Jarry, Delarozière ou Franck Bauchard, cette anthologie regroupe 76 extraits de textes de scénographes, architectes, auteurs de théâtre ou metteurs en scène. Un panorama historique et une carte esthétique de la scénographie, l’un des trois piliers, avec la dramaturgie et la régie, de l’art du théâtre.


SERRES Karin Le petit bonhomme vert (et le rouge!), Éditions du Bonhomme vert, 2008. -44p, ill.
Depuis la publication en 2005 de Bout de bois de Jean Cagnard, les éditions du Bonhomme vert, basées dans le Gard, poursuivent la construction d’un catalogue de pièces de théâtre illustrées pour les enfants. Ce nouveau texte, le dixième de la collection, est accessible dès le cours préparatoire. Il a pour protagonistes deux icônes, familières des passages piétonniers: un petit bonhomme rouge et un petit bonhomme vert.

CAHIERS DE LA MAISON JEAN VILAR 1968, Vilar, Béjart, le bazar, n°105, juillet 2008. -64p, ill
La Maison Jean Vilar revient sur le festival (troublé) d’Avignon 1968. Numéro téléchargeable.
http://maisonjeanvilar.org/public/pdf/cahiers_mjv_105.pdf

MELQUIOT Fabrice Faire l’amour est une maladie mentale qui gaspille du temps et de l’énergie, L’Arche, 2008. -93p
Alban Legal: Je n’avais jamais remarqué cette chaise. /Bernard Faucher: Elle est là depuis des mois. C’est la nouvelle mesure gouvernementale. Tu en as forcément entendu parler. Il faut, mon cher petit garçon, dans tous les foyers, une chaise pour la Police.(...) /Alban Legal: Comme l’assiette du pauvre?/ Bernard Faucher:L’assiette du pauvre c’est dangereux. Tu ouvres ta maison à n’importe qui, toi? Avec cette chaise on ne risque rien. Et puis, c’est la promesse d’un bon moment. D’un moment à l’autre. Elle viendra s’asseoir.” Une pièce policière pour trois acteurs.

TREMBLAY Larry Abraham Lincoln va au théâtre, Lansman, 2008.-70p.
Le 14 avril 1865, un vendredi saint, Abraham Lincoln était révolvérisé par un acteur, John Wilkes Booth, alors qu’il assistait à une représentation de Our American Cousin de Tom Taylor, dans une loge du Ford’s Theatre de Washington. Cet assassinat politique est le point de départ du nouveau projet d’un grand metteur en scène. Pour ce spectacle, il engage un couple célèbre de deux acteurs d’une série télévisée à qui il confie les rôles de Laurel et Hardy. Son propos: danser la mort de l’Amérique puisque aujourd’hui “L’Amérique n’est plus un pays, un continent mais une façon de faire le mal.L’Amérique n’a plus rien à voir avec ce goût de la liberté et de l’avenir.C’est la mort portant le masque de la bêtise.” Dédiée à Romain Gary, cette pièce à trois personnages est une mise en abyme pour six acteurs.

PROBLÈMES ÉCONOMIQUES Dossier: Les industries culturelles face aux défis de la gratuité, La Documentation Française, n°2939, 2008. p1-32.
Dans un système économique où profit et concurrence sont la règle, l’offre de biens ou de services culturels gratuits est paradoxale et déclenche une controverse. La Documentation française éclaire le débat en réunissant différents articles publiés sur le sujet depuis 2004 par Jacques Attali, Denis Olivennes, Daniel Cohen, Pierre-Noël Giraud, Bernard Benhamou, Françoise Benhamou.

CONTAMIN Laurent Tobie, Lansman, 2008. - 45p
“C’est du théâtre pour la jeunesse ce que vous allez lire ou voir. <Pour la jeunesse>, ça veut dire...on va parler de ce qui intéresse la jeunesse de chacun, à savoir l’amour.”Raphaël, comme l’ ange, est l’un des protagonistes de cette histoire biblique qui se passe hier/aujourd’hui en Assyrie / Irak à Bagdad/Babylone. La ville est occupée par les soldats d’ une armée étrangère qui laissent les cadavres des “terroristes” pourrir dans les rues. Sur fond de guerre, histoire d’amour entre Tobie et Sara, une jeune vierge dont le démon Asmodée est amoureux: jaloux, il a fait mourir tous ses amants.( 7 personnages: deux hommes, deux femmes, deux adolescents, un ange Et un chien, un oiseau, un poisson)

FRÉCHETTE Carole La Petite Pièce en haut de l’escalier, Actes Sud-Papiers, 2008. - 74p.
Dans une maison immense, il y a quelque part, un escalier dérobé. En haut de cet escalier, il y a un couloir étroit. Au bout du couloir, il y a une porte close. Devant la porte close, il y a une jeune femme, Grâce, qui regarde, comme hypnotisée.” Auteure canadienne, Carole Fréchette, avec un art consommé du suspens, renouvelle le conte de la Barbe-Bleue et lui donne une dimension mythique en faisant de l’héroïne, pure Grâce, une figure inversée de Pandore.(6 personnages: 4 femmes, deux hommes)

GUÉNOUN Denis Tout ce que je dis, Les Cahiers de l’Égaré, avril 2008. - 59p.
Théâtre dans le théâtre, dialogue entre deux hommes. L’un, le premier acteur est comédien. Il a pour prénom Frédéric, comme l’acteur et metteur en scène à qui est dédiée cette pièce “Tout ce que je dis, tout ce que je dirai, m’est soufflé par un autre qui l’a écrit.” dit-il. Le second acteur est auteur, l’auteur de la pièce. Il a pour prénom Denis. Ce qui pourrait n’être qu’une variation pirandellienne sur le thème de la rencontre de l’auteur et de son personnage va à la source du désir d’écrire (Écrire par amour, ici homosexuel ): recherche impossible d’un dialogue avec l’ autre, miroir et objet de la pensée.”Qu’appelles-tu penser? Des mots de l’âme pour elle-même sur les choses qu’elle regarde. Une âme qui pense ne fait rien d’autre que dialoguer d’elle à elle; affirmer et aussi dire non. Qu’en penses-tu?

AGENCE RÉGIONALE DU LIVRE PACA Comment rémunérer les auteurs?,
Agence Régionale du Livre Paca, 2008. -16p.
Un petit guide actualisé, pratique pour répondre à une difficulté fréquemment rencontrée par les diffuseurs: comment rémunérer les auteurs tant dans le respect de leurs droits que dans celui des réglementations sociales et fiscales?
Téléchargeable.
http://livre-paca.org/docs/pratique_pj/0058a2cf1b3370655592209b2e5bb727.pdf

ÉTUDES THÉÂTRALES
Théâtre populaire: actualité d’une utopie, n°40,
Centres d’études théâtrales, Université catholique de Louvain, 2008. - 144 p.
Ce numéro de la revue belge revient notamment sur des figures historiques (Émile Copfermann, Armand Gatti, André Benedetto), dresse un état des lieux aujourd’hui du théâtre-forum d’Augusto Boal en France, questionne les pratiques théâtrales en milieu scolaire. Au risque du grand écart, il revisite les notions de théâtre populaire et d’identité nationale, à travers les spectacles de Fellag, Nasser Djemaï, Mohamed Rouabhi, Djamel Debbouze ou... Dany Boon . “Le théâtre populaire est toujours un défi”.

LE TOUZE Guillaume Les ogres pupuces, Heyoka jeunesse-Actes Sud-Papiers, 2008.
Guidés par quatre scientifiques, des enfants partent à la rencontre de petites créatures venus de l’ère glaciaire, découvertes par hasard au fin fond de la Sibérie en 1999. Une imposture exotique dans la grande tradition des entresorts forains.

BUSQUETS I FABREGAS Jaume Bonnes pratiques paysagères, lignes directrices, traduction française de Marie Bihan, Generalitat de Catalunya2007.
- 207p, ill et DVD.
GANDOLFI Cinzia - CIABATTI  Sandro Catalogue des bonnes pratiques pour le paysage, édition trilingue espagnol-français-italien, Regione Toscana, 2007.
-204p, ill et DVD
COLLECTIF Observatoire virtuel du paysage méditerranéen, édition trilingue espagnol- français-italien, Junta de Andalucia, 2007.
-123p, ill et DVD
Conséquence  de la Convention européenne du paysage adoptée par le Conseil de l'Europe à Florence en 2OOO, destinée à préserver et à valoriser la variété des paysages, ces trois ouvrages abondamment illustrés sont l'exemple d'une collaboration transfrontalière regroupant treize régions de quatre pays européens: les communautés autonomes d'Andalousie, de Murcie, de Valence et de Catalogne (Espagne), la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (France), les régions de Toscane, Ombrie, Latium, Piémont,Émilie-Romagne, Lombardie, Basilicate (Italie) et la préfecture de Magnésie (Grèce).
Le premier livre, après avoir distingué paysages agraires, industriels, infrastructures routières, définit la notion de "paysage culturel". Le deuxième ouvrage, lié au Prix méditerranéen du Paysage 2007, revient sur des actions exemplaires menées dans les treize régions, dans quatre catégories (projets, réalisations, expériences de sensibilisation, communication). La troisième publication et le DVD qui l'accompagne permettent de visualiser 467 paysages retenus par l'Observatoire virtuel du paysage méditerranéen.
http://www.paysmed.net


ZAMBON Catherine Kaïna-Marseille, D’une seule voix /Actes Sud Junior, 2007
Port autonome de Marseille, hangars, conteneurs. Face à la mer, Mamata, 16 ans, fait un rituel pour sa grand-mère Kaïna qui l’a élevée en Algérie et qui a organisé son exil vers la France.. “Aujourd’hui est un jour premier. Aujourd’hui est un jour où je prends la parole”. Monologue, récit de vie dans une nouvelle collection théâtrale pour les adolescents.

ABDOURAZZOQOV Barzou Huit monologues de femmes, traduit du russe (Tadjikistan) par Stéphane A. Dudoignon, Zulma, 2007
À la frontière de l’Afghanistan et de l’Ouzbékistan, entre mosquées et ruines de l’ère soviétique, huit femmes tadjiks disent leur histoire (différente pour chacune d’elles) en toute liberté.

ANDRÉAS-SALOMÉ Lou La cape magique, traduit de l'allemand par Stéphane Michaud, Des femmes-Antoinette Fouque, 2007
Minuit. Une petite fille seule dans la maison ouvre la porte de sa chambre à un nain. Il prétend posséder une cape magique qui rend invisible. C'est aussi un sculpteur génial qui va séduire toute la famille... Une pièce rare, écrite en 1923 par celle qui fut l'amie de Nietzsche, Rilke et Freud.

ASCHER François / APEL-MULLER Mireille La rue est à nous... tous - The street belongs to all of us! Au DIable Vauvert, 2007. - 308p, ill.
On y travaille, on y habite, on s' y cultive le corps et l'esprit, on y circule, on y consomme. Et dans toutes les villes , les mêmes questions: à quoi et à qui servent les rues? À qui appartiennent-elles? Qui décide, contrôle, surveille? Comment concilIer tous les modes de déplacements, les besoins des passants, des habitants, des commerçants? Comment les rendre fluides, conviviales? Jusqu'où la publicité, le commerce, la liberté d'expression, l'art peuvent-ils s'y déployer, s'en emparer?

AUBERT Marion
Les Aventures de Nathalie Nicole Nicole, Actes Sud-Papiers, 2007
"Il était une fois trois petits enfants. Ils allaient. Irresponsables. Ils dormaient dans le nid des couleuvres. Ils allaient. Riant sous la lune. Éternels. Poursuivis par une horde de mamans terribles. Ils cherchaient une source d’eau potable. Poursuivis par les siècles des siècles. Nous allons semer la douleur éternelle dans les haltesgarderies, nous. Claironnaient-ils.Ils venaient. Les fils de Satan. Ils volaient les hosties dans les chapelles. Ils allaient dans la tendresse du matin. Avides d’être aimés..." En 102 épisodes-fragments, le récit fluide des aventures de trois copains Nathalie Nicole Nicole, Cléo et Michel, accompagnés par un choeur : L’enfant pratique, le Petit enfant fou, la Maman, la Maîtresse, Papa, le Maire de Poujols, le Diable ...

BAUER Wolfgang Sigismond Pfnacht, traduit de l'allemand par Pascal Rinck, Publications des Universités de Rouen et du Havre, 2007
Une ville tranquille de Carinthie. Au petit matin, un Américain est retrouvé mort dans une ruelle. Contre l'évidencel'étranger a été tué accidentellement par la chute d'une tuile- deux policiers municipaux concluent à un meurtre, dans l'espoir d'une promotion. Aussitôt le dentiste, l'instituteur, le maire du village viennent spontanément dénoncer Sigismond Pfnacht, un poète jouisseur qui les ruine au poker...Une pièce anti-policière par un dramaturge autrichien à découvrir, digne compatriote de Peter Turrini et Thomas Bernhard.

CAHIERS DE LA MAISON JEAN VILAR, n°102, 2007
Le Bulletin d’information de la Maison Jean Vilar depuis un an change de présentation. Le numéro de ce trimestre, 60ème anniversaire oblige, revient sur la naissance du festival d’Avignon, en septembre 1947 : témoignages, clichés d’époque, articles de presse, portraits, issus des archives municipales de la ville ou du fonds de la BNF (Bibliothèque nationale de France).
http://www.maisonjeanvilar.org

ÉMOND Paul Le sourire du diable, Lansman, 2007
« Les artistes sont les mécaniciens de l’âme. Nous devons prendre soin des âmes de ce pays, les conduire dans le bon sens. » C’est par la flatterie envers l’intellectuel qui le fustige, que le président Lafaro tente de légitimer la dictature qu’il prépare. Bruno Carabas, romancier célèbre, tombera dans le piège, victime de sa vanité.

GOSSE Olivier Le temps qu’il nous reste, Christophe Chomant, 2007
Dans une cité, Blaise peint la beauté nue de Myriam sur la toile ; expérience révélatrice pour la jeune femme, mais inacceptable pour son grand frère. « On signe des chèques pour imprimer de beaux livres pleins de paroles d’habitants cassés par la vie. Pour quoi faire ? Pour donner bonne conscience à ceux qui ne font rien pour nous. Ça leur reviendra toujours moins cher que de nous donner du boulot. »

GREIG David L’architecte, traduit de l’anglais (Écosse) et mis en scène par Matthew Jocelyn, L’Avant-scène, n°1222, 2007
Tout s’écroule autour de cet architecte : son couple, sa famille, le « grand ensemble » dont il avait fait les plans . Une vision en soufflet des idéologies sur lesquelles la société s’est élevée. Comme si en voulant toucher le ciel, on se préparait inexorablement à voir un jour ou l’autre le sol se rapprocher de trop près. À noter dans la même livraison, un dossier sur le théâtre écossais.

JAUBERTIE Stéphane Jojo au bord du monde, Théâtrales, 2007
Jonas-Joachim Tabanas dit Jojo est un solo boy urbain. Dans une rue déserte, il traîne avec son ballon de foot crevé pendant que ses parents sont à l’autre bout du monde au soleil, ayant gagné un voyage dans un village de vacances. Surgissent deux fées déglinguées, Anita et sa vieille mère en fauteuil roulant qui lui demandent par erreur de faire un voeu. Pour remercier Anita qui a un rancart, de la raquette de badmington qu’elle a fait apparaître, le garçon lui propose de garder la mémé qui perd la boule. Anita dit qu’elle viendra la rechercher à minuit mais Jilette disparaît. Parti à sa recherche, Jojo va croiser les créatures qui hantent la clinique de désintoxication du Dr Demal Kejdi puis le bar de son frère Demal Kejfé: parmi elles, Blanche-Neige, et Batman, un fan de Léo Férré et de Ni Dieu ni Maître. Quatrième pièce de Jaubertie.

LE FLOC’H Maud - CHAUDOIR Philippe
Mission Repérage(s), un élu, un artiste, L’Entretemps, 2007
Démarrage en beauté d’une nouvelle collection consacrée aux arts de la rue chez L'Entretemps avec la parution notamment de ces étonnants compte-rendus de repérage : dans 13 villes de France , un élu et un artiste se sont rencontrés pour dire la ville, le temps d’une journée, le temps d’une traversée. Retranscription de ces échanges sans commande, sans projet, qui ont produit de l’intelligence, de l’imaginaire. À poursuivre.

LEVEY Sylvain Pour rire pour passer le temps, Théâtrales, 2007
Drôle de façon de passer le temps, et surtout de rire, entre quatre personnages identifiables par un simple numéro 1, 2, 3 et 4 (deux bourreaux, un complice et leur victime). Les scènes de tortures, d’humiliation, se succèdent jusqu’à virer à l’absurde. C’est bien l’absurdité humaine, l’assouvissement de pulsions primaires propres à l’être humain, et son désir de domination et de supériorité sur son congénère, qui se dégage de ce texte.

MALONE Philippe Morituri, Quartett, 2007
Un homme politique, dont l’opinion publique raillait jusqu’alors son discours, réussit à accéder au pouvoir en s’imposant petit à petit dans la sphère médiatique. Les urnes lui offriront la victoire, et le peuple est désormais sous le joug de son tyran faute de n’avoir su résister à temps à ce dictateur. “Ainsi ce fut simple. Toute la haine semée au cours de ma carrière, je n’eus plus qu’à la moissonner, les terreaux sont fertiles lorsque la pourriture croît....Il s’agit de courage, oui Monsieur, celui d’avaler haut ce que d’autres chient bas ! ”

MüLLER Heiner La Déplacée, traduit de l’allemand par Irène Bonnaud et Maurice
Tazman, Minuit, 2007
Créée le 30 septembre 1961 dans un faubourg de Berlin-Est et interdite le soir même, cette pièce marque un tournant dans la carrière de l’auteur, qui préférera par la suite les allégories énigmatiques au réalisme direct.

NORÉN Lars Le 20 novembre, traduit du suédois par Katrin Ahlgren, L’Arche, 2007
Comme à Erfurt en 2002,à Colombine en 1999. Un jeune de 18 ans se prépare en 2006 à Emstetten (Westphallie) à tuer le plus grand nombre d’élèves et de professeurs de son lycée. Dans 1 heure 12. “C’est peut être trop demander d’être heureux ça suffit peut-être de pas perdre son boulot de ne pas être obligé de mendier pour avoir un toit c’est peut-être assez pour les autres pas assez pour moi si j’arrive pas à trouver un sens à la vie je vais trouver un sens à la mort mais je partirai pas seul je vais fondre comme un vautour sur ces cadavres qui ont détruit ma vie et en griffer autant que je peux”.

PASCAL Julia La Traversée de Jérusalem, traduit de l'anglais par Alain Franck, L'Amandier, 2007
Dans la rue, un petit Palestinien (12 ans) se fait tuer par un soldat israélien alors qu’il lance des pierres avec son copain Sharif (16 ans). À l’hôpital, Yusuf venu identifier son frère Sharif mort dans l’explosion d’un bus retrouve Yael dont le mari est mort dans le même attentat. Entre les deux scènes, 24 heures. Une journée ordinaire en mars 2002, au cours de la 2ème intifada, à Jérusalem, à travers la vie croisée de trois communautés : une famille juive vient fêter dans le restaurant chrétien tenu par Sammy et son employé musulman, le 30 ème anniversaire de Yael, qui voulait un enfant.

ZINN Howard En suivant Emma, traduit de l'anglais par Julie David, Agone, 2007
Pièce historique sur Emma Goldman, anarchiste et féministe américaine (1869-1940). Par l'auteur de Karl Marx, le retour.

BENOît (BSK) Pelléas et Mélisande, journal des répétitions, Compagnie Hi Han, 2006
Sous forme de bande dessinée, Benoît, dit BSK, dresse un journal des répétitions d’une pièce de Maurice Maeterlinck “Pelléas et Mélisande” jouée par la compagnie Hi-Han.
Le point de vue d’un domaine artistique sur un autre… qui s’arrête avant «la première ».

BIOT Paul
Théâtre-Action de 1996 à 2006, théâtre(s) en résistance(s), Cerisier, 2006
Le Théâtre-Action, né au début des années 70, regroupe des compagnies théâtrales s’inscrivant toutes dans une même logique et un objectif commun de démocratisation culturelle. Cet ouvrage rend compte de cette démarche pour un spectacle vivant et ouvert sur la société.

CHECCHETTO Rémi Là où l’âme se déchire un peu mais pas toute, Inventaire–Invention, 2006
C’est à cet endroit précis, cette fissure camouflée sous la rigidité de notre boîte crânienne, où l’auteur semble s’être engouffré pour en extirper ce texte d’une très grande sensibilité, et d’une justesse que seule une expérience personnelle aux cotés de sans-papiers pouvait exprimer.

JACCOUD Antoine En attendant la grippe aviaire et autres pièces : Je suis le mari de Lolo Ferrari... - Les Chiens - Une journée à regarder les choses - Après - Le Voyage en Suisse - On liquide - Monologue de la Brouette - En attendant la grippe
aviaire, Bernard Campiche, 2006
Le théâtre francophone suisse existe. Après René Zahnd (Mokhor et autres pièces, 2005), Jacques Probst (Théâtre I, 2005 ; Théâtre 2,Théâtre 3, 2006 ), Anne Cuneo (Rencontres avec Hamlet, 2005) l’éditeur Bernard Campiche, basé à Orbe, nous fait découvrir dans sa collection Répertoire plusieurs pièces d’Antoine Jaccoud.

LOBO ANTUNES Antonio Le cul de Judas, adaptation de François Duval, traduit du portugais par Pierre Léglise-Costa, Christian Bourgois, 2006
Le “cul de Judas” ou l’histoire d’une guerre improbable, pourtant menée par l’armée coloniale portugaise au début des années 1970 en Angola. Le long et profond monologue d’un ancien médecin aux armées, qui n’en a pas fini pour autant avec les blessures humaines.

LOMBARDOT Roger
Fa’a’amu, l’enfant adoptif, Les Cahiers de l’Égaré, 2006
Une mère révèle à son fils les circonstances de son adoption. Cela commence par un long cri du coeur, avant de s’achever par le franchissement d’une ligne imaginaire. Entre les deux, un chemin d’angoisses, d’incertitudes, de remises en questions : un accord de guitare peut tout effacer.

MORATAL Marcel Est-ce que répandre du bleu c’est faire la mer : ou l’histoire d’un bleu à l’âme, L’Harmattan, 2006
Des raviolis pour réconcilier tout le monde. Une couleur, le bleu, mais pas un bleu de parade, pour peindre les rêves et masquer les idéologies du Pouvoir Central. Un bleu pour lutter contre l’amnésie. Un discours étrange, celui de Sam, à moins que ce soit celui de ceux qui tiennent absolument à ce qu’il prenne ses cachets ?

NEYTON André
L’Affaire de la Belle Cadière, Rencontres – CDO, 2006
À l'automne 1731, s'ouvrait devant le Parlement d'Aix-en-Provence un procès en sorcellerie entre une jeune femme, Catherine Cadière, et son amant le Père jésuite Jean-Baptiste Girard, recteur du séminaire royal de Toulon, poursuivi pour « inceste spirituel, avortement et enchantement ».

PAPIN Nathalie
Qui rira verra, L’école des loisirs, 2006
Art, mène dans son atelier d’étranges expériences pour construire un monde parfait. Il a enlevé et séquestre quatre enfants à qui il demande de lui raconter des histoires parce que nul ne peut vivre sans histoires, de ne jamais rire car il est convaincu que le rire est dangereux.

RAUCH Marie-Ange
De la cigale à la fourmi : Histoire du mouvement syndical des artistes interprètes français (1840-1960), L’Amandier, 2006
Au moment où le statut des intermittents du spectacle est menacé, cet essai revient sur la lutte menée par l’Union des artistes pour l’obtention de droits fondamentaux à la création artistique en France, mais aussi pour en préserver la diversité.

 
 
top
| © www.orpheon-theatre.org | accueil | contacts |