Prix Tartuffe 2009
Actualité de la censure - autocensure - liberté d’expression
 

 

 

Créé en 2004 par Orphéon - Bibliothèque de théâtre Armand-Gatti, l'Observatoire de la censure réunit des artistes, écrivains, éditeurs, programmateurs, bibliothécaires, journalistes.
C'est un lieu de réflexion et d'information sur la censure et l'autocensure. Il décerne chaque année le Prix Tartuffe à un écrivain ou artiste victime de la censure, ou à un livre qui défend la liberté d’expression.
 
 

 

 

 

 
 
     

30 juin 2009: Images en question, nouveau cafouillage à Paris Match.
Le 25 juin 2009, dans le cadre prestigieux du salon de la Chancellerie de l’Université Paris IV- Sorbonne, Guillaume Chauvin, 22 ans, étudiant à l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg (ESAD) recevait le Grand Prix 2009 du Photoreportage Étudiant décerné par l’hebdomadaire Paris Match. Et un chèque de 5 000 euros.
Le même jour, le magazine publiait sur deux pages dans son édition papier, quatre des vingt clichés réalisés en noir et blanc visibles sur son site.
Mention rien, des diplômés pour la précarité” de Guillaume Chauvin et son collègue Rémi Hubert peut apparaître comme un clin d’oeil à une oeuvre de référence, comme une version allégée du célèbre texte “De la misère en milieu étudiant”, écrit à Strasbourg en 1966. Ce manifeste toujours d’actualité, qui avait semé le trouble dans l’université, qu’on se souvienne, commence ainsi: “Rendre la honte plus honteuse encore en la livrant à la publicité. Nous pouvons affirmer, sans grand risque de nous tromper, que l’étudiant en France est, après le policier et le prêtre, l’être le plus universellement méprisé.”
http://etudiantspascontents84.viabloga.com/news/de-la-misere-en-milieu-etudiant
Quarante-trois ans après, l’année où un mouvement de contestation a secoué pendant plusieurs mois l’université française, les deux lauréats reviennent sur le quotidien de huit étudiants à Strasbourg, la plupart à l’Université Marc-Bloch, la plus grande de France. Huit cas représentatifs de ces cent mille étudiants en situation de précarité, et de ceux, plus de vingt mille, en situation de pauvreté grave et durable. “Étudiants diplômés et SDF”.
Armin, 23 ans, Master de sociologie dort dans sa voiture et déclare: "Je n’ai ni bourse ni aide parentale ... Je ne peux pas aller au Restaurant Universitaire tous les jours, et je n’aime pas aller aux Restos du Coeur. Alors je fais les fins de marchés et j’en donne à des potes chez qui je peux aller cuisiner."
Emma, 23 ans, Master de Philosophie, témoigne: « On vit à trois dans vingt mètres carrés, alors on a organisé un roulement pour savoir qui dort par terre... Pour pouvoir étudier le jour, je me sers de mon cul la nuit... De temps en temps je reviens à l’appart’ entre midi et deux pour dormir. C’est dingue d’en être arrivée là. Heureusement j’arrive encore à le cacher. »
Quarante-trois ans après, les deux photoreporters dressent un bilan: “Rien n’a changé, rien ne veut changer”.
Lors de la remise du prix, les deux lauréats ont révélé que tous les étudiants photographiés étaient des amis qu’ils avaient mis en scène. Suite à cette déclaration, Paris Match a retiré le trophée aux deux étudiants ainsi que le chèque de 5 000 euros, qui sera donné à leur école. Olivier Royant, directeur de la rédaction du magazine et président du jury du Grand Prix a justifié ce revirement en déclarant que l’utilisation par les deux étudiants de “personnages fictifs” les éloigne de la philosophie et des valeurs du photojournalisme que défend l’hebdomadaire depuis 60 ans.
Pour rappel, concernant la seule année 2008: 3 avril 2008, le parquet général de Reims retire l'accréditation de l'hebdomadaire Paris Match pour couvrir le procès de Michel Fourniret à la suite de la publication d'une photo montrant le tueur en série présumé, assis les bras croisés dans le box des accusés. 28 mai 2008, l’hebdomadaire est condamné pour avoir publié deux clichés de Ségolène Royal priant dans l’église du Saint-Esprit à Florence, prises à son insu et “sans son consentement”. 17 septembre 2008, l’hebdomadaire publie une photo retouchée du pape avec le président: un garde du corps présent a été enlevé partiellement, il en reste une jambe. 26 septembre 2008, l’hebdomadaire Paris-Match passe en procès pour avoir publié le 20 février 2008 dans le cadre d’un reportage sur une opération de police la photo d’un interpellé de Villiers-le-Bel en slip et menotté. Voir Prix Tartuffe du 26 septembre 2008, Droit à l’image, photographies maquillées... (Paris Match - Le Figaro - Le Monde - Rue89 - Les Dernières nouvelles d’Alsace - Nouvel Observateur)
 
 
29 juin 2009: La Mort et les femmes ou un dessin sur Berlusconi censuré en Italie .
“Berlusconi n'a pas de squelettes dans l'armoire: il n'y a pas assez d'espace.”
Les lecteurs du “Corriere della sera” n’ont pas trouvé dans l’édition du 24 juin ce dessin de Vauro Senesi, collaborateur attitré du journal depuis quinze ans. Le rédacteur en chef a décidé de ne pas publier cette image du Président du Conseil, la trouvant d’un “goût douteux”... Après le pape, ”Papi”: il semble être de plus en plus difficile maintenant d’égratigner la deuxième fortune d’Italie, 73 ans et amateur de beautés. (censuratospindler.com)
 
28 juin 2009: Les dessous de la disparition annoncée d’un journal.
La concurrence est rude dans le domaine de la presse. Si une apparente diversité de l’offre dans la presse quotidienne nationale généraliste se maintient encore avec Le Monde, le Figaro, Libération, L’Humanité, il n’en va pas de même dans le secteur spécialisé de la presse sportive écrite où le quotidien L’Équipe est en situation de monopole.
Le 3 novembre 2008, avec l’appui du groupe d'Alain Weill (RMC Info, BFM ou La Tribune) paraissait 10 Sport un quotidien sportif à bas prix (0,50€ contre 0,95€ pour l’Équipe). Marie-Odile Amaury, la PDG du groupe Amaury, propriétaire de L’Équipe, ripostait en sortant le même jour dans les kiosques Aujourd’hui Sport. Elle déclarait qu’elle «arrêterait sans doute» si 10 Sport jetait l’éponge.
Faute d’atteindre les ventes espérées, fin mars 2009, 10 Sport devenait hebdomadaire. Le 26 juin 2009, M-O Amaury annonçait lors d'un comité d'entreprise extraordinaire qu’ Aujourd'hui Sport s’arrêtait et ne couvrirait pas la reprise du championnat de football de Ligue 1.
En mai dernier, 10 Sport a porté plainte contre le groupe Amaury pour «entrave à la libre concurrence». Une démarche qui a entraîné une perquisition de la police dans les locaux d'Amaury à Saint-Ouen et Issy-les-Moulineaux. L'autorité de la concurrence ne s'est pas encore prononcée sur les suites à donner à l'enquête. Par ailleurs, le lancement de Le Foot (0,75 euros), nouveau quotidien tabloïd édité par le groupe Lafont Presse, est différé en raison notamment de «difficultés d'impression».
Véritable institution au pouvoir redoutable, L’Équipe a une longue histoire, ponctuée par l’élimination sans pitié de ses rivaux, réels ou potentiels.
À la fin du XIXème siècle, en France, la presse sportive (alors consacrée en grande partie au cyclisme) est dominée par un titre : Le Vélo, fondé en 1892. La prise de position de Pierre Giffard, son patron, dans l'affaire Dreyfus fait des vagues. Les fabricants de cycles (pour la plupart antidreyfusards) qui financent son journal par la publicité n'apprécient pas.
En 1900, ils choisissent de financer Henri Desgrange qui crée un journal concurrent, imprimé sur papier jaune, L'Auto-Vélo.
Le 16 janvier 1903, Desgrange perd le procès qui l'oppose au Vélo, et se trouve contraint de renommer L'Auto-Vélo qui devient L'Auto. Pour contrer
son principal concurrent, il décide d’organiser une course cycliste. Le 19 janvier 1903, L’Auto annonce la création de "la plus grande épreuve cycliste jamais organisée" : ce sera le premier Tour de France. Les ventes du journal s'envolent. Privé de lecteurs, Le Vélo cesse sa publication l'année suivante.
Après avoir paru sous l’Occupation jusqu’au 17 août 1944, L’Auto est interdit puis réapparait le 28 février 1946 sous un autre titre: L’Équipe. En juin 1946, L'Équipe achète le journal officiel de la Fédération française de Football (F.F.F.) France football, et le transforme en un hebdomadaire populaire. En 1948, L'Équipe devient quotidien. En 1956, L'Équipe et Le Parisien libéré, publié par éditions Émilien Amaury, se rapprochent pour gérer ensemble le Tour de France puis fusionnent en 1964.
Actuellement Amaury Sport Organisation (A.S.O.) est un des principaux organisateurs d'événements sportifs en France : le Tour de France mais aussi le Paris-Roubaix, le Paris-Nice, le Tour de l'Avenir, Paris-Tours, le Paris-Dakar, le Marathon de Paris, l'Open de France de golf...
Prônant des valeurs de partage humaniste, chantre du beau jeu, de la gratuité du sport, L’Équipe est mal placé pour voir la face noire du sport moderne dont il vit et pour dénoncer l’idéologie dont il est le vecteur.
Progressivement au cours du XXème siècle, le sport est devenu un outil de décervelage et de contrôle de masse au service du nationalisme et de l’argent. Diffusé par la télévision, il est devenu “le” divertissement mondial, planétaire. Tandis que les spectateurs-consommateurs, plongés dans un hors-temps oublient leur solitude et leur misère en goûtant à l’illusion d’ un être-ensemble ou de vivre un moment exceptionnel, les compteurs tournent. Reflet d’une société de la performance, le sport rejoue toujours la même scénario: celui d’une course absurde au record, au rendement, au gain, au profit; celui d’une lutte pour la victoire, pour atteindre le sommet et s'y maintenir. Contraints souvent à se doper pour se dépasser, les corps-machines des athlètes sont rapidement et régulièrement remplacés, sitôt épuisés. Vae victis. (Libération/Wikipédia)
 
 
26 juin 2009: “Sauvons les enfants” de la pédophilie cléricale.
Cet appel de l’artiste italien Nemo (Riccardo Bianchi, 23 ans) n’a pas été compris par la municipalité de Crema (32 000 habitants) dans la province de Cremone, région de Lombardie (Italie). Elle a obtenu le retrait de l’oeuvre portant ce titre, menaçant de fermer l’exposition ArtShot où elle devait être présentée du 13 au 21 juin .
Le tableau blasphématoire représente un enfant agenouillé devant un prêtre. À gauche, le même enfant se nettoie la bouche après l’acte qu’il a été obligé d’ accomplir.
Cette dénonciation d’actes de pédophilie commis par le clergé va pourtant semble-t-il, dans le sens de la bataille menée par le pape lui-même. S’adressant aux évèques irlandais, il les avaient invités à faire la vérité sur ce qui s’était passé, à rendre justice à toutes les victimes, à veiller à ce que de pareils abus ne se répètent pas. (Inchiostro, journal des étudiants de l’université de Pavie / UAAR, Union des athées et agnostiques rationalistes)
 
   
 
23 juin 2009: Il y a 50 ans, mort d’un trompettiste blasphémateur.
Le 23 juin 1959, lors de la projection du film de Michel Gast, adapté de son roman “J’irai cracher sur vos tombes” , mourait Boris Vian.
Écrit par Vian sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, “J’irai cracher sur vos tombes” est publié par les éditions Scorpion en 1946. Considéré comme pornographique, immoral, le livre était interdit en 1949, son auteur était condamné pour outrage aux bonnes moeurs. (Voir Le dossier de l’affaire, réalisé par Noël Arnaud paru chez Bourgois en 2006)
Pastiche des romans policiers à la James Hardley Chase, écrit en quinze jours, “J’irai cracher sur vos tombes” dénonce le racisme et la condition précaire des Noirs du Sud des États-Unis. C’est l’histoire d’une vengeance, celle de Lee Anderson, un homme à la peau blanche né de parents noirs.
Après la mort de son frère noir, lynché et pendu parce qu'il était amoureux d'une blanche, Lee est devenu libraire dans une autre ville: il entre dans la petite bande locale de jeunes en manque d'alcool et de sexe, décidé à venger la mort de son frère.
 
15 juin 2009: Menaces sur l’audiovisuel public et sur l’Agence France-Presse.
En grève depuis le 12 mai 2009, les salariés de Radio France Internationale demandent un moratoire sur le plan social annoncé en janvier, qui prévoit 206 suppressions d'emplois sur un millier et la fermeture de plusieurs bureaux de langues (allemand, albanais, polonais, serbo-croate, turc et laotien). Basée à Paris, RFI comprend 19 rédactions en langues étrangères et émet dans 74 pays, touchant un public potentiel de 45 millions d'auditeurs.
Suite à la baisse des recettes publicitaires, le président de France Télévisions a confirmé la mise en place d’un « dispositif de départs volontaires à la retraite » qui « pourrait concerner jusqu’à 900 personnes » d’ici à 2012, soit près de 10% du personnel du groupe public. Cela n’aura aucune influence sur la qualité du service public, a-t-il assuré. Déjà 300 salariés de la régie France Télévisions Publicité avaient été licenciés le 8 janvier 2008, après l’annonce de la suppression totale de la publicité sur les chaînes de télévision publiques.
De son côté, le personnel de l’AFP s’inquiète d’un projet gouvernemental de privatisation de l’agence qui, en modifiant le statut de 1957, mettrait fin rapidement à son indépendance structurelle et rédactionnelle.
 
      

10 juin 2009: Accusée de la mort de l’écrivain nigérian Ken Saro-Siwa, Shell paie 15,5 millions de dollars pour éviter le procés.

La compagnie pétrolière Shell était amenée à répondre devant un tribunal de New-York, mercredi 27 mai, d'accusations de crimes contre l'humanité liées à une éventuelle implication auprès des militaires nigérians qui ont exécuté l’écrivain en 1995.
La plainte avait été déposée par un groupe de victimes de l'ancien gouvernement nigérian, notamment le fils de Saro-Wiwa, sur la base d'une loi remontant à 1789 qui exige des sociétés ayant une présence substantielle aux Etats-Unis qu'elles respectent les lois américaines.
Né en 1941, à Bori, dans le delta du Niger, Ken Saro-Wiwa avait enseigné dans les universités de Nukka et Lagos, après des études d’anglais à Ibadan. Écrivain, à la fois romancier mais aussi auteur de feuilletons populaires pour la télévision, il avait créé et dirigeait sa propre maison d’édition et présidait l’Union des écrivains nigérians. Il avait exercé des fonctions ministérielles entre 1968 et 1973, pendant et après la guerre du Biafra. C’était un homme d’affaires avisé et un journaliste reconnu pour sa plume acerbe.
Ken Saro-Wiwa était aussi un militant politique écologiste qui défendait la minorité dont il était issu. Appartenant à la communauté ogoni (un demi million de personnes dans l’État enclavé de Rivers au sud-est du Nigéria) qui recèle sur ses terres des réserves pétrolières, la principale richesse du pays, Ken Saro-Wiwa revendiquait de façon pacifiste pour son peuple, une autonomie politique, une juste part des richesses pétrolières et le droit de contrôler son environnement écologique dévasté par les compagnies pétrolières internationales, notamment la Shell, après plus de 35 années d’exploitation.
Ken Saro-Wiwa, fondateur du Mouvement pour la survie du peuple Ogoni (Mosop), partisan de la non-violence, avait réussi en 1993, à faire stopper les activités de la filiale locale de Shell, s'attirant les foudres de la junte dirigée par le général Sani Abacha.
Arrêté en 1994, il avait été pendu le 10 novembre 1995 à Port Harcourt avec huit de ses compagnons de lutte, après une parodie de procès.
Quatre livres de Ken Saro-Wiwa ont été traduits en français: Sozaboy (Pétit Minitaire) (Actes Sud/Babel, 2003); “Si je suis encore en vie” (Stock, 1997), Lemona (Dapper, 2002), Mister B, millionnaire (Dapper jeunesse, 2003).
Le Nigéria tire plus de 95% de ses revenus en devises étrangères du pétrole mais peine toujours à en redistribuer les bénéfices à la population, la corruption généralisée du secteur ne profitant qu’à une poignée d’hommes. Fin septembre 2005, la Banque mondiale a aidé à récupérer 700 millions de dollars détournés dans des banques suisses par Sani Abacha et son clan pendant qu'il était au pouvoir. Plus gros producteur d’or noir d’Afrique, le Nigéria connaît régulièrement des pénuries d’essence. (New-York Times-AFP)
 

Emmanuel Pierrat / Photo GP


8 juin 2009: Remise du Prix Tartuffe 2008 à Emmanuel Pierrat pour “Le livre noir de la censure”.

Après la compagnie de théâtre de rue Turbo Cacahuète en 2004, la dramaturge anglaise Gurpreet Kaur Bhatti en 2005, l'écrivain Christian Salmon en 2006, le journaliste et écrivain Bernard Joubert en 2007, le Prix Tartuffe a été décerné en 2008 à Emmanuel Pierrat, Magali Lhotel, Florent Latrive, Sophie Viaris de Lisegno, Aurélie Chavagnon, Geoffroy de Lagasnerie, Caroline Fourest, Fiammetta Venner, Béatrice Chapaux, Guillaume Sauvage, Flore Masure pour “Le livre noir de la censure”, ouvrage collectif paru au Seuil.
Il a été remis le 5 juin 2009 à Emmanuel Pierrat, maître de l’ouvrage, dans le théâtre Guillaume- Apollinaire de La Seyne (83)
Après s’être déclaré ravi d’être accueilli dans un lieu portant le nom de l’auteur de “Les Onze Mille Verges”, l’avocat et écrivain a rappellé, au cours d’une brillante intervention, que les textes de loi sur la censure étaient rarement supprimés, qu’actuellement plus de quatre cents textes encadraient la liberté d’expression.
Avant sa communication, il avait fait quelques pas sur la commune varoise de Sainte-Anastasie: martyre peu connue sanctifiée par les catholiques, Anastasie est devenue depuis son célèbre portrait par Gill (Madame Anastasie, 1874) l’ emblème de la censure.
 
31 mai 2009: José Saramago censuré par son éditeur italien.
La maison d’édition Einaudi s’était engagée à publier “O Caderno“, livre du prix Nobel de littérature mais a finalement reculé expliquant dans un communiqué qu’elle ne pouvait accepter que l’auteur portugais traite Silvio Berlusconi de “délinquant”.
Celèbre maison d’édition “de gauche”, Einaudi a été rachetée, suite à de nombreuses dettes, par Berlusconi .
Cet acte de censure intervient en plein “Noemigate”, alors que Veronica Lario, épouse de Berlusconi, demande le divorce, soupçonnant le “cavaliere” cavaleur de relations avec Noemi, une mineure qui appelle Silvio “Papounet” .
De son côté, le président du Conseil a demandé la saisie de 700 photos, faites notamment dans l’une de ses villas sardes par le photographe Antonello Zappadu lors du dernier réveillon du Jour de l’An. Ces photos montreraient "des filles en bikini ou seins nus, d'autres sous des douches en plein air, d'autres habillées aux côtés de Berlusconi dans le patio des résidences destinées aux invités" affirme Il Corriere della Sera.
 
28 mai 2009: "Cent quatre membres d'un groupe d'adorateurs de Satan ont été arrêtés lors d'une fête et d'un concert immoral à Shiraz (Iran)"
C’est ce qu’ a déclaré au journal Jam-e Jam, Abbas Hamidi le responsable local des Gardiens de la révolution. "La fête se tenait dans un jardin près de la ville et la cérémonie satanique était diffusée à travers le monde via internet", a-t-il dit. Selon lui les participants "buvaient de l'alcool, se blessaient et suçaient du sang".
Les concerts de musique rock et notamment de hard rock sont interdits dans la République islamique qui les assimile à des cérémonies sataniques.
En 2007, la police avait arrêté environ 230 personnes ayant participé à un concert de rock illégal près de Téhéran en les accusant d'appartenir à un groupe d'adorateurs de Satan. (AFP)
 
27 mai 2009: Apocalyptica proteste contre l’utilisation d’une de ses chansons dans un clip appellant à ”la solution finale” pour les tziganes.
Ce clip électoral du Parti national (NS, extrême-droite) tchèque, diffusé à la télévision, utilisait la chanson "Path" de l'album "Cult" d'Apocalyptica, sans accord du quatuor finlandais de violoncellistes de metal classique. Le manageur d'Apocalyptica a souligné que le groupe soutenait les minorités et les droits de l'Homme, et respectait chaque individu, sans tenir compte de son origine ethnique: "Apocalyptica soutient aussi l'Europe unifiée et l'Union européenne".
Dimanche 24 mai, la police tchèque a interpellé à Prague une quarantaine de membres et sympathisants d'un autre parti d'extrême-droite locale, le Parti ouvrier (DS), qui entendaient protester devant la Radio tchèque contre la non-diffusion de ses propres clips électoraux anti-rom.
Forte d'environ 300.000 personnes, la minorité rom est souvent victime de discriminations en République tchèque. L'ex-pays communiste de 10,4 millions d'habitants compte quelque 300 quartiers déshérités, et le phénomène de "ghetto" pourrait concerner bientôt jusqu'à 80.000 personnes, selon une étude officielle. (AFP)
 
 
27 mai 2009: Teste tes connaissances culturelles en découvrant à quel artiste appartient ce sexe.
C’est ce que proposait l’artiste belge Jacques Charlier sélectionné par la Communauté française de Belgique pour participer à la 53e biennale de Venise et y exposer cent dessins sous forme d’affiches dans l’espace public. Mais la Biennale a refusé d’inclure le projet dans les événements collatéraux et la ville de Venise a refusé que les dessins soient exposés sur des panneaux communaux.
Mme Laanan, ministre belge de la Culture a dénoncé le caractère inacceptable de la censure vénitienne, qui relève d’un conservatisme pudibond qui n’a rien à voir avec cette terre d’Art et de liberté qu’est l’Italie.
Jacques Charlier compose depuis 1973 une série de dessins représentant des « sexes d’artistes » sur le mode de la caricature, artistes ayant, selon lui, marqué l’art du XXe siècle depuis Marcel Duchamp. Une collection fondée sur une interprétation personnelle des « attributs artistiques » des représentants majeurs de l’art moderne et contemporain, sur un mode satyrique.
Soutenu par la Communauté française et le Commissaire de l’artiste Enrico Lunghi, Jacques Charlier exposera finalement ses tableaux dans un bateau, Riva dei Sette Martiri, entre Arsenale et Giardini. Les habitants de plusieurs villes européennes pourront, dès le 3 juin, participer au jeu-photo « Libérer Venise » et gagner le catalogue « 100 Sexes d’Artistes » de Jacques Charlier, publié à cette occasion. De même, un « Quizz Art » spécialement conçu par Jacques Charlier permettra à tous, de gagner un t-shirt avec le sexe d’artiste de Jacques Charlier lui-même. (Siné-hebdo - Le Soir la Belgique)
http://www.jacquescharlier-venise2009.be/

    
 
27 mai 2009: Julien Coupat dit n’être malheureusement pas l’auteur du bestseller “L’insurrection qui vient” publié par La Fabrique mais il l’a lu.
C’est ce que vient de déclarer “le présumé terroriste” depuis sa cellule de la Santé où il est emprisonné depuis novembre 2008 dans un long entretien accordé au journal Le Monde.
Il a également précisé:
Le partage ne passe donc pas, comme le voudrait la fiction judiciaire, entre le légal et l'illégal entre les innocents et les criminels, mais entre les criminels que l'on juge opportun de poursuivre et ceux qu'on laisse en paix comme le requiert la police générale de la société. La race de innocents est éteinte depuis longtemps (...)
Le Prince n'a plus d'autre soutien que la peur qu'il inspire quand sa vue n'excite plus dans le peuple que la haine et le mépris. Ce qu'il y a, c'est, devant nous, une bifurcation, à la fois historique et métaphysique: soit nous passons d'un paradigme de gouvernement à un paradigme de l'habiter au prix d'une révolte cruelle mais bouleversante, soit nous laissons s'instaurer, à l'échelle planétaire, ce désastre climatisé où coexistent, sous la férule d'une gestion "décomplexée", une élite impériale de citoyens et des masses plébéiennes tenues en marge de tout. Il y a donc, bel et bien, une guerre, une guerre entre les bénéficiaires de la catastrophe et ceux qui se font de la vie une idée moins squelettique. Il ne s'est jamais vu qu'une classe dominante se suicide de bon coeur.
La révolte a des conditions, elle n'a pas de cause. Combien faut-il de ministères de l'Identité nationale, de licenciements à la mode Continental, de rafles de sans-papiers ou d'opposants politiques, de gamins bousillés par la police dans les banlieues, ou de ministres menaçant de priver de diplôme ceux qui osent encore occuper leur fac, pour décider qu'un tel régime, même installé par un
plébiscite aux apparences démocratiques, n'a aucun titre à exister et mérite seulement d'être mis à bas ? C'est une affaire de sensibilité.

La servitude est l'intolérable qui peut être infiniment tolérée. Parce que c'est une affaire de sensibilité et que cette sensibilité-là est immédiatement politique (non en ce qu'elle se demande "pour qui vais-je voter ?", mais "mon existence est-elle compatible avec cela ?"), c'est pour le pouvoir une question d'anesthésie à quoi il répond par l'administration de doses sans cesse plus massives de divertissement, de peur et de bêtise. Et là où l'anesthésie n'opère plus, cet ordre qui a réuni contre lui toutes les raisons de se révolter tente de nous en dissuader par une petite terreur ajustée.”
 
27 mai 2009: Gainsbourg pourra conserver sa cigarette, Churchill son cigare.
Après avoir saisi le Conseil de l'éthique publicitaire, l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) a décidé lundi 25 mai que ses services "pourraient, désormais, ne plus déconseiller la représentation, dans des campagnes publicitaires, de produits de consommation du tabac ". Trois critères devront toutefois être remplis : "Les campagnes doivent émaner d'annonceurs qui n'ont aucun lien avec l'industrie ou la distribution du tabac, et avoir une finalité culturelle ou artistique". De même, les personnes représentées "doivent être disparues, ou figurer dans des oeuvres d'art partie intégrante d'une promotion publicitaire pour une manifestation artistique".
Enfin, il doit s'agir de produits de consommation du tabac "inséparables de l'image et de la personnalité de la personne disparue qui y figure". (AFP)
 
26 mai 2009: Zarganar, acteur birman condamné à 35 ans de prison pour avoir distribué de l’aide aux rescapés du cyclone Nargis.
Le populaire comédien et réalisateur de cinéma birman (né en 1961) a été arrêté le 4 juin 2008 après avoir critiqué, dans des entretiens avec des journalistes étrangers, la gestion par le gouvernement de la situation humanitaire dans les zones sinistrées. Il est l’une des 21 personnes se trouvant encore derrière les barreaux pour avoir effectué un travail humanitaire indépendant au lendemain du passage du cyclone Nargis qui s’est abattu sur le Myanmar (Birmanie) les 2 et 3 mai 2008. Celles-ci ont toutes été arrêtées pour avoir fourni une aide aux victimes, pour avoir rendu compte des dégâts causés par cette catastrophe naturelle et même pour avoir enterré les défunts. Il a été condamné en novembre 2008 à 59 ans de prison, peine réduite à 35 ans en février 2009 .
Zarganar, qui avait pris part au soulèvement de 1988 contre le régime militaire, a déjà été arrêté par le passé en raison de son action en faveur de la démocratie. En août-septembre 2007, pendant les grandes manifestations de la « Révolution Safran », pour avoir donné de l’eau et de la nourriture aux moines bouddhistes, il fut emprisonné du 25 septembre au 17 octobre.
Il est actuellement incarcéré à plus de 1 400 kilomètres de sa famille, qui vit à Yangon, la principale ville du pays. Il est détenu à la prison de Myitkyina, dans l’État kachin (nord du pays), depuis novembre 2008.
Le 16 avril 2009, il a perdu connaissance dans sa cellule pendant plus de deux heures , et n’a été conduit à l’hôpital de Myitkyina que dix jours plus tard. Les médecins qui l’ont alors examiné ont constaté qu’il souffrait d’hypertension et d’une hypertrophie cardiaque. (RFI - Amnesty international)
 
 
24 mai 2009: Oil, il sol del avvenire, Shooting Silvio, trois films censurés en Italie.
Les avocats de la raffinerie Saras, située à quelques kilomètres de Cagliari ont demandé la saisie de “Oil, la force dévastatrice du pétrole, la dignité du peuple sarde”, film produit et réalisé par Massimiliano Mazzotta. Ce documentaire de 70’ est entièrement consacré à un immense complexe pétrochimique, né au début des année soixante, propriété de la famille milanaise Moratti : il s’étend sur 800 hectares, soit presque tout le territoire de Sarroch, petit village de 5200 habitants. Ce film, qui accorde un quart du temps de parole à quatre dirigeants de Saras, montre l’énorme impact économique et environnemental de la raffinerie et les inquiétudes sur la santé que sa présence soulève: développement des cancers chez les habitants, altération de l’ADN chez les enfants.
ll sol dell’avvenire”, film documentaire sur la naissance des Brigades rouges, écrit et réalisé par Giovanni Fasanella et Gianfranco Pannone avait été l’évènement du Festival de cinéma de Locarno en août 2008. Suite aux pressions du ministère de la Culture, pour qui il offense “la mémoire des victimes du terrorisme”, le film n’avait eu aucune diffusion en salle. Grâce à la sortie d’un livre-DVD publié par Chiarelettere, il va être possible d’avoir accès à cette contribution à la vérité historique. Sans nostalgie ni transfiguration du passé, cinq protagonistes attablés dans une auberge de Costaferrata reviennent sur les origines du terrorisme rouge. Émilie-Romagne, 1969. Dans la communauté de L’ Appartamento, des jeunes gens, venant de milieux catholiques, socialistes, communistes, anarchistes se réunissaient avec l’espoir de racheter les erreurs et trahisons de leurs pères ou grand-pères, résistants et antifascistes...
La chaîne satellitaire Sky a annulé les rediffusions de Shooting Silvio du metteur en scène Bernardo Carboni prévues les 17 et 25 avril 2009. Le premier passage en prime time le lundi 13 avril avait déclenché les protestations des partis de droite qui avaient parlé de “très mauvaise télévision” et dénoncé “un hymne à la violence”, une “offensive médiatique contre le président du Conseil”. Sorti en 2007, le film raconte l’histoire d’un jeune écrivain de 28 ans: obsédé par Silvio Berlusconi, il décide d’enlever et de tuer celui qui est devenu pour lui l’incarnation du Mal...
http://censurato.splinder.com

    
 
22 mai 2009: “Antichrist”, le dernier film de Lars Von Trier, censuré pour les “marchés pudiques”.
On avait un accord depuis un an avec Lars de faire une version ‘catholique’ du film, de couper certaines scènes et de les remplacer par d’autres, sinon il serait invendable sur des marchés pudiques comme le sud de l’Europe, l’Asie et les États-Unis, où on ne peut pas montrer un homme de nu face” a déclaré Peter Aalbaek Jensen, le directeur de la maison de production Zentropa. La version “adoucie”, censurée du film, sans les scènes de sexe (de masturbation féminine par exemple) ou d’extrême violence (comme celle d’automutilation peut être), permettra de “vendre le film aux chaînes de télévision” aux pays “prudes” selon le producteur. (AFP - Le Monde)
 
21 mai 2009: Sa boîte mél est bloquée pour non-respect du devoir de réserve.
Le Professeur Granger, psychiatre à l’hôpital Cochin, animateur avec le professeur Grimaldi du Mouvement de défense des hôpitaux publics a vu le 6 mai dernier sa boîte mél bloquée par la direction générale de l´Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).
Il avait transféré à 800 chefs de service et à la presse le « Tableau prévisionnel des effectifs rémunérés » pour 2009, document encore confidentiel qui prévoit 705 suppressions de postes. Après protestation, le fonctionnement de la messagerie du Pr Granger a été rétabli le lendemain. Mais il s´est aperçu qu´il avait perdu toute la mémoire de ses communications envoyées entre le 4 septembre 2008 et le 7 mai 2009, soit des centaines d´échanges professionnels, y compris avec ses patients.
Quelques jours plus tard, il recevait un courrier intitulé « Diffusion sauvage d´un document administratif » : « Vous n´avez pas respecté vos obligations d´agent public et en particulier l’obligation de réserve qui s´impose à vous », accusait le directeur général, évoquant l´éventualité de sanctions disciplinaires.
Les communications entre les chefs de service, jusqu'à présent libres, vont être « modérées ». Le service de communication indique qu’ils devront maintenant "adresser leur projet de mail à la direction de la politique médicale, la réponse est donnée sous 24 heures en semaine…" (Charlie Hebdo - Les impertinences du Docteur Wo)
 
20 mai 2009: “Cri de lèse-majesté” ou “tapage injurieux diurne, troublant la tranquillité d’autrui”?
Le 27 février 2008, gare Saint-Charles à Marseille, un professeur de philosophie s’écriait par deux fois “Sarkozy, je te vois” en désignant de l’index deux policiers en train d’effectuer un contrôle d’identité. Un plus d’un un an après, tout en déplorant “l’ampleur démesurée” que prend le dossier, l’officier du ministère public a demandé une amende de 100 euros contre “le pertubateur” vociférateur. En vertu d’une jurisprudence remontant à 1875, la simple ”manifestation bruyante” et la volonté de “se montrer désagréable”, même “sans user de terme offensant” suffisent, selon elle, à caractériser l’aspect injurieux. Jugement le 3 juillet. (Libération - France 2)
 
   
 
19 mai 2009: Quatre éditeurs de Forcalquier (Haute-Provence) arrêtés par la Sous-division de l’Anti-terrorisme.
Il s’agit de François Bouchardeau et sa femme Johanna, responsables d’HB Éditions, de Samuel Autexier et sa soeur Héléna, responsables de Marginales. Ces quatre personnes, membres du Comité de sabotage de l’antiterrorisme (CSA) qui soutient le groupe de Tarnac et Julien Coupat, ont été interpellées à Forcalquier le 18 mai vers 6h du matin et transférées à Marseille.
Elles sont accusées d'avoir diffusé un tract invitant à une journée contre l'anti-terrorisme le 8 mai sur lequel serait mentionnée l'adresse d'une résidence secondaire de Bernard Squarcini, patron de la la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).
Christophe Castaner, maire de Forcalquier et vice-président de région a déclaré que "dans un pays démocratique comme le nôtre, on n'interpelle pas les gens au petit matin parce qu'ils ont diffusé un tract dénonçant un acharnement judiciaire. On a quand même le droit d'émettre des réserves sur une décison de justice ...Ce sont, dans ma commune, des acteurs de la politique du livre." Sur FR3, il s’est inquiété de la surveillance policière qui voit en tout citoyen “un terroriste qui sommeille”.
HB éditions a été fondée en octobre 1995 par Huguette Bouchardeau, (agrégée de philo, ministre de l'environnement de 1982 à 1986, députée) lorsqu'elle a pris sa retraite professionnelle et politique. La maison est aujourd'hui dirigée par François Bouchardeau, son fils. Elle publie chaque année un agenda littéraire: Victor Hugo en 2002, Écritures d'utopies en 2003, George Sand en 2004, Jules Verne en 2005. Rabelais en 2006, Père Ubu-Jarry en 2007, Mai 68 en 2008.
La revue Marginales, fondée par Samuel Autexier, Héléna Autexier est née en avril 2002 pour soutenir la collection littéraire du même nom publiée aux éditions Agone. C’est près d’une centaine d’auteurs qui ont été publiés dans les 6 premiers numéros : n°1 Paysans, dernier siècle ?, n°2 - Le Refus de parvenir, n°3/4 - Les Dépossédés, La Littérature à la place des yeux, n°5, Stig Dagerman, la littérature et la conscience n°6. À la fois titre et maison d'édition, Marginales participe, avec L'Envoi, Le Sablier, Alpes de Lumière, C'est-à-dire & Le Préau des collines, au collectif «Éditer en Haute-Provence».
(La Provence, Le Parisien Libéré, FR3 -Marseille, Mille Babords)
 
18 mai 2009: Coup de projecteur au 62ème Festival de Cannes sur un cinéaste chinois et sur un cinéaste iranien bâillonnés dans leur pays.
Interdit de tournage dans son pays jusqu'en 2011 pour avoir présenté en compétition à Cannes 2006 sans l'aval des autorités "Palais d'été" qui évoquait la répression du Printemps de Pékin en 1989, Lou Ye brave à nouveau la censure en venant présenter "Nuits d'ivresse printanière". Tourné clandestinement avec une petite caméra numérique en deux mois à Nankin, "Nuits d'ivresse printanière" s'attaque à un nouveau sujet très tabou en Chine: l'homosexualité.
Censuré dans son pays où son dernier film "Half moon" n'a été distribué qu'en DVD au marché noir, le réalisateur kurde iranien Bahman Ghobadi est venu présenter "Les chats persans" écrit avec sa compagne, la journaliste irano-américaine Roxana Saberi, libérée finalement le 11 mai à Téhéran après avoir vu sa peine de huit ans de prison pour espionnage au profit des Etats-Unis réduite en appel à deux ans.
Tourné clandestinement, sans autorisation, en 17 jours, avec une caméra numérique, "Les chats persans" suit à Téhéran, deux jeunes musiciens Ashkan (Ashkan Koshanejad) et Negar (Negar Shaghaghi) sortis de prison avec la ferme intention de monter un groupe underground, avec l'envie de chanter leur révolte et s'exprimer librement. Ils tentent de rejoindre Londres en montant un grand concert clandestin pour financer leur voyage et se procurer de faux papiers.
Au long d'un film aux allures de documentaire, où tous les acteurs jouent leur propre rôle, Ghobadi lève le voile sur l'extraordinaire bouillonnement culturel, clandestin car vigoureusement réprimé, de la jeunesse iranienne. À la recherche de musiciens pour monter un groupe de rock, les héros croisent des jeunes qui trompent la censure en répétant dans des studios de fortune aménagés dans sous-sols et même dans une grange, au milieu des vaches. Interdiction d'enregistrer un disque, de donner un concert ou même de répéter, sous peine de lourdes amendes, de coups de fouet ou de prison.
Face à la dureté de la censure, nombre de jeunes Iraniens se résignent à l'exil, comme les deux jeunes acteurs du film, Ashkan Koshanejad et Negar Shaghaghi, qui ont affirmé ne pas avoir l'intention de rentrer en Iran. "Nous ne faisons pas de politique, nous ne voulons pas changer le pays, nous voulons juste faire de la musique", a affirmé Ashkan Koshanejad. "90% du film est la réalité. Il y a un an et demi, j'ai été emprisonné pendant trois semaines pour avoir donné un concert de rock."
"J'ai 39 ans, j'ai besoin d'aller quelque part où je pourrai faire des films ... Si je rentre en Iran, je suis sûr qu'on ne m'autorisera plus à tourner. On va me contrôler, on ne me laissera plus jamais faire un film underground comme celui-là" a déclaré Bahman Ghobadi qui en 2000 avait remporté la Caméra d'or décernée au meilleur premier film, avec "Un temps pour l'ivresse des chevaux". (AFP)
 
      
16 mai 2009: Le président Obama revient sur sa décision de publier la totalité des photos de torture détenues par le Pentagone ... et de fermer les tribunaux militaires d’exception antiterroristes.
Virage. En trois jours, le président américain vient de revenir sur des engagements éthiques exprimés durant sa campagne électorale laissant espérer le rétablissement aux USA d’un État de droit.
Mercredi 13 mai, il a ordonné à son administration de contester l'ordre de justice sommant le Pentagone de rendre publiques, avant le 28 mai, 44 photos montrant les abus auxquels se seraient livrés des soldats américains sous l'ère Bush dans des prisons d'Irak ou d'Afghanistan. Cette décision vient contredire l’annonce faite le 24 avril par la Maison blanche qu’elle ne s’opposerait pas à la justice. "Je crois que la publication de ces photos n'ajoutera rien à notre compréhension de ce qu'ont fait un petit nombre d'individus par le passé", a dit M. Obama. "Je crois qu'en fait, la conséquence la plus directe qu'aurait leur publication, ce serait d'attiser encore davantage les sentiments anti-américains et d'exposer nos soldats à un danger plus grand." Indignées l’ACLU (association de défense des libertés publiques), Amnesty international, Human Rights Watch rappellent que le président Obama s'est aussi opposé à ce que soient poursuivis les responsables politiques de l'administration Bush ayant autorisé le recours contre des suspects de terrorisme à des méthodes qu'elles considèrent comme de la torture.
Vendredi 15 mai, il a annoncé le maintien des tribunaux militaires d'exception de George W. Bush pour juger certains suspects de terrorisme, tout en promettant de réformer un système qu'il a réprouvé par le passé. L'un des premiers actes de M. Obama deux jours après son investiture avait été de demander la suspension pour quatre mois des activités des tribunaux, ou "commissions militaires", créés en 2006 pour juger les suspects de terrorisme, le temps d'examiner que faire des prisonniers. Les conseillers du président sont donc parvenus à la conclusion que juger tous les suspects devant des tribunaux de droit commun n'était pas faisable. Plusieurs détenus ont été soumis à des traitements dénoncés comme des actes de torture. Parmi eux, Khaled Cheikh Mohammed, cerveau autorevendiqué du 11-Septembre, a subi la simulation de noyade 183 fois en un mois, selon des documents récemment publiés. (AFP)
 
12 mai 2009: Dénoncé par le ministère de la Culture pour un courriel qu’il avait écrit contre la loi Hadopi, il est licencié par TF1.
Il s’appelle Jérôme Bourreau, il a 31 ans, c’était un cadre supérieur, responsable du pôle innovation Web de la chaine privée française TF1. Cet homme vient d’être licencié.
Quoi de plus banal en Europe par les temps qui courent. Uniquement en Espagne, 7 000 nouveaux chômeurs, chaque jour, depuis janvier 2009. Pourquoi s’intéresser à cet homme plutôt qu’à un autre? Son histoire est inquiétante: on y trouve concentrés violation du secret de la correspondance, collusion entre intérêts privés et hautes sphères de l’État, non-respect de l’obligation de présentation honnête des questions prêtant à controverse, non-respect de la pluralité d’expression des points de vue, délation...
Le 16 avril, Jérôme Bourreau recevait une lettre de “licenciement pour divergence forte avec la stratégie du groupe TFI”. TF1 reprochait à son employé “une hostilité au projet de loi Création et Internet”, “un défaut d’alignement avec la position officielle du groupe” favorable au projet, pour qui il est “un enjeu fort”.
Pour justifier le licenciement, la direction du groupe TFI se base sur un courriel privé adressé le 19 février par Jérôme Bourreau à la députée Françoise de Panafieu: le citoyen y exposait ses arguments contre le projet Hadopi. La députée avait fait suivre le courriel au ministère de la Culture, qui l’avait ensuite communiqué à TFI. Le Canard enchaîné (édition du 13 mai 2009) révèle que la copie du courriel de Bourreau a été réexpédié par Christophe Tardieu (du cabinet d'Albanel) à Jean-Michel Counillon (secrétaire général et directeur adjoint des affaires juridiques de TF1), accompagné de ce petit mot: "Bonjour, Jean-Michel, vous avez des salariés qui, manifestement, aiment tirer contre leur camp. Cordialement."
Cette “erreur regrettable” reconnue par la ministre de la Culture et de la Communication intervient au moment où elle essaie pour la deuxième fois de faire passer au Parlement le projet de loi Hadopi, signalé comme dangereux pour les libertés et inefficace en matière de protection des droits des auteurs.
Rappel des principaux griefs faits au projet. L’accès à Internet n’y est pas reconnu comme un droit fondamental. Le principe d’une autorité habilitée à déconnecter un citoyen sans décision de justice apparaît comme liberticide, d’autant plus qu’il sera impossible à une personne sanctionnée injustement de prouver matériellement sa bonne foi: l’adoption de ce principe est considéré comme un véritable cheval de Troie, ouvrant la voie à d’autres déconnexions pour d’autres motifs. L’amendement prévoyant un représentant de la CNIL parmi les six membres de la nouvelle autorité a été rejeté. Le principe du sur-référencement ouvre la porte à la création de portails blancs et de listes noires.
Déjà les dispositifs pour contourner la future loi sont en place. Le site Piratebay propose aux internautes pour 5 euros de crypter leurs fichiers avant de les télécharger avec Ipredator. Le site internet peer2me met en ligne une petite vidéo pédagogique, qui explique comment, en deux clics, il sera possible de télécharger des fichiers, vidéo et musicaux, sans aucun risque. Dès qu'un internaute se connecte à peer2me, sa connexion change son adresse IP, (immatriculation Internet de chaque utilisateur) qui "devient donc entièrement confidentielle". Donc non repérable par la police de la Toile.
(Libération - Le Monde)
 

6 mai 2009: L’écrivain turc Nedim Gürsel poursuivi pour blasphème.

Après la longue série de persécutions infligées aux écrivains turcs - pour n’en citer que trois: le poète Nazim Hikmet emprisonné pendant des années, le romancier Sabahattin Ali assassiné, Orhan Pamuk prix Nobel de littérature contraint à l’exil pour ses propos sur le génocide arménien - on pouvait penser la liste close, que la liberté d’expression avait fait des progrès en Turquie et que, comme le disait récemment le premier ministre Erdogan, "la Turquie n'est plus un pays qui juge ses écrivains".
Il semble que cela ne soit pas le cas.
Le 5 mai s’est ouvert à Sisli le procès de l’écrivain Nedim Gürsel, jugé selon l'article 216 du code pénal turc pour avoir «dénigré les valeurs religieuses de la population» dans son livre “Les filles d’Allah”, publié en 2008 par l'éditeur Dogan Kitap.
Gürsel n’était pas présent, il risque douze mois de prison.
J'ai écrit un roman et non un manuel de théologie” rappelle l’auteur à la Direction des Affaires Religieuses (Diyanet) qui l’accuse de blasphème.
Exilé en France, à Paris, pour ses études à la Sorbonne, puis pour échapper à la répression du coup d’État de 1980, Nedim Gürsel avait été condamné en 1981 par un tribunal militaire pour “offense aux forces armées”, au titre de l’article 159 du code pénal, pour son roman “Un long été à Istanbul”. Deux ans plus tard, c’est "La Première femme" qui lui avait valu d'être poursuivi pour "offense à la morale publique".
Il est l'auteur d'une vingtaine de romans, nouvelles, essais et récits de voyages. Résidant à Paris, il dirige des recherches au CNRS et enseigne la littérature turque à l'Université de La Sorbonne, ainsi qu'à l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales. Il a été décoré chevalier des arts et des lettres. Il vient de publier, en France, aux éditions Empreinte temps présent, un essai intitulé «La Turquie: une idée neuve en Europe». (Livres Hebdo - Le Monde - Le Nouvel Obs)

        
 
5 mai 2009: Dénoncé à la police pour un texto qu’il avait reçu, il passe 24 heures en garde à vue. (France)
Les courriels et SMS sont des messages privés. Leur confidentialité ne semble plus garantie ou suffisamment sécurisée. Le caractère secret de ce type de correspondance électronique est de plus en plus mis en doute, comme le démontre cette affaire revélée par le Courrier picard.
Un jeune menuisier qui avait reçu d’un collègue de travail blagueur sur son téléphone portable ce message: «Pour faire dérailler un train, t'as une solution ?», a été convoqué au commissariat d’Abbeville puis mis en garde à vue pendant 24 heures pour «non dénonciation de crime».
Comment un texto peut-il se retrouver sur le bureau d’un procureur?
Les différences d’appréciation entre le procureur de la République d‘Abbeville et Bouygues Telecom, l’opérateur téléphonique concerné, sont éloquentes.
«L'opérateur a le droit de consulter ces messages et le devoir d'alerter les autorités s'il estime qu'un crime ou un délit est susceptible d'être commis», a déclaré Éric Fouard, le procureur d'Abbeville. Une porte-parole de Bouygues Telecom, qui indique qu'une enquête interne a été ouverte, précise: «Un opérateur n'est pas autorisé à délivrer le contenu d'un SMS aux autorités, sauf s'il y a réquisition judiciaire. Nous n'avons pas le droit de prendre connaissance des contenus échangés par nos clients
(Le Courrier picard /Libération /Rue89)
 

2 mai 2009: Interdiction confirmée de l’exposition de dix-sept cadavres humains.

La cour d'appel de Paris a confirmé jeudi 30 avril 2009 l'interdiction de l'exposition de corps humains "Our body/À corps ouvert", prononcée le 21 avril dernier par le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris, Louis-Marie Raingeard.
Celui-ci avait déclaré: "L'espace assigné par la loi au cadavre est celui du cimetière" (...) "la commercialisation des corps par leur exposition, porte une atteinte manifeste au respect qui leur est dû"(...) "la présentation des cadavres et organes met en oeuvre des découpages qui ne sont pas scientifiquement légitimes, des colorations arbitraires, des mises en scènes déréalisantes" qui "manifestement manquent à la décence". Il avait rappelé que l'article 16-2 l'autorisait "à prescrire toutes mesures propres à faire cesser une atteinte illicite au corps humain".
Si la cour d'appel de Paris confirme cette interdiction, elle ne reprend pas les mêmes arguments que ceux retenus par le juge des référés du TGI de Paris. Elle considère, à la différence du premier juge, que la protection et le respect du corps humain et des dépouilles mortelles n'excluent pas "l'utilisation de cadavres à des fins scientifiques ou pédagogiques". Ce n’est pas la décence qui est invoquée cette fois-ci pour interdire l’ exposition mais l’origine douteuse des cadavres.
Pour mémoire, « Ensemble contre la peine de mort » et « Solidarité Chine », les deux associations ayant demandé l'interdiction de l'exposition, avaient fait référence à l'article 16-1 du Code civil qui prévoit que « le respect du corps humain ne cesse pas avec la mort. Les restes des personnes décédées (...) doivent être traités avec respect, dignité et décence ». Mais elles s'interrogeaient aussi sur l'origine des cadavres provenant de Chine et sur le consentement des donneurs. Les corps ont été fournis par une fondation chinoise située à Hong-Kong dont la crédibilité est mise en doute par plusieurs professeurs de médecine français.
La société Encore Events qui diffuse l'exposition, représentée par son gérant Pascal Bernardin, assure que les corps appartiennent à la fondation "Anatomical sciences & technologies foundation", qui les a obtenus légalement, le donneur ou sa famille ayant donné son accord. Encore Events se prévaut d'une convention pour l'exposition de ces cadavres. Dans ses attendus, la cour d'appel de Paris considère que la société Encore Events n'apporte pas la preuve de "l'origine licite et non frauduleuse des corps litigieux et de l'existence de consentements autorisés". Elle signale que l'auteur de l'attestation établie "n'est pas identifié".
L'exposition se tenait à l'Espace 12 Madeleine, à Paris, depuis le 12 février. Elle a fermé ses portes le lendemain de la décision de justice ordonnant le placement sous séquestre des corps "aux fins de rechercher avec les autorités publiques françaises compétentes une solution conforme au droit de l'inhumation".
La cour d'appel n'a pas maintenu le placement sous séquestre de ces dixsept cadavres, de femmes et d'hommes d'origine chinoise exposés pour certains découpés, d'autres dans des scènes de la vie quotidienne. L'exposition devait être accueillie au Parc floral de Vincennes du 22 mai au 23 août. Près de 120.000 personnes ont visité à Paris cette exposition de corps préservés par plastination, une technique mise au point par Gunther Von Hagens consistant à remplacer les liquides organiques par du silicone. Précédemment présentée en France, à Lyon et Marseille mais aussi à l’étranger, aux Etats-Unis, en Allemagne et en Espagne, l’exposition a été vue par plus de trente millions de visiteurs. Depuis l'ouverture de l'exposition à Paris, Our body/À corps ouvert accueillait dans ses locaux l'association “Don de soi - Don de vie” , association labélisée Grande Cause nationale 2009.
La débat autour de l’exposition a réouvert le questionnement sur les squelettes, ossements divers, momies, reliques, exposés dans les musées ou les églises. Le dernier épisode remontait à 2002, année où la France, après le vote d’une loi spéciale, restituait à l’Afrique du Sud, le corps de Saartjie Baartman, la “Vénus Hottentote”. Ramenée en 1810 comme esclave en Europe par un Anglais, exhibée comme une bête de foire, elle avait servi de cobaye à Georges Cuvier pour justifier sa théorie sur l’existence de races inférieures. Son squelette fut exhibé au Musée de l’homme de Paris jusqu’en 1974.
La polémique a fait aussi redécouvrir le musée Honoré Fragonard, situé dans l’École vétérinaire de Maison-Alfort, dont la fréquentation est montée en flèche. Né à Grasse en 1732, Honoré Fragonard, anatomiste, spécialiste de la conservation des corps, dégage un parfum plus sulfureux que son cousin le peintre Jean-Honoré Fragonard. Inventeur d’une technique encore mystérieuse, consistant à injecter de la résine dans les cadavres après les avoir déshydratés, il présente ses ”écorchés” dans des poses théâtrales, dramatiques. Parmi le millier de spécimens traités par ses soins, vingt seulement ont échappé à la poubelle. Deux de ses chefs d’oeuvre sont visibles au musée de l’École vétérinaire : le “Cavalier de l’apocalypse” et “Trois foétus dansants”.
http://musee.vet-alfort.fr/Site_Fr/index2.htm

    
 
30 avril 2009: Les Petits chanteurs à la Croix de bois interdits de concert, et autres informations musicales.
Le choeur des "Petits Chanteurs à la Croix de Bois" a été interdit de concert par la préfecture de l'Oise, où se trouve le siège social de l'institution, conséquence d'un bras de fer engagé avec l'administration qui veut que les 86 enfants soient rémunérés quand ils se produisent. Depuis 2000, l’association a dû prendre une licence d’entrepreneur de spectacles. Mais "La Drac d'Amiens, qui accorde les licences, ne l'a pas renouvelée sous prétexte qu'on ne payait pas les enfants.Si on doit commencer à payer les enfants, c'est la mort des Petits Chanteurs à la Croix de Bois! Financièrement, nous n'avons ni les moyens, ni l'assise", a expliqué Alain Babaud, vice-président de l'Association des Petits Chanteurs à la Croix de Bois. Selon l'association, son action s'inscrit dans le cadre d'un projet éducatif de formation. «Quatrevingt-dix pour cent du personnel se consacrent à l'enseignement du chant, de la technique musicale et à l'encadrement des enfants scolarisés et logés à la Fondation Eugène-Napoléon, dans le XIIe arrondissement de Paris», ajoute Françoise Grobois, présidente de l’association. Selon elle, les parents des enfants sont également contre le fait de rémunérer les enfants. Le concert qui était prévu à l'église Saint-Vincent de Paul à Paris (Xe) mercredi soir a donc été annulé, mais l'association centenaire avait invité le public à venir la soutenir. (AFP - Le Figaro)
La préfecture du Cher fait savoir dans un communiqué que "Considérant qu'un rassemblement non autorisé est susceptible d'être organisé, qu'aucune manifestation de ce type n'a fait l'objet d'une déclaration préalable en préfecture, le préfet du Cher, Catherine Delmas-Comolli, a signé jeudi un arrêté interdisant tout rassemblement de type rave-party, free-party, teknival dans le département du 30 avril au 5 mai 2009 inclus". Un arrêté a également été pris interdisant "la circulation des poids lourds de plus de 3,5 tonnes sur l'ensemble des réseaux routiers du département pour les véhicules transportant du matériel susceptible d'être utilisé pour la manifestation notamment sonorisation, sound system, amplis.” Chaque année est organisé en France un teknival dans la période du 1er mai. En 2006, il s'était déroulé à Chavannes (Cher), à 30 km au sud de Bourges et avait réuni 82.000 raveurs.
Mercredi 29 avril, un lycéen de vingt ans comparaissait devant le tribunal correctionnel de Toulon pour “outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique”. Le jour de son interpellation, le 17 mars 2009, il marchait dans les rues de Sanary. Casque sur les deux oreilles, il écoutait de la musique sur son téléphone cellulaire. Il marchait et chantait en même temps, plus particulièrement une chanson “enthousiasmante” du groupe de rap Alpha 5.20, parlant de policiers ripoux. Il passa à ce moment devant un commissariat. Pour les policiers, l’attitude provoquante du jeune homme ne fait aucun doute: les paroles étaient insultantes. “La chanson n'est pas interdite” a fait remarquer son avocat. Le prévenu a écopé d’un mois de prison avec sursis et de la non-mention sur son bulletin n°2 du casier judiciaire. (Var-Matin)
Le 26 avril, (Nouvel Obs. com) on apprenait que trois hommes qui écoutaient de la musique dans leur voiture avaient été battus et rasés (la moitié de la tête et les moustaches). Après avoir cassé les cassettes et le lecteur de cassettes, les agresseurs, des talibans de la région de Buner (Pakistan), leur ont ordonné de ne plus jamais écouter de musique.
 
28 avril 2009: Censure et cinéma.
Fidèle à un code d’ éthique puritain, le même qui lui faisait refuser dans les années 80 l’affiche de la pièce de Roland Topor “Le bébé de monsieur Laurent”, l’espace publicitaire métropolitain continue à s’afficher comme un monde à part. Après la pipe-moulinet jaune rajoutée spécialement par Macha Makeïeff pour l’affiche de l’exposition Tati destinée à Metrobus, 1.100 exemplaires de l’affiche du film d’Anne Fontaine (“Coco avant Chanel”), sur les 5.800 imprimées, ont dû être remplacées: l’image d’Audrey Tautou, fixant le badaud, au lit, en pyjama, tout en fumant une cigarette, étant d’un érotisme torride insupportable.
"Nous avons dû nous résoudre à utiliser dans le métro parisien deux affiches de complément, sur lesquelles Audrey Tautou apparaît au côté des acteurs masculins, alors que pour nous, la vraie affiche est celle où Coco Chanel fume dans une pose naturelle qui traduit sa forte personnalité et sa modernité", se plaint le directeur général adjoint du diffuseur Warner, sur Lepoint.fr.
Le sigle RATP deviendra-t-il bientôt synonyme de Régie Anti-Tabac de Paris?
 
     

Cette nouvelle affaire ne saurait dissimuler d’autres actes de censure plus inquiétants, qui limitent l’accès aux films et leur distribution, rendent leur visionnage impossible.
Parmi les nombreux cas relevés depuis janvier 2008 par l’ historien et critique de cinéma Albert Montagne, dans les “notes censoriales” de son “Big Blog”, nous en retiendrons quatre.
 

Johnny Mad Dog”, est une adaptation filmique par Jean-Stéphane Sauvaire du roman “Johnny, chien méchant” du Congolais Emmanuel Dongala. Il a été tourné au Libéria avec d'anciens enfants-soldats qui rejouent leur propre rôle. Durant la guerre civile, ils ont été enrôlés, ont volé, violé, tué. Primé aux festivals 2008 de Cannes (Catégorie Un certain regard, Prix de l'espoir) et de Deauville (Prix Michel d’Ornano, Meilleur premier film français), le film a été interdit en France aux mineurs de 12 ans. Pour sa diffusion au Canada, il a été interdit aux moins de 18 ans !
À noter que la Fondation Johnny Mad Dog créée par J.-S. Sauvaire tente de réintégrer à la vie “civile et urbaine normale” les jeunes acteurs du film, à l’inverse d’Hollywood qui, semble-t-il, aurait abandonné Rubina, la jeune héroïne indienne de l’oscarisé “Slumdog Millionaire”: de retour dans son bidonville, elle aurait été “mise en vente” par son père.
http://www.jmdfoundation.org/
 

Dans un autre genre, “Martyrs” de Pascal Laugier, thriller franco-canadien sortait en septembre 2008 dans les salles françaises. Après une campagne de l’équipe du film contre la censure qui le menacait d’une interdiction aux moins de 18 ans et l’aurait envoyé “en enfer”, le film « bénéficiait » d’une interdiction aux moins de 16 ans, accompagnée d’un avertissement.
Au Canada, la censure décidait de l’interdire au moins de 18 ans; pour compléter le tableau, le distributeur n’avait prévu que trois copies. Finalement, en février 2009, le film sortait en DVD.
http://blogofterror.blogspot.com/2009/03/enfin-debarrasse-de-la-polemique-qui.html
 

"Shunga, images du printemps" est un dessin animé (5’) réalisé à partir d’ estampes japonaises érotiques célèbres ( du 17ème au 19ème siècle) redessinées et mises en mouvement par l'artiste belge Manu Gomez. Il avait bénéficié d’une aide à la promotion de la Belgique et avait été présenté au festival du film d'animation d'Annecy et à celui du “Court en dit Long” de Paris.
Après une nouveau visionnage, la Commission du film, l’organisme de la Communauté française de Belgique qui apporte une aide au cinéma, l’a finalement qualifié de “pornographique”.
Résultat : Shunga se voit refuser officiellement le bénéfice du système des subventions à la diffusion. Il est destiné à des projections privées ou à un public clairement averti. De plus, la Commission précise qu’il ne pourra pas être projeté dans les salles cinématographiques en avant-programme. Déconnecté par You tube, le court-métrage d’animation peut être encore vu (pour combien de temps?) sur http://www.big-annuaire.com/big-video-Estampe.php
 

En février 2009, Geert Wilders, chef du Parti néerlandais d’extrême-droite pour la Liberté (PVV) et député néerlandais, était, sitôt arrivé à l'aéroport londonien d'Heathrow, renvoyé vers son pays pour raison de “sécurité nationale”.
Geert Wilders est aussi le co-scénariste de “Fitna”, un court-métrage “islamophobe” de 15 minutes de Scarlet Pimpenel. Il était venu assister à la projection du film à la Chambre des Lords et participer à un débat.
La presse britannique, unanime, a dénoncé cette atteinte à la liberté d’expression. Le gouvernement néerlandais a regretté cette affaire et a rappellé que tout parlementaire européen doit pouvoir circuler librement dans l'Union européenne. Geert Wilders est poursuivi aux Pays-Bas pour incitation à la haine et à la discrimination envers les musulmans. Menacé d’une fatwa, il est sous haute protection policière. Il a fait appel de la décision du gouvernement anglais.
http://pointdebasculecanada.ca/spip.php?article338
http://albertmontagne.blogspot.com
À lire: L'Histoire juridique des interdits cinématographiques en France (1909-2001) d’Albert Montagne est paru à L’Harmattan en 2007.
 
25 avril 2009: La plainte de la Ville de Cuers contre la compagnie de théâtre de rue Princesses Peluches est classée sans suite.
Le Procureur de la République, près le Tribunal de Grande Instance de Toulon a “classé sans suite” la procédure entamée par la Ville de Cuers contre la compagnie Princesses Peluches pour "dégradation de la voie publique et outrage au drapeau national".
Pour mémoire: l'artiste et auteure, Caroline Amoros, avait été interpellée le 29 mars 2009, suite à une représentation de son spectacle “Kristin” organisée par la ville de Cuers dans le cadre de la "Saison de l'Abattoir". Dans l'attente d'une décision du procureur, toutes les activités de l'association Orphéon avaient été suspendues à Cuers, par décision du maire en date du 4 septembre 2008.
 
24 avril 2009: Interdit d’interdire.

Sallanches, avril 2009, photo Viva Zapata / Rue89
 
23 avril 2009: Représailles à la RAI, le journaliste Vauro Senesi est suspendu à cause de ses dessins sur le séisme des Abruzzes.
Silvio Berlusconi n'a pas apprécié la série de "vignettes" dessinées à l'occasion du tremblement de terre de l'Aquila par Vauro Senesi pour l'émission télévisée "Annozero "de la Rai2. Le chef du gouvernement italien, qui était venu dire aux survivants hébergés sous des tentes de fortune qu'il fallait prendre la situation "comme un week-end de camping" est montré comme un nouveau Néron, jouant de la lyre au-dessus d’une ville en ruines. L'imprévoyance des autorités pourtant alertées par un scientifique, le détournement de l'argent destiné à la reconstruction y sont également critiqués. L'image où l'on voit un fossoyeur devant des cercueils a déclenché une réaction indignée de la direction de la Rai qui, considérant que ce type de dessin offensait le respect dû aux morts et était incompatible avec les devoirs et les missions d'une chaîne de service public, a, le 15 avril, interdit d’antenne son auteur. (Arte)
http://it.wikipedia.org/wiki/Vauro
    

Effondrements.
-Pouvait -on les empêcher?
-Ils étaient trop occupés à empêcher celui de la bourse.

Et maintenant?
La New Town!
    
"Vacances" 
-D'accord, mais la prochaine fois à la mer!
Ce n'est pas le moment de polémiquer.
En  Italie, on respecte toujours les morts...
jamais les normes antisismiques!
 
    
Course aux secours.
Il y a celui qui creuse  pour extraire les victimes...
et celui qui creuse pour enterrer les responsabilités!
Augmentation de volume... des cimetières!
 
22 avril 2009 : La police dans une bibliothèque ou l’art de profiler un lecteur.
À la recherche d’éventuels supports idéologiques justifiant des actes de sabotage, la police judiciaire a visité avec intérêt la bibliothèque du groupe de Tarnac. Un long procès-verbal du dossier d’instruction concernant le “présumé terroriste” Julien Coupat consigne qu’elle comprend cinq mille ouvrages se répartissant en “archives, pensées philosophiques, ouvrages littéraires et histoire des civilisations” mais ne détaille que vingt-sept livres, pour la plupart “gauchistes”. Parmi ces lectures suspectes : Techniques du chaos de Timothy Leary (théoricien du LSD), Books for Burning d’Antonio Negri, Black Blocs, La liberté et l’égalité se manifestent de Francis Dupuis-Déri, (professeur en sciences politiques à l’université de Québec), The Insurrectionnal Project d’Alfredo M Bonanno, Passage à l’acte de Michael Baumman...(Libération)


   
 
21 avril 2009 : Pas de publicité à la télévision pour “Sarkoland”... beaucoup dans la presse et sur le Net.
Le spot publicitaire présentant le DVD du spectacle de l’humoriste Gérald Dahan ne sera certainement pas diffusé par France Télévisions suite à l’avis défavorable de l'Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP), même si cet avis n’est pas contraignant.
Le directeur général de l’ ARPP (ex-Bureau de Vérification de la Publicité) a rappellé que l’article 5 du décret 27 mars 1992 interdit à toute publicité de “heurter les convictions philosophiques, politiques et religieuses du téléspectateur". (...) "On ne peut pas montrer Monsieur Sarkozy dans une publicité. On a déja eu le cas avec le chanteur Cali disant que Chirac était un menteur. On a le droit de le dire dans la vie de tous les jours mais pas dans un espace publicitaire", a-t-il ajouté, évoquant le délai de cinquante ans après la mort d'un homme politique nécessaire pour que puisse être utilisée son image dans le cadre publicitaire.
L’image visible sur la jaquette du DVD “Sarkoland” est identique à l’affiche du spectacle: elle intègre un dessin du président, signé Cabu. (AFP).

 


20 avril 2009: Le lama, icône de la résistance des internautes chinois à la cybercensure.
Depuis le mois de janvier, le lama, variété alpaga, a fait l'objet d'une chanson pour enfants, d'un dessin animé, d'un documentaire animalier écoutés et vus des millions de fois. Il est devenu la mascotte des internautes chinois, un signe de reconnaissance. De nombreux jouets, des peluches, des T-shirts, des billets de banque ou des carte d'identité sont fabriqués à son effigie.
Ce phénomène intervient dans un contexte où les ordinateurs du gouvernement chinois ont repris intensivement la chasse au moindre mot, à la moindre phrase reflétant une pensée déviante, non correcte. Scannant le cyberespace, ils peuvent, en quelques minutes repérer un site ou un blog, le bloquer, l'éteindre en suspendant la connexion. Depuis février, 1500 sites et 250 blogs ont été neutralisés. Parmi eux des sites pornographiques mais aussi des sites (comme bullog.com) , des forums de discussion faisant référence à la Charte 08 qui appelle à la fin du monopole du Parti (unique) chinois. Même des textos envoyés par téléphone cellulaire ont été touchés.
L'apparition en janvier dans un innocent dessin animé pour enfants, sur le portail chinois Baidou, du lama et de ses compagnons est une réponse pleine d'humour aux censeurs, une manière de leur faire passer le message : "Vous voyez, je respecte la loi mais je n'en pense pas moins". On y voit des "lamas" résister victorieusement à l'invasion de leur territoire par des "crabes de rivière". En chinois parlé, le terme "crabe de rivière" sonne à l’oreille comme "harmonie". À force d'être employé dans ses discours par le président chinois Hu Jintao, le mot "harmonie" est devenu pour les internautes synonyme de censure. Ils parlent de courriels "harmonisés" quand ils ont été "censurés" ou "régulés". De son côté, le lama alpaga du dessin animé s’écrit avec l'idéogramme “Cao Ni Ma”. Dans sa prononciation chinoise, “Cao Ni Ma”, qui signifie "cheval de boue et d'herbe" ("grass mud horse") s’entend également comme "Nique ta mère".
Au cas où les autorités chinoises déréférenceraient le mot “Cao Ni Ma” , un internaute propose déjà de le remplacer par “Wang”, un patronyme répandu à des milliards d'exemplaires. Ce qui va compliquer la tâche des robots de recherche. (Michael Wines-Zhang Jing /New-York Times)
http://chinadigitaltimes.net/china/grass-mud-horse/
 
17 avril 2008: Interdiction d’un concert de groupes RAC (Rock anticommuniste) en raison de textes incitant à la haine raciale.
Le 16 avril 2009, la préfecture d’Indre-et-Loire a interdit sur l’ensemble du département le concert de musique RAC prévu à Tours le 18 avril, où
devaient se produire trois groupes français (Bunker 84 de Normandie, Frakass de Lyon, Lemovice de Limoges ) et un groupe anglais (Brutal Attack ).
Dans un communiqué, la préfecture explique "que le répertoire des groupes comporte des paroles et titres de chansons qui constituent des incitations à la haine raciale, l'apologie de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité".
Dans ce contexte, «des troubles à l'ordre public, liés notamment à des risques d'affrontements entre spectateurs et manifestants, sont prévisibles» (Collectif antifasciste37 -Libé Orléans)
 

 
15 avril 2009: Maurice D... (23 avril 1918-14 avril 2009) nécrologie.

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme.
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite...

C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...

Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe.
Ami, si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place.
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute...

Le chant des Partisans, paroles de Maurice Druon et Joseph Kessel, musique Anna Marly (1943)

« Les gens qui viennent à la porte de ce ministère avec une sébile dans une main et un cocktail Molotov dans l'autre devront choisir. » Maurice Druon, ministre des Affaires culturelles (1973).
 
Détourner une image. / Prix Tartuffe / Orpheon     Détourner une image. / Prix Tartuffe / Orpheon


14 avril 2009: Détourner une image.
Depuis les surréalistes, on sait que le métropolitain et les gares sont des univers poétiques, des mondes à part, ayant leur propre logique. La SNCF et la Ratp en donnent une nouvelle preuve. Elles viennent de demander que la pipe dans la bouche de Tati soit retirée de l’affiche annonçant l’exposition à la Cinémathèque française (Jacques Tati, deux temps, trois mouvements, 8 avril - 2 août).
Contrairement aux retoucheurs de photos qui avaient ôté la cigarette de la main de Sartre ou de la bouche de Malraux, la faisant disparaitre, Macha Makéïeff, parente et ayant droit morale de Tati, a choisi de remplacer la pipe, non par une langue de belle-mère mais par un moulin à vent en plastique d’un jaune éclatant.
Belle solution qu’aurait aimé Marcel Duchamp.
Garder une trace de la censure, la signaler, telle peut être la solution face aux censeurs. En rajouter aussi. C’est ce qu’avaient fait en février les internautes chinois: les images de l’incendie de la tour de Rem Koolhaas en plein centre de Pékin ayant été interdites par le pouvoir, ils avaient redoublé d’inventivité et les avaient transmises dans les 24h, pour des images d’un film-catastrophe hollywoodien, grâce à des surimpressions de monstres de science-fiction. (Pierre Assouline / Le Monde)
 
13 avril 2009: Emil Cioran, admirateur d’Hitler ou une jeunesse infâme.
Alors qu’il était considéré par beaucoup comme “l’un des penseurs les plus originaux de notre temps”, Alexandra Laignel-Lavastine (Cioran, Eliade, Ionesco - l'oubli du fascisme, PUF, 2002) et Marta Petreu (An Infamous Past: E.M. Cioran and the Rise of Fascism in Romania, Ivan R. Dee, 2005) avaient laissé plus qu’entrevoir les sources honteuses de l’oeuvre de l’écrivain franco-roumain (1911-1995).
En novembre 1933, boursier de doctorat Humboldt à Berlin, il écrivait à son ami Mircea Eliade « Je suis absolument emballé par l’ordre politique qu’ils ont établi ici.» « Certains de nos amis », disait Cioran à son copain Petru Comarnescu, « croiront que je suis devenu hitlérien par pur opportunisme. La vérité est que j’approuve beaucoup des choses que j’ai vues ici.» Dans différents articles publiés entre 1933 et 1937 dans l’hebdomadaire Vremea de Bucarest, Cioran avait écrit entre autres : « De tous les hommes politiques d’aujourd’hui, Hitler est celui que j’aime et que j’admire le plus.» « L’humanitarisme n’est que de la tromperie de soi-même, et le pacifisme est de la pure masturbation intellectuelle… Ils disent : tu ne dois pas prendre la vie d’un autre… Mais alors je demande: qu’est-ce que l’humanité a à perdre avec la mort de quelques idiots? » « Pour le triomphe de la cause à laquelle il a dédié sa vie entière, un dictateur a le droit d’éliminer quelques créatures qui empêchent l’ascension d’un mouvement pour des raisons purement subjectives… Le national-socialisme avait besoin de sang ».
Trois publications récentes dûes à l’Herne permettent de revenir sur cette tâche originelle, d’accéder à des textes inédits, de mettre en perspective l’oeuvre d’un écrivain désormais aussi controversé qu’ Heidegger: un numéro Cioran des Cahiers de l’Herne, De la France (le dernier livre de Cioran écrit en roumain) et La transfiguration de la Roumanie. Paru en 1936 à Bucarest, La transfiguration de la Roumanie était ressorti en 1990, toujours en roumain, mais amputé par son auteur du quatrième chapitre et de nombreux passages contre les Hongrois, les Tziganes, les Roumains et les juifs. Pour expliquer cette auto-censure, Cioran avait écrit dans la préface: « J'ai considéré de mon devoir de supprimer certaines pages prétentieuses et stupides. » Le livre est publié pour la première fois en français et dans son intégralité. Pour éviter une plainte et une interdiction, l’éditeur prudent a multiplié les avertissements, sur un bandeau, en quatrième de couverture, dans un avant-propos: “C’est en raison de son importance dans le débat historique et dans l’itinéraire intellectuel de Cioran que ce texte a été publié. Certains passages, en raison de leur caractère xénophobe et antisémite pourraient choquer le lecteur. On ne saurait y voir une quelconque adhésion de l’éditeur à ces propos ni moins encore une incitation au racisme et à l’antisémitisme.” (Libération /Le Figaro/Le Point)
 
Volcanique Réunion. Prix Tartuffe 2009 / Orpheon   Volcanique Réunion. Prix Tartuffe 2009 / Orpheon
12 avril 2009: Volcanique Réunion.
La Réunion serait-elle “une île de la tentation”? Les Dyonisiens seraient-ils particulièrement dyonisiaques?
Le 31 décembre 2007, le tribunal de Saint-Denis ordonnait la saisie du magazine Entrevue pour “atteinte à la vie privée” : il avait publié des photos suggestives de la Réunionnaise Valérie Bègue, miss France 2008, léchant un yaourt sur un rocher ou posant sur une croix dans une piscine dans la position du Christ.
Le 18 décembre 2008, le juge des référés du TGI de Saint-Denis condamnait la société “Pardon!” pour “atteinte au droit de l'image” de Carla Bruni-Sarkozy à la suite de la diffusion d'un sac où l'on pouvait découvrir la première dame de France nue. L’image reproduite par "Pardon!" n'est autre que celle prise par Michel Comte en 1993 et vendue aux enchères par Christie's le 10 avril 2008 à un collectionneur chinois pour 57 650 euros. La société réunionnaise qui fabrique des vêtements a été condamnée à verser à l'épouse du chef de l'État, 40.000 euros de dommages et intérêts.
Samedi 4 avril 2009, un homme était interpellé pour “exhibitionnisme” par la police de Saint-Denis. Habillé en hippie, style années 69, il jouait de la guitare dans la vitrine d’un magasin. Seul problème, il n’avait pour pantalon que son instrument de musique et quand il se tournait on pouvait lire sur ses fesses: “Peace and love”. Il s’agissait d’un des comédiens de la compagnie Cacahuète, engagée par l’Office de la Culture de Saint-Denis pour plusieurs représentations de ses spectacles et notamment “Les vitrines”. La compagnie Cacahuète est à l’origine du Prix Tartuffe créé en 2004. (Cf Turbo Cacahuète, l’aventure scandaleuse, éditions A Rachid, 2005)
http://www.linfo.re/Du-nu-dans-la-rue


 


10 avril : L’éditeur de “L’insurrection qui vient” entendu comme témoin par la Sous-Direction de l’Antiterrorisme (SDAT).
Eric Hazan, fondateur de la maison d’édition La Fabrique a été entendu hier pendant plus de trois heures par la Police judiciaire. Celle-ci tente depuis plusieurs mois de prouver que Julien Coupat est l’auteur ou l’un des auteurs du livre “L’insurrection qui vient”.
Immense succès de librairie, plusieurs fois réimprimé depuis sa parution en 2007, diffusé même dans les supermarchés, l’ouvrage publié par La Fabrique est considéré par la SDAT comme ”une pièce à conviction”. Retrouvé à Tarnac dans la bibliothèque de Julien Coupat, ce livre est un des éléments qui permettraient d’étayer selon les policiers les accusations pesant sur le présumé terroriste, et de justifier son emprisonnement. L’avocat de l’éditeur trouve dangereux que «ce livre, qui n'a fait l'objet d'aucune procédure en matière de presse, soit inclus dans une instruction pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. On n'a pas vu ça depuis la guerre d'Algérie».
Fils d’un éditeur d’art, Eric Hazan, écrivain lui-même ("LQR. La propagande du quotidien") a édité notamment à La Fabrique “Le spectateur émancipé” de Jacques Rancière et “Le contrôle de la parole” d’André Schiffrin. ( France-inter / Rue89 / Le nouvelobs.fr)
 
9 avril 2009: Manipulation d’images d’archives sur TF1.
Dans son 20 Heures du 3 avril, pour illustrer l'adoption par le Parlement de la loi Hadopi, la première chaîne montre un hémicycle bondé de députés applaudissant à tout rompre. Problème : seuls 16 élus l'ont votée ! Le médiateur de TF1 a fait son mea culpa, en plaidant une «maladresse». (PC inpact.com)





Ces images ont-elles inspiré aux opposants au projet la stratégie utilisée six jours plus tard? Profitant du faible nombre de députés de la majorité présents dans l’hémicycle, toujours aussi vide, ils sont arrivés en surnombre au moment du vote décisif du 9 avril et ont obtenu le rejet de la loi Hadopi. Définitivement? À suivre.
 
9 avril 2009: Gommer les femmes, un nouveau cas de photo retouchée.
Deux versions de la photographie du nouveau gouvernement israélien, posant autour du premier ministre Benjamin Netanyahu et du président Shimon Peres, prise mercredi 1er avril à Jérusalem. La première (celle du dessus) est la photo officielle, originale. L’ image du dessous parue dans le journal Yated Ne’eman a été retouchée: deux femmes ministres, Limor Livnat et Sofa Landver, ont disparu pour ne pas heurter les lecteurs de ce quotidien ultra-orthodoxe. Leurs places sont occupées maintenant par deux de leurs collègues masculins qui ont été bougés. (New-YorkTimes/The Led, photo Menahem Kahana, via Associated Press)

 
7 avril 2009: La direction du Festival du Printemps de Bourges ne cède pas aux pressions.
L’affaire du rappeur Orelsan laisse des traces (Voir Prix Tartuffe, 27-28 mars). Au fil des réactions qui se sont enchaînées depuis quinze jours, on peut constater l’émergence d’un front moral couvrant tout l’échiquier politique, de la gauche à la droite. Des femmes politiques élues ou membres d’association ont été les premières à monter en ligne pour dénoncer la chanson Sale Pute, demander le retrait de la vidéo en ligne sur
internet, appeller à la déprogrammation du chanteur, menacer de le traîner en justice. Après le Parti communiste, la ministre à la Solidarité, la ministre à la Culture, le Parti socialiste, l’association Ni putes ni soumises, de nouvelles voix se sont faites entendre ces derniers jours. Parmi elles, la Grande Loge Féminine de France, revendiquant l’adhésion de treize mille femmes, appuyée par huit autres obédiences maçonniques, a demandé, dans une lettre ouverte à la ministre de la Culture, "l'application de l'article 24 de la loi de la presse de 1881 prévoyant que toute incrimination de provocation à commettre un crime (viol ou meurtre) ou une atteinte à l'intégrité de la personne, ou une agression sexuelle par tous moyens de diffusion est puni de 5 ans d'emprisonnement et de 45.000 euros d'amende".
De son côté, le président de la région Centre, François Bonneau (PS), a menacé le Printemps de Bourges d’une baisse drastique des subventions si sa direction ne déprogrammait pas le chanteur. Quelques jours auparavant Jean Verdon, président du groupe France nouvelle à la région Centre (ex Front national), avait écrit à François Bonneau pour lui demander si le conseil régional «devait promouvoir, avec l’argent des contribuables, de tels messages de haine».
Rares sont les voix qui défendent le rappeur. Les réactions de la presse, pour se limiter à deux hebdomadaires satiriques emblématiques sont révélatrices. Dans Siné Hebdo, fondé il y a un an suite à acte de censure, la chroniqueuse, très “correcte”, fait la leçon au chanteur, lui rappelle que ce genre de refrains est “une incitation à la haine”. ”Pourquoi s’étonner alors que devant les tribunaux les adolescents violeurs ne comprennent pas au juste ce qu’on leur reproche?”. Dans Charlie Hebdo, poursuivi autrefois pour “les caricatures de Mahomet”, le chroniqueur choisit le second degré, l’ambigüité: il salue ”une injustice artistique criante”, ”une oeuvre capitale”, “la plus belle chanson d’amour”... son texte est accompagné d’un dessin de Cabu où le chanteur est représenté sous les traits d’un hideux “skin head”, membre de l’association des rappeurs cocus, couteau à la main et tatouage au bras “À Jean-Marie”. Parallèlement les annulations de concert commencent. Le 29 avril à Cluses et le 2 avril au Confort moderne de Poitiers. Le communiqué du Confort moderne et de l’association “L’oreille est hardie” restera un modèle de contorsion, reflet d’un terrible cas de conscience. «À l’issue d’une réflexion très pénible, nous avons pris la décision de déprogrammer le concert d’Orelsan” après avoir été «interpellés par des militantes, des femmes, des familles, certaines nous demandant l’annulation» de ce concert. «Comme beaucoup d’acteurs culturels, nous pensons que la liberté d’expression d’un artiste est sacrée. Nous ne pouvons pas la censurer (...) Dès lors, s’est posé le dilemme: censurer une représentation artistique et donc trahir une déontologie professionnelle, y compris en en assumant les conséquences à l’avenir dans nos choix artistiques. Ou maintenir ce concert et amplifier la souffrance déjà exprimée par un geste qui, malgré toute notre science de la communication, ne pourra être considéré par les concernées que comme une provocation supplémentaire.» Dans un tel contexte, la décision de Daniel Colling et de l’équipe du Printemps de Bourges de ne pas déprogrammer le chanteur est singulièrement exemplaire. “En tournée depuis quelques mois, Orelsan n'interprète pas cette chanson sur scène et nous avons l'assurance qu'elle ne sera pas chantée au Printemps de Bourges", écrit l'organisateur. Il souligne qu'en déprogrammant le rappeur, le Printemps de Bourges "ferait un acte de censure et de sanction vis à vis d'un artiste, qui plus est pour des actes ou textes qui sont étrangers au Festival"."Aussi scandaleux et odieux que soit le texte de cette chanson, le Printemps de Bourges estime qu'il n'a pas à être complice d'un véritable tribunal populaire qui tente de se substituer à la justice dans un État de droit", poursuit le texte, qui note que le clip n'a fait l'objet depuis deux ans "d'aucune mesure d'interdiction". Enfin, l'équipe de la manifestation se dit "très perplexe de voir qu'un président d'une collectivité publique, sans en avertir le festival, puisse à travers un communiqué de presse conditionner une subvention à une sanction contre un artiste". (AFP - Le Monde -Libération)
 
1er avril 2009: Péripéties de la cyberguerre sur Internet.
Dans l’attente des résultats du débat à l’Assemblée nationale autour du projet Hadopi (légaliser la pénalisation d’ un internaute en le déconnectant) la guerre des sites continue.
Le site jaimelesartistes, réalisé par l’agence L’inconscient collectif pour le compte du ministère de la culture, vient de redevenir visible après avoir été plongé dans le noir pendant quinze jours suite à des attaques. (Voir Prix Tartuffe, 18 mars 2009)
- Le reportage de France 3 Centre sur le passé d’Hervé Novelli, membre du groupe d’extrême droite Occident dans sa jeunesse, actuel secrétaire d’État pour le commerce, a été retiré du site de la chaîne publique (Voir Prix Tartuffe, 22 mars 2009) et de Dailymotion. Le site Médiapart a répliqué en mettant en ligne un document prouvant que H. Novelli avait aussi été membre du Front national (carte d’adhérent n°2524)
- Dans le conflit opposant le gouvernement aux enseignants-chercheurs, le ministère de la Recherche a dépensé des dizaine de milliers d’euros pour acheter des “mots clés” à Google et apparaître en premier, en haut de la liste des référencements: “Quand l’internaute tape enseignant-chercheur, il tombe droit sur le site officiel du ministre.” (Le Canard enchaîné)
- Aujourd’hui quatre journalistes (deux de Rue89 et deux de France3) sont entendus par la Police Judiciaire qui enquête pour savoir qui a réalisé les images de la vidéo du président de la République, mises en ligne sur le site de Rue89: on y voit le Président, filmé hors antenne, avant son interview au “19/20” de France 3 du 30 juin 2008. France 3 a porté plainte “pour vol, recel et contrefaçon” de cassette.
http://www.rue89.com/2009/03/30/aubry-bayrou-besancenot-villepin-soutiennent-rue89
 
30 mars 2009: Les films pornos loués sur internet par son mari compromettent l’avenir politique de la ministre de l’Intérieur (britannique).
Suite à l’enquête du Sunday Express révélant qu’elle avait obtenu le remboursement d'une note de frais incluant la location de deux films pornos effectuée par son mari, la ministre britannique de l'Intérieur Jacqui Smith se trouvait dans une situation périlleuse dimanche 29 mars. Les films classés X auraient été visionnés alors qu'elle était absente de son domicile de Redditch, a précisé un porte-parole, soulignant que la ministre était “très en colère” contre son époux. Ce dernier, Richard Timney, est aussi son assistant parlementaire, ce qui est autorisé en Grande-Bretagne. (AFP)
 
29 mars 2009: Il y a un an, la ville de Cuers passée à l’Axion.

29 mars 2009: Il y a un an, la ville de Cuers passée à l’Axion
Photo : G P

Le 29 mars 2008, début d'une série d'actes contre la culture, la nouvelle municipalité entamait son mandat en caviardant "au goudron" un spectacle de rue puis en portant plainte contre l'artiste pour "dégradation de la voie publique et outrage au drapeau national".
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2623

début d'une série d'actes contre la culture
Photo : Pascal Fayeton
 
28 mars 2009: Christine Albanel, le PS... contre le rappeur Orelsan
Les réactions contre la chanson “Sale pute” se multiplient. Hier, suite à l’intervention de la ministre de la culture, Christine Albanel, qui avait demandé le retrait du clip des plates-formes de partage de vidéos, Dailymotion et Youtube ont limité l'accès au clip d’Orelsan. Pour le visionner, les internautes doivent s'enregistrer en donnant une adresse électronique et confirmer avoir au moins 18 ans.
Le Parti socialiste a dénoncé lui-aussi vendredi un "texte scandaleux aux propos odieux", une "apologie à la violence". Il a demandé que la vidéo soit retirée des sites internet et que son auteur soit déprogrammé du Printemps de Bourges.
L'association Ni putes ni soumises a demandé la déprogrammation d'Orelsan du Printemps de Bourges, en menaçant d'appeler à un boycott du festival en cas de refus.
Les organisateurs du festival ont répondu que l'artiste ne serait pas déprogrammé, car sa prestation n'inclura pas cette chanson.
Valérie Létard, secrétaire d'État à la solidarité, a déclaré soutenir les associations qui souhaitent se constituer partie civile et porter plainte contre le rappeur. (AFP- Le Monde- Libération)
 
27 mars 2009: Pressions du PCF et du gouvernement pour faire interdire une chanson du rappeur Orelsan “incitant à la haine et à la violence contre les femmes”.
Le même jour (26 mars), Marie-George-Buffet, Laurence Cohen (Parti Communiste Français) et la secrétaire d'État à la solidarité Valérie Létard
ont pris position dans deux communiqués visant à censurer un texte du chanteur Oreslan.
Marie-George Buffet et Laurence Cohen (PCF) ont demandé au directeur du Printemps de Bourges, Daniel Colling, d'intervenir pour que le rappeur, invité au festival, n'y interprète pas sa chanson "Sale pute". Nous ressentons ce texte comme une incitation à la haine et à la violence à l'égard des femmes (...) Les termes employés sont de nature discriminatoire, donnant des femmes une image particulièrement dégradante et justifiant tous les crimes à leur égard (...). Ils poussent à accréditer l'idée que l'homme peut exercer droit de vie et de mort sur une femme, à partir du moment où il entretient une relation suivie avec elle."Elles ont rajouté: "profondément attachées à la liberté de création, nous le sommes tout autant au respect des individus"
Les organisateurs du Printemps de Bourges ont annoncé que le rappeur Orelsan, ne jouerait pas cette chanson, qu'ils jugent "inacceptable", lors de sa prestation le 25 avril dans le cadre du festival.
De son côté, Valérie Létard a appelé "à la responsabilité des dirigeants des sites de vidéo en ligne pour qu'ils retirent immédiatement le clip incriminé du rappeur (...) Alors qu'en France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon, ce texte est une véritable incitation à la haine, à la violence voire au meurtre envers les femmes. Les mots employés sont discriminants et ignobles"
Le texte ”Sale pute” raconte la violente crise de jalousie, de dépit, la souffrance d’un jeune homme qui vient de découvrir sa petite amie dans les bras d’un autre. Elle s’exprime sous la forme d’un courriel écrit à chaud, adressé à la jeune femme, dans lequel il y verbalise sa douleur : “J’ai la haine j’rêve de te voir souffrir bébé”. Le clip est précédé d’un avertissement “Certaines paroles de cette chanson peuvent heurter la sensibilité de personnes ayant commis l’adultère.” Qu’en pense le pape Benoît XVI? (AFP)
http://www.youtube.com/watch?v=_U7V9oZPTWY
 


26 mars 2009: Strasbourg sous surveillance renforcée à quelques jours du sommet de l’OTAN.

Les 3 et 4 avril prochains, le sommet du 60ème anniversaire de l’OTAN se tiendra à Strasbourg et dans les villes allemandes voisines de Kehl et
Baden-Baden. Il sera marqué par le retour de la France au sein de cette organisation politico-militaire impulsée par les États-Unis pour faire face à une éventuelle attaque russe. Vingt-huit chefs d’État et de gouvernement seront présents, dont Barack Obama. Sont aussi attendus pour un contresommet entre 30.000 et 60.000 manifestants de quelque 500 collectifs de 23 pays. Les mesures de sécurité sont de plus en plus drastiques: réintroduction des contrôles aux frontières intérieures par exception au principe de la libre circulation dans l’espace Schengen du 20 mars au 5 avril, mise en place de déviations routières sur les liaisons de proximité, régionales ou transnationales, délimitation en centre-ville de zones de sécurité rouge et orange avec accès réservé aux porteurs de badge, suspension de la distribution de courrier, mise hors service des boîtes aux lettres de la Poste, fermeture de certains établissements scolaires, plaques d’égout scellées, installation de 5000 barrières Vauban prêtées par la préfecture de Paris, etc.
11 000 policiers et gendarmes vont être déployés à Strasbourg, dont 85 unités mobiles de maintien de l'ordre - 45 compagnies de CRS sur la soixantaine que compte la métropole et 40 unités de gendarmes, dont certaines rappelées de Guadeloupe -, des effectifs du renseignement, de la police judiciaire, des brigades fluviales, des laboratoires de police scientifique ambulants. Batteries anti-aériennes, murs anti-émeutes, blindés sont prévus. Il y aura même la Garde républicaine avec 75 chevaux! Trois PC de sécurité seront mis en place. Jamais, pour l'organisation d'un grand événement, le dispositif de sécurité n'avait atteint ces proportions.
C’est dans ce contexte que deux policiers se sont rendus au domicile de Christian Grosse, membre du secrétariat local du PCF et du collectif anti-OTAN pour exiger que le drapeau arc-en-ciel portant l’inscription “Pace - No to Nato” qui était accroché en façade soit retiré. Cer acte, qui ne semble pas isolé, est une atteinte à la liberté de manifestation et d’expression, il ne repose sur aucun fondement juridique. (AFP / Rue89 / Le Monde)
http://www.bas-rhin.pref.gouv.fr/site/Sommet-OTAN-362.html
http://www.otan-non.org/

   

 
25 mars 2009: L’omniscience du HERISSON.
EADS a remporté le marché du projet HERISSON - pour “Habile Extraction du Renseignement d’Intérêt Stratégique à partir de Sources Ouvertes
Numérisées
” - lancé par la Délégation générale pour l’armement (DGA). Elle a trois ans pour réaliser un prototype capable d’accéder et de collecter tout ce qui est diffusé dans les médias en ligne et de gérer notamment tous les contenus transitant via IRC, mailing-list, forums, p2p, etc., dans un large éventail de formats (vidéo, audio, images, texte), et de protocoles (POP3, FTP, etc.).Le porte-parole de la DGA se veut rassurant: “On exclut tout ce qui concerne la sphère privée. Ca n’a rien à voir avec Echelon comme j’ai pu le lire...Par ailleurs, il n’y a aucune forme de hacking. Il n’est pas question de pirater des sites ou de rentrer dans des systèmes.”(PC Impact / Ecrans.fr)
http://www.pcinpact.com/actu/news/49822-systeme-herisson-surveillance-dga-echelon.htm
 
25 mars 2009: Dieudonné en Belgique - Hervé Déon, suite.
Lundi 23 mars, le Conseil d'État, plus haute juridiction administrative belge, a cassé la décision du maire de Saint-Josse d'interdire un spectacle de l'humoriste controversé français Dieudonné qui doit avoir lieu dans sa commune ce jour. (Voir Prix Tartuffe, 19 mars 2009). Le Conseil d'État a estimé que "le collège des bourgmestres et échevins n'a pas reçu pour mission de veiller préventivement à la correction politique ou morale, voire pénale, des spectacles et moins encore à celle, supposée, des artistes qui en donnent la représentation". Il a estimé que l'importance de la communauté étrangère de Saint-Josse - quelque 153 nationalités, que le maire avait invoquée dans sa décision - ne justifiait pas l'interdiction du spectacle. Le Conseil a aussi rappelé que des propos qui tomberaient sous le coup de la loi anti-racisme pouvaient donner lieu à des poursuites répressives, non à une mesure préventive de police. (AFP)
Mardi 24 mars, la cour d'appel d'Angers a confirmé la peine de 30 euros d'amende avec sursis pour "offense au chef de l'État" contre le militant de gauche Hervé Eon qui avait brandi une affichette portant l'inscription "Casse-toi pov'con" devant la voiture de Nicolas Sarkozy le 28 août dernier à Laval. La cour souligne que Hervé Éon avait préparé son acte et délibérément brandi son affichette au passage du cortège présidentiel. Hervé Éon a déclaré que ce procès "est un combat politique pour l'abrogation du délit d'offense" et qu'il allait se pourvoir en cassation. Pour rappel, en février, une jeune truie qui devait participer au Salon de l’agriculture 2009 , sous le nom de "Casse-toi, pov' con", en référence aux propos tenus au même endroit par le chef de l’État le 25 février 2008, avait été rebaptisée d’autorité “Camomille" par les organisateurs. “On ne fait pas de politique au Salon de l'agriculture", avaient-ils expliqué au propriétaire de l’animal, un éleveur du Calvados.
(Le Point)
 

24 mars 2009: “L’Origine du monde” ... nouveaux rebondissements.
Alors que paraît la quatrième édition de “L’Origine du monde. Histoire d’un tableau de Courbet” dans laquelle l’auteur, Thierry Savatier, révèle que la jeune femme pourrait être enceinte, cinq exemplaires d’un livre ont été saisis à la foire du livre de Braga (Portugal). Intitulé Pornocratie, l’ouvrage avait le tort de reproduire en première de couverture le célèbre tableau de Courbet, peint en 1866, exposé actuellement au musée d’Orsay. Le responsable de la Police de sécurité de Braga a expliqué que ses hommes étaient intervenus à la demande des parents d'un groupe d'enfants dont cette image avait attiré l'attention. Les autorités portugaises qui ont saisi les livres auraient agi "non pas par censure mais pour éviter des accrochages" entre les parents et les libraires. (AFP/ Le Point / Philippe Dagen in Le Monde / Honoré in Charlie Hebdo)
 



23 mars 2009: “Reviens, Pauvert, ils sont devenus pleutres!”

Bernard Joubert, auteur du monumental Dictionnaire des livres et journaux interdits, prix Tartuffe 2007, répondait dans la revue Bibliothèque(s) (n°41-42, décembre 2008 ) à la question, la censure est-elle efficace?: “ Quand on liste tout ce qui mobilisait les censeurs il ya cinquante ans, leur lutte contre la bande dessinée, les romans policiers, la “propagande sexuelle”, les ouvrages licencieux...Quelle débâcle! Au-delà du court terme, ils ont totalement échoué.”
Il poursuivait : “ Ces dernières années sont marquées par un fort penchant à l’autocensure. Celle-ci a toujours existé, bien sûr, mais était justifiée par le fait que la censure était réellement très active par ailleurs (...) Aujourd’hui, phénomène nouveau qui a pris de l’ampleur cette dernière décennie et qu’il faut combattre si on aime les livres et la liberté, la censure est devenue un épouvantail que des cabinets d’avocats agitent pour qu’on fasse appel à leurs services de lectures.”
Dans L’Exciseur de livres, article paru avec un dessin de Berth le 18 mars 2009 dans Siné Hebdo, il renouvelle ses attaques, désignant nommément l’avocat Emmanuel Pierrat. ”Il coupe des scènes sexuelles ou y change l’âge des personnages, édulcore des violences, châtre, excise.” Il rapporte l’expérience de l’éditeur Lionel Hoëbeke qui dernièrement avait soumis à l’expertise du cabinet Pierrat, l’anthologie Hara-Kiri, les belles images: ”La liste de ce qu’il fallait supprimer était tellement longue, qu’il n’y aurait eu plus de livre.”
Emmanuel Pierrat, "avocat du diable" comme il aime se présenter dans son livre "Le bonheur de vivre en enfer" (Maren Sell, 2004) a commencé "sa carrière d'hommes de lettres en réécrivant les livres des autres". Son but: éviter "les gigantesques catastrophes" qu'ont été L'affaire Yann Piat ou Le grand Secret, retirés par les juges quelques jours après leur mise en vente. Il est l'un des onze auteurs de l’ouvrage “Le livre noir de la censure”, prix Tartuffe 2008. (Voir Prix Tartuffe, 5 mai 2008) À suivre.
 
22 mars 2009: France 3 Centre attaquée en diffamation par Hervé Novelli, secrétaire d’État.
Hervé Novelli, secrétaire d'État chargé du commerce, des Pme, du tourisme, de l'artisanat et des services avait prévenu la presse. Candidat en campagne pour l'investiture UMP aux régionales du Centre, il ne tolère plus que l'on rappelle son passé de militant de la droite extrême. Ni ses liens avec la très puissante union des industries et métiers de la métallurgie (IUMM). Il a décidé de poursuivre pour diffamation la chaîne de télévision France 3 Centre suite au reportage diffusé le 18 mars dans le journal télévisé régional. Après sommation, il a obtenu que la chaîne retire le reportage de son site internet. Le secrétaire d’État arrivera-t-il à le faire disparaitre de Dailymotion?
(Libé-Orléans, 13-19-20 mars 2009)
http://www.dailymotion.com/video/x8qgil_enquete-de-france-3-sur-le-passe-dh_news
 
20 mars 2009: Les créationnistes turcs censurent Darwin.
À l’occasion du 200ème anniversaire de la naissance de Darwin, la revue mensuelle turque Bilim ve Teknik avait préparé pour son numéro de mars un dossier spécial de quinze pages consacré à la théorie de l'évolution des espèces. L'article a été supprimé, remplacé à la dernière minute par un sujet sur le dérèglement climatique, la rédactrice en chef a été licenciée.
Depuis août 2008, le Tübitak, haut conseil scientifique éditeur de la revue, ne fonctionne plus de manière indépendante. Rattaché à l’actuel gouvernement “islamo-conservateur”, il est supervisé par Mehmet Aydin, ancien professeur de théologie, ministre d'État également chargé des
affaires religieuses. Cette censure caractérisée intervient dans un pays où le créationnisme a fait son apparition dans les manuels scolaires en 1985, où des groupes de pressions islamistes mènent depuis plusieurs années une offensive anti-Darwin. Le plus connu est celui d’Adnan Oktar (Harun Yahya) auteur d'un luxueux Atlas de la création, envoyé en 2007 à des milliers d'exemplaires en Europe. En France, le ministère de l’Éducation nationale a demandé le retrait de cet ouvrage de tous les centres de documentation des établissements scolaires à qui il avait été offert. Oktar s'offre des pages de publicité dans les journaux, mène régulièrement des procès pour faire interdire par les tribunaux turcs les publications ou sites internet critiquant ses positions créationnistes: c’est le cas du site de l'éthologiste britannique Richard Dawkins, fermé depuis septembre 2008. (Le Monde - Actualitté - Acturca - Le Nouvel Obs - Le Figaro -)
 
19 mars 2009: Dieudonné, humoriste indésirable.
Depuis le 28 décembre dernier, suite au tollé qu’il avait déclenché en invitant sur la scène du Zénith de Paris le négationniste Robert Faurisson (voir Prix Tartuffe, 2 janvier 2009) Dieudonné accumule les annulations de son spectacle/conférence “Liberté d’expression”. À Dunkerque, le Casino vient d’expliquer que "la société de production n'a pas communiqué le programme et les horaires définitifs de la manifestation". À Belfort et Besançon, le service juridique de Novotel, où il devait jouer, a estimé qu'il s'agissait juridiquement non pas de "conférences", comme le prétendait l'organisateur, mais plutôt de "spectacles" nécessitant une licence d'organisateur de spectacles. À Saint-Josse (Belgique) le maire a invoqué le maintien de l'ordre public: “Les idées antisémites et les positions liées notamment au discours de l'extrême droite française apparaissent comme difficilement tolérables à Saint-Josse et risquent d'engendrer des débordements d'une teneur difficile à appréhender". Plus petite commune de la région de Bruxelles-Capitale (un kilomètre carré), Saint-Josse est aussi, avec ses 24.000 habitants, la plus densément peuplée. 40% des habitants y ont moins de 25 ans et 153 nationalités s'y côtoient. C'est aussi la commune la plus pauvre de Belgique. À Belfort et Besançon, privé de salle où se produire, Dieudonné avait contourné la difficulté en donnant sa "conférence" dans un car. (AFP)
 
j'aime les artistes...
 
18 mars 2009: Vendredi noir pour un site du ministère de la Culture.
Le site http://www.jaimelesartistes.fr, lancé en octobre dernier par le ministère de la Culture pour sensibiliser les jeunes aux conséquences du téléchargement illégal a dû fermer vendredi 13 mars, suite aux attaques d’opposants au projet Hadopi. Les contestataires déclarent eux aussi aimer les artistes mais “...pas les majors”. Ils considèrent le projet du gouvernement “liberticide” et demandent la démission de la ministre de la Culture. La rapporteuse pour avis du texte internet en cours d'examen au parlement a déclaré: "Dans une démocratie, il est sain que chacun puisse exprimer son opinion mais priver de parole un ministère par des actes délictueux est une atteinte grave à la démocratie."(...)"Ces actes liberticides sont proprement inadmissibles. Ils bafouent le droit pour les citoyens d'être informés sur les projets gouvernementaux. Ils bafouent la liberté d'expression...". Le site était toujours inaccessible ce mercredi matin.
Lors de la discussion sur la loi DADVSI, le site lestelechargements.com, monté par le ministère de la Culture avait subi le même sort, disparaissant au bout de 24 heures après une explosion des serveurs. L'examen du projet de loi "Diffusion et protection de la création sur internet" à l'Assemblée nationale s'est interrompu jeudi 12 dans la soirée. Il doit reprendre le 31 mars. (AFP - Le Point.fr)
 
 


17 mars 2009: Cybercensure... même dans les démocraties.
Le 12 mars 2009, lors de la première journée mondiale contre la cybercensure, Reporters sans frontières a publié un rapport intitulé “Les Ennemis d’Internet”, dans lequel l’organisation fait état de la censure d’Internet dans vingt-deux pays. “Les douze “Ennemis d’Internet” (Arabie Saoudite, Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Egypte, Iran, Ouzbékistan, Syrie, Tunisie, Turkménistan, Viêt-nam) ont tous transformé leur réseau en intranet, empêchant les internautes d’accéder aux informations jugées “indésirables”. Tous ces pays s’illustrent non seulement par leur capacité à censurer l’information en ligne, mais encore par la répression quasi systématique des internautes "gênants", a déclaré l’organisation.
Dix gouvernements, que Reporters sans frontières a placés “sous surveillance”, ont également adopté des mesures inquiétantes susceptibles d’ouvrir la voie à des abus, parmi eux des pays démocratiques comme l’Australie. Depuis 2001, la loi austalienne permet à une organisation indépendante du gouvernement d’intercepter tout courriel suspect, de mener des enquêtes indépendantes y compris en l’absence d’autorisation judiciaire préalable, de fermer des sites. Actuellement, elle a bloqué 1300 sites et 10 000 autres sont visés. Le Parlement australien étudie un projet de loi exigeant des fournisseurs d’accés à internet qu’ils créent systématiquement deux connexions par foyer, l’une étant réservée aux adultes, l’autre aux enfants, toutes deux étant soumises à un filtre sévère et secret: il s’agit d’écarter tout contenu “inapproprié”, au nom de la lutte contre la pédo-pornographie et la diffamation et pour la défense du droit d’auteur.
Non seulement le Réseau est de plus en plus contrôlé, mais de nouvelles formes de censure apparaissent aussi, reposant sur la manipulation de l’information. Commentaires téléguidés déposés sur des sites Internet très consultés et piratages informatiques orchestrés par des gouvernements censeurs brouillent l’information sur Internet”, a ajouté Reporters sans frontières.
http://www.rsf.org/IMG/pdf/Les_ennemis_Internet_2009_2_.pdf
La France n’est pas à l’abri de dérives inquiétantes. Lors de l’actuel débat au Parlement sur le projet de loi “Création et internet” (Hadopi), la ministre française de la culture maintient sa position rendue publique en octobre 2008: “Le fait d’être privé de connexion internet ne constitue pas une privation d’une liberté fondamentale”. Le projet prévoit aussi le filtrage des accès publics internet wi-fi via une liste blanche des sites « utiles à la vie économique, culturelle et sociale du pays ».
http://www.laquadrature.net/fr/hadopi-sessions-passees-a-lassemblee-nationale
D’autre part, le 5 janvier 2009, la proviseure du lycée Paul-Doumer du Perreux-sur-Marne, a reçu la visite de deux agents issus de la SDIG (Sousdirection de l'information générale, issue des Renseignements généraux). Les policiers ont demandé les dossiers scolaires de deux adolescents qui, sur leur blog, avaient appellé à manifester contre la réforme Darcos. Le Sicop, service en charge de la communication de la police, a déclaré : « L'attention de ces agents s'est portée sur ce blog car tout ce qui touche aux manifestations et à la sécurité publique entre dans leur champ de compétences. Leur intervention s'inscrit dans le cadre de leurs missions habituelles de surveillance et de suivi des mouvements de manifestations. » (Rue89)
 
16 mars 2009: Censure et théâtre dans les années 1970.
Désormais toutes les chroniques dramatiques de Renée Saurel, parues dans Les Temps modernes entre 1952 et 1984, sont disponibles en cédérom (pour se les procurer écrire à sipissarro@free.fr). Conjointement, une sélection de ces textes critiques vient d’être réunie sous le titre “Le Théâtre face au pouvoir” (L’Harmattan, 2008). En voici quelques citations, autour du thème de la liberté d’expression.
Suite à l’interdiction en décembre 1968 d’une pièce d’Armand Gatti au TNP, Renée Saurel écrit: “Les rapports entre la Culture et l’État apparaissent sous leur vrai jour: il devient évident que le mot subvention signifie sujétion et que culture est synonyme de mise en condition”. (janvier 1969) “Il suffit de faire attendre pour ne pas avoir à interdire. La censure économique tue proprement, sans laisser de traces. Il suffit que le ballon d’oxygène n’arrive pas à temps.” (mai 1970)
Il n’existe aucune censure officielle, il est vrai. Mais une forme de censure, autrement plus discrète, autrement efficace sévit en permanence: la censure économique. Elle étouffe, asphyxie, tue le germe et de façon subtile. On est libéral, on ne se donne pas le ridicule de refuser tout net une aide à une troupe dont l’activité n’est pas le goût du pouvoir. On se contente de lui dénier les moyens normaux de sa croissance.” (mars 1973)
Le 27 septembre, vers 6 heures du matin, deux cents CRS renforcés de Gardes mobiles et d’inspecteurs des RG encerclent le local (...) S’agit-il de donner l’assaut à de dangereux gangsters, à des promoteurs véreux, à de gros bonnets de la drogue? Non, il s’agit de déloger les musiciens de Annecy-Jazz-Action et les comédiens du Théâtre éclaté ...”(décembre 1973)
Qui oserait affirmer que la discrimination politique n’influe pas sur la rigueur des interventions de l’URSSAF à l’encontre des compagnies qui n’ont pas versé le montant des cotisations dans les délais légaux? (...) On a vu de même, l’État se servir des règlements (très nécessaires) de la sécurité-incendie, imposant soudain de trop coûteux travaux pour camoufler la censure politique...” (mai 1977).
 
14 mars 2009: Lire “Saga”, une pièce de Tonino Benacquista.
Pour boucher un trou dans sa grille des programmes du matin, une chaîne de télévision engage quatre scénaristes pour concevoir le feuilleton “le moins cher du monde”. À condition de respecter différentes contraintes (durée de 52 minutes, trois coupures publicitaires, aucune scène d’extérieur, trois décors au maximum, huit personnages, pas plus de quatre par épisode), une liberté totale d’expression leur est garantie. Suite au succès grandissant, la série passe du créneau 9h à celui de 19h. Quand un soir, en prime-time, Saga fait exploser l’audimat, le directeur des programmes réunit son équipe. “Ceux qui nous gouvernent et dont le rêve serait de fédérer dix-sept millions d’individus ont appellé la chaîne pour savoir qui vous étiez, et ce que vous aviez l’intention d’écrire par la suite (...)Ils ont suggéré quelques idées (...) Plus personne ne fait confiance aux politiques, plus personne ne les écoute (...) Aujourd’hui pour faire passer les idéologies, on ne peut plus compter que sur la fiction (...) Ils aimeraient qu’on procède à quelques ajustements. Et le premier qui prononce le mot de censure aura affaire à moi! Pour nous résumer: désormais chaque scénario devra passer en comité de lecture avant d’être tourné.” (Saga, Le Manteau d’Arlequin / Gallimard, 2008, est une adaption théâtrale par l’auteur de son roman “Saga”, 1998, publié en Folio)
 

11 mars 2009: Exposition “Controverses” à la BNF ou lire les photos.
L’exposition “Controverses” comme son sous-titre l’indique propose une histoire de la photographie abordée sous l’angle à la fois juridique et éthique. Ce ne sont pas des raisons esthétiques qui ont motivées le choix des 80 photographies présentées. Réalisées entre 1840 et 2008, elles ont toutes comme point commun d’avoir soulevé des questions, déclenché des polémiques. Les débats se sont souvent terminés par des procès, qui ont ainsi créé progressivement une jurisprudence.
Dès la naissance de la photographie, Hippolyte Bayard est contraint de se battre contre Daguerre pour faire reconnaître la paternité de l’invention et la spécificité de son procédé (premiers tirages sur papier). Nadar, Mayer et Pierson vont aller devant les tribunaux pour faire reconnaître leur statut d’artiste, leur droit d’auteur: ce nouvel art “mécanique” et reproductible entraîne de nombreuses contrefaçons et n’incite pas au respect de la propriété intellectuelle.
Dans certains cas, son formidable pouvoir d’enregistrement du réel va servir de preuve, dans d’autres il va être utilisé pour des manipulations, de la propagande.
Photos à l’appui, Charlie Chaplin gagne son procès contre l’acteur Charles Amador qui apparaît dans un film dans un costume “à la charlot” sous le pseudonyme de Charlie Aplin. Les images de détenus irakiens torturés par des soldats américains dans la prison d’ Abou Ghraïb vont instantanément en 2004 crédibiliser des témoignages connus depuis 2002 et confirmer la rumeur.
Auxilliaire de vérité, la photographie, inversement, est à l’origine de nombreux faux. Le tirage tardif ou posthume de photos de Man Ray, Lewis Hine vendues comme des originaux à des collectionneurs spéculateurs en est l’un des aspects, le moindre. Il en va autrement de certaines pratiques qui entraînent interrogations, suspicion. Le baiser de l’Hôtel de Ville (Doisneau, 1950) qui paraissait “instantané” est le résultat d’une pose, d’une mise en scène. En est-il de même de la photo de Robert Capa saisissant la mort d’un combattant républicain espagnol (1936) ou de celle de la NASA montrant Buzz Aldrin marchant sur la lune (1969)? Le doute n’existe pas dans certains cas de “bidonnage” grossier, où l’on peut comparer la copie à l’original. Du gommage de la cigarette de Jean-Paul Sartre, en passant par l’ effaçage de la bague Chaumet du doigt de Rachida Dati à la suppression d’un homme sur les photos de Staline, les degrés d’altération du sens de l’image sont plus ou moins graves. Dans tous les cas, ces modifications traduisent chaque fois une volonté de réécrire l’histoire, de cacher ce que l’on ne veut pas donner à voir.
Ce désir d’une image positive, valorisante, contrôlée est l’occasion de nombreux conflits entre la liberté d’expression du photographe et l’individu ou la société photographiés. La justice donne raison à Luc Delahaye qui a fait une série de portraits dans le métro (L’autre, 1999) sans que les personnes en face de lui en aient eu conscience. La société Mattel, propriétaire de Barbie, dépense 2, 1 millions de dollars pour faire condamner, en vain, Tom Forsythe qui a photographié (1998) la poupée dans des situations dégradantes. En Italie, sous la pression du pape et du Vatican les autorités interdisent la diffusion d’ une image d’Olivero Toscani (1992) montrant un prêtre vêtu de noir qui embrasse une nonne vêtue de blanc.Le 24 octobre 2008, la police française, s’appuyant sur l’ article 227- 24 du code pénal, saisit à la FIAC des photos de l’artiste russe Oleg Kulik.
L’article stipule que “ le fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine, soit de faire commerce d'un tel message, est puni de trois ans d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende lorsque ce message est susceptible d'être vu ou perçu par un mineur”. “Controverses” jusqu’au 24 mai 2009 à la Bibliothèque Nationale de France, Paris.



Sur la première photo (années 30) Staline à Moscou ,en compagnie de Voroshilov,
Molotov et Iejov. Sur la deuxième photo, retouchée, (années 40), Iejov a disparu.
In Controverses (Actes Sud, 2008) page 95.

 
10 mars 2009: Surveiller les surveillants, suite.
Pour la neuvième année consécutive, les Big Brothers Awards France préparent leur traditionnelle Orwell Party, au cours de laquelle sont remis leurs fameux prix sanctions. La cérémonie aura lieu le samedi 4 avril 2009 à la Parole Errante / La Maison de l’Arbre de Montreuil-sous-Bois (93). Plus que quelques jours pour remplir un formulaire en ligne et nominer ceux dont vous avait été victime ou ceux que vous avez repérés dans la presse et dans votre environnement. Un jury composé d’une dizaine de professionnels attachés à la défense des libertés et de la vie privée aura à charge de choisir pour chaque catégorie — Etat & élus, Localités, Entreprises, Novlangue, Ensemble de son Oeuvre — les cinq Prix Orwell qui sanctionneront les candidats qui se seront le mieux distingués par leur goût immodéré pour le contrôle et la surveillance de leurs contemporains et leur déni des libertés fondamentales. Il décernera également un Prix Voltaire à ceux qui résistent et dénoncent les grands et petits brothers.
http://bigbrotherawards.eu.org/Edition-2009-les-nominations-sont-ouvertes.html
 
9 mars 2009: Relaxe ! ou de la liberté d’expression à Lyon et à Paris.
Viré en juillet 2008 de l’hebdomadaire Charlie Hebdo pour le texte considéré “antisémite” qu’il y avait écrit sur le fils cadet du président de la République, le dessinateur Siné était poursuivi par la Licra "pour incitation à la haine raciale”. Le 24 février 2009, le tribunal correctionnel de Lyon a débouté la Licra et relaxé Siné. Le tribunal a considéré que Siné ” ne creuse pas le préjugé d’antisémitisme”, qu’ il «s’est autorisé à railler sur le mode satirique l’opportunisme et l’arrivisme d’un homme jeune, engagé sur la scène politique et médiatique». Quelques jours plus tard, le 3 mars, Siné a été débouté par le tribunal correctionnel de Paris de l’action en diffamation qu’il avait intentée contre Claude Askolovitch, journaliste qui avait déclenché la polémique en l’accusant d’antisémitisme. La 17e chambre a relaxé Askolovitch, estimant que les propos poursuivis n’étaient pas diffamatoires, mais « participaient au débat d’idées, consubstantiel à toute société démocratique ». Pour l'un des avocats de Claude Askolovitch, le tribunal a "consacré la liberté absolue de dénoncer des propos abjects" quand "on est polémiste". De son côté, l’avocat du directeur de l’hebdomadaire Siné Hebdo a regretté une "banalisation du terme", et jugé "grave" qu'on puisse aujourd'hui "traiter tout le monde d'antisémite, sans se faire condamner". (AFP -JDD -Libération)
 
4 mars 2009: Liberté d’écrire dans les Amériques.
À l’occasion de la journée internationale des femmes et dans le cadre de la campagne pour la Liberté d'écrire dans les Amériques, le Comité des écrivains en prison du PEN International (WiPC) a décidé de mettre particulièrement en lumière le sort de quatre femmes vivant en Amérique latine. Deux d’entre elles, suspectées d’appartenance à des groupes terroristes, sont harcelées par les autorités de leur pays. Il s’agit de la dramaturge et actrice colombienne Patricia Ariza et de la poétesse péruvienne Melissa Patino. Les deux autres sont poursuivies au Mexique pour y avoir dénoncé l’exploitation sexuelle. Lydia Cacho Ribeiro, écrivaine et journaliste, est victime de poursuites en diffamation, de harcèlement policier pour avoir mis au jour des réseaux de prostitution et de pornographie infantile. La journaliste Sanjuana Martínez Montemayor est la cible de menaces de mort depuis la publication de son livre “El manto purpura” dans lequel elle dénonce des actes de pédophilie impliquant l’Église catholique. En 2008, le WiPC a recensé 184 agressions contre des écrivains et des journalistes, et ce rien qu'en Amérique latine. Avec sept meurtres et une disparition forcée, le Mexique est le pays le plus dangereux des Amériques pour les journalistes.
Trente autres journalistes, écrivains, bibliothécaires étaient en prison à travers la région, dont vingt-cinq à Cuba, incarcérés pour activités contraires à l'État ou « dangerosité sociale ».
http://www.internationalpen.org.uk/go/libert-d-expression
 
2 mars 2009: Avancée de la liberté d’expression en Chine?
Le dernier roman de Yan Lianke vient de recevoir le prix Lu Xun, l’un des prix littéraires chinois les plus prestigieux. Ses deux précédents livres - "Le Rêve du village des Ding" (sur l’épidémie de sida et le trafic du sang en Chine) et “Servir le peuple” (deux amants découvrent par hasard que détruire des objets liés à Mao décuple leur ardeur sexuelle)- avaient été interdits. En 2008, il déclarait ” Il n'y a pas de pensée indépendante en Chine. Les écrivains sont dans le système, et donc il n'y a pas besoin de censure visible, ils savent tous où sont les limites, c'est une censure invisible.(...) La différence par rapport à l'époque de Mao, c'est évident qu'on nous laisse publier aujourd'hui, et que le contrôle s'effectue après. Il y a une technique d'étouffement très efficace, mais c'est un progrès incontestable par rapport à avant.(...)De fait, on vous laisse publier, on vous impose des changements, on fait pression sur vous jusqu'à ce que vous acceptiez les limites qu'on veut vous faire accepter. Mais là encore, c'est moins dur qu'avant. Lorsque mon premier livre a été interdit, en 1994, j'ai dû écrire une autocritique pendant six mois, car chaque jour on me renvoyait ma copie en me disant, “insuffisant“. Mais lorsque "Servir le peuple" a été banni en 2004, plus d'autocritique, juste des pressions sur l'éditeur ! Est-ce que ça changera un jour ? ” Traduits et édités en France par Picquier, les deux ouvrages censurés de Yan Lianke sont publiés à Hongkong ou à Taiwan et circulent en Chine en éditions pirate. (Rue89)
 
24 février 2009: De la censure des pièces de théâtre à Paris durant la guerre de 14-18.
Dans le cadre de l’ouvrage collectif “Le Théâtre monte au front” (Complexe, 2008) réalisé sous le direction de Chantal Meyer-Plantureux, Odile
Krakovitch publie une étude sur la censure durant la Grande Guerre. Supprimée en 1906, faute de budget attribué aux censeurs, la censure est
rétablie en décembre 1914 et ne disparait qu’en septembre 1919, un an après l’armistice. Durant cette période, deux censeurs, dépendant du préfet de Paris, examinèrent 4 853 pièces et revues, soit en moyenne une pièce par jour. Les pièces devaient leur être soumises 15 jours avant la première. Les censeurs conditionnaient souvent leur autorisation à des modifications à faire. Pour eux, le théâtre doit avant tout “divertir, être gai, soutenir le moral de l’arrière et des soldats en permission”. Le soldat devient le personnage central des pièces, “il remplaça le bourgeois du répertoire de la IIIème République”. Il n’est jamais représenté combattant “car les scènes de guerre sont interdites”, comme celles avec un Allemand, même odieux, et surtout pas en uniforme : pour cette raison, la reprise de L’Aiglon d’Edmond Rostand ne pourra avoir lieu. Le théâtre ne doit pas porter atteinte à l’honneur de la France, ni à l’autorité des représentants de la classe au pouvoir. Ainsi Le Commissaire est bon enfant de Courteline, autorisé en temps de paix, devient “inopportun”. Parallélement on assiste à un retour de l’ordre moral: interdictions de mettre un lit sur scène, de se déshabiller, de choisir comme sujet le suicide, l’avortement (même demandé par une femme suite à un viol par un Allemand) la syphillis, l’impuissance sexuelle... Entre le 1er décembre 1914 et mi-janvier 1915, 20% des pièces seront refusées. Après ce début particulièrement sévère, la censure parisienne s’adoucira progressivement pour descendre à 1, 5% de refus en 1918.
Contrairement à la censure de la presse, elle était acceptée, intégrée.”Les directeurs retiraient les pièces avant même que le Préfet ait donné son avis; les auteurs acceptaient les modifications(...) Les auteurs s’autocensuraient même: car comment expliquer sinon le silence du répertoire sur des problèmes comme le pacifisme, la désertion, ou simplement la peur et la misère?” Du théâtre de cette époque guerrière reste-t-il un chef d’oeuvre? “Les mamelles de Tirésias “ d’Apollinaire ?
 
18 février 2009: L’hebdomadaire Le Point publie un hors-série consacré aux livres interdits.(n°21, janvier-février 2009)
De l’antiquité à nos jours, de L’art d’aimer d’Ovide à Éden, Éden, Éden de Pierre Guyotat, en passant par Contre les chrétiens de Porphyre, le Traité des trois imposteurs, L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, Fanny Hill de John Cleland, Le Catéchisme du révolutionnaire de Netchaïev ou La Question d’Henri Alleg, présentation de trente-cinq livres interdits, censurés, occultés. Pour les avoir écrits, certains de leurs auteurs furent emprisonnés, exilés, voire brûlés comme Giordano Bruno ou Claude Le Petit.
 
10 février 2009: Images interdites aux mineurs au festival d’Angoulême.
Deux jours avant l’inauguration de l’exposition consacrée aux dessinateurs de la revue d’Afrique du Sud Bitterkomix, Gilles Ciment, directeur de la Cité Internationale de la Bande dessinée et de l’Image, a demandé, sous couvert de protection de l’enfance, à Benoît Mouchart, directeur du festival de la bande dessinée d’Angoulême, de faire décrocher deux agrandissements et trois planches, jugés pornographiques. Finalement, les dessins n’ont pas été enlevés; l’entrée de l’exposition qui se tenait du 29 janvier au 1er février a été filtrée par des vigiles et interdite aux mineurs. (La Charente libre / Le Monde / Le Ravi)
 
7 février 2009: Une chanson sur l’avortement interdite sur les radios et chaînes de télévision musicales de Grande-Bretagne.
Dans ce morceau intitulé "Oasis", écrit en 2002, la chanteuse américaine Amanda Palmer raconte l'histoire d'une jeune fille qui décide d'avorter après avoir été violée au cours d'une soirée où elle était ivre. (AFP)
 
5 février 2009: En France, 1 % de la population a été placée en garde à vue, en 2008.
En 2008, 577 816 personnes, résidantes en France et âgées de plus de 13 ans, ont entendu un officier de police judiciaire leur notifier leurs droits : "Vous êtes en garde à vue. Vous pouvez appeler un membre de votre famille et demander à voir un avocat." Le nombre des gardés à vue a enregistré une hausse de près de 55 % en huit ans. Les policiers sont soumis à des objectifs de performance chiffrés. (Le Monde)
http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/02/04/la-france-gardee-a-vue_1150561_3224.html#ens_id=1150640
 
3 février 2008: Liberté d’expression et répartition du temps de parole dans les medias, hors campagnes électorales.
Le CSA (autorité de contrôle et de surveillance des medias) vient de demander aux radios d’appliquer la loi dite “des trois tiers” déjà appliquée à la télévision. Cette loi, qui date de 1986, accorde un tiers du temps de parole au gouvernement, un tiers à la majorité, un tiers à l’opposition. Le temps de parole du président de la République n’est pas comptabilisé. Pour aider les radios dans leur travail de décompte, le CSA a mis au point une liste de 1800 personnalités politiques à surveiller. (La Croix)
http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2363951&rubId=5548
 
1er février 2009: Quand la publicité se substitue à l’information.
Un article du Monde sur le passe Navigo de la RATP, programmé, écrit, monté, prêt à imprimer pour sortir dans le journal gratuit Direct Matin jeudi 29 janvier, a été remplacé par une pleine page de publicité. Sujet d’inquiétude pour Hervé Morin, ministre des armées, objet de remarques de la CNIL qui rappelle que “circuler anonymement relève des libertés fondamentales dans nos démocraties”, le passe Navigo a remplacé la carte Orange et permet à la RATP de tracer les usagers.
http://www.rue89.com/2009/01/31/bollore-censure-le-monde-le-business-passe-avant-linfo
 
30 janvier 2009: Face à la désinformation, une méthode pour calculer le nombre des manifestants.
Alors que la police, faute certainement de moyens techniques adaptés, ne recensait que 20 000 manifestants à Marseille le jeudi 29 janvier 2009, la méthode EGDL (Extrapolation Globale de la Densité Locale) permet une estimation plus proche de la réalité: entre 139 200 et 231 420 (estimation haute), ”185 000 manifestants, ont vraisemblablement participé, à un moment ou à un autre, au cortège”.
http://boulesteix.blog.lemonde.fr/2009/01/29/mecompte/
 
29 janvier 2009: L’Adiam 83 menacée de disparition.
L’association culturelle, fondée il y a vingt ans, annonce dans un communiqué que le Conseil général du Var lui “supprime complètement son soutien pour 2009. Aucune explication écrite n’a pu être obtenue à ce jour de la part du Conseil général. Le vote du budget n’a pas encore eu lieu et a été reporté au mois de mars 2009. En l’absence d’engagement de la part du Conseil général, l’Adiam 83 sera contrainte de se déclarer en cessation de paiement fin février et de licencier le reste de l’équipe (5 personnes).”
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3105
 

23 janvier 2009 : L’Opus Dei déboutée une deuxième fois.

La cour d'appel de Paris a estimé jeudi 22 janvier que l'assignation pour diffamation déposée par l'Opus Dei contre Catherine Fradier (auteure du livre de fiction Camino 999) et contre son éditeur, était irrecevable. Elle confirme ainsi le jugement du 22 novembre 2007. Dans Camino 999, roman policier édité chez Après la lune, Carla Montalban, chef de groupe de la Brigade criminelle de Lyon, est conduite au coeur de l'affaire Matesa, scandale politico-financier espagnol qui éclaboussa les Giscard d'Estaing dans les années 70, au temps des Républicains Indépendants et de l'assassinat du député Jean de Broglie. De Lyon à l'Irlande, Camino 999 décrypte les relations troubles entre le pouvoir et l'argent au sein de la Santa Mafia, bras armé du Vatican. Ex-gardienne de la Paix, Catherine Fradier, a reçu en 2006, le Grand prix de littérature policière.(AFP)
 
21 janvier 2009: Pétition pour en finir avec le délit d’outrage et avec le délit d’offense au président de la République.
Parce que l’outrage constitue une aberration de droit, l’agent constatateur étant en même temps la « victime » et que devant un tribunal, c’est parole contre parole, celle du fonctionnaire assermenté contre celle du citoyen lambda” (...)“parce que l’outrage participe à une pénalisation des rapports sociaux en sanctionnant la parole au détriment du dialogue démocratique”(...), treize citoyens lancent un appel à la dépénalisation du délit d’outrage. Ils demandent également la suppression du délit d’offense au président de la République.
http://www.ldh-france.org/Petition-outrage-offense-L-appel?id_donnee=-8&var_mode=calcul
   
 
20 janvier 2009: La France condamnée pour atteinte à la liberté d’expression.
Suite à la publication en 2001, du livre du général Paul Aussaresses “Services spéciaux Algérie 1955-1957", les éditeurs Plon et Perrin étaient condamnés en 2004 pour apologie de crimes de guerre et à 15 000 euros d’amende. Le 15 janvier 2009, la Cours Européenne des Droits de l’Homme invoquant l’article 10 de la Convention européenne de 1950, a donné tort aux juridictions françaises.
« La publication d’un témoignage de ce type [...] s’inscrivait indubitablement dans un débat d’intérêt général d’une singulière importance pour la mémoire collective : [...] à savoir que non seulement de telles pratiques avaient cours, mais qui plus est avec l’aval des autorités françaises » (§ 49). « Cela participe des efforts que tout pays est appelé à fournir pour débattre ouvertement et sereinement de sa propre histoire. [...] Sanctionner un éditeur pour avoir aidé à la diffusion du témoignage d’un tiers sur des événements s’inscrivant dans l’histoire d’un pays entraverait gravement la contribution aux discussions de problèmes d’intérêt général et ne saurait se concevoir sans raisons particulièrement sérieuses. » (§52)
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3086
   
 
17 janvier 2009: la Tchéquie ne cède pas aux appels à la censure.
Entropa”, l’oeuvre de l’artiste tchèque David Cerny ne sera pas décrochée et restera exposée six mois dans le hall du bâtiment du Conseil de l’Union européenne où se tiennent les sommets européens et les conseils des ministres. Commande de la nouvelle présidence tchèque, cette oeuvre de Cerny, dans la suite de sa série Kits, est un assemblage de 27 modules:
chacun des 27 pays européens est imagé par un cliché réducteur, un stéréotype, un préjugé. La France y apparait “en grève”, l’Italie est représentée comme une nation de footballeurs ... “Entropa” avait déclenché de nombreuses réactions scandalisées, notamment celle de la Bulgarie qui avait demandé le retrait de son module constitué de toilettes à la turque.
(L’Express)
   
 
14 janvier 2009 : Pas d’opéra dans la prison du XXIème siècle.
Les représentations par l’Opéra de Lyon de “Dans la compagnie pénitentiaire” de Philip Glass, prévues du 23 janvier au 4 février 2009 dans le gymnase de la nouvelle prison de Corbas, devront avoir lieu ailleurs. “On m'invoque des raisons techniques, mais je pense que si l'on avait joué 'La Flûte enchantée', le spectacle aurait été maintenu”, déclare Serge Dorny, directeur de l’Opéra de Lyon, surpris par la marche arrière du ministère de la Justice.
"La Colonie pénitentiaire", oeuvre de fiction écrite par Kafka, est le récit d'une communauté d'hommes détenus sur une île, et auxquels les droits fondamentaux ont été retirés. La maison d’arrêt de Lyon-Corbas qui doit bientôt être inaugurée est le premier établissement conçu en partenariat public-privé. Avec 690 places et 33 000 m2 de surface, elle doit permettre la fermeture des prisons Saint - Paul et Saint-Joseph. (Rue 89 - Lyon Capitale - AFP - 20 minutes)
   
 
2 janvier 2009 : Déprogrammation de Dieudonné à Montpellier.
À la demande du maire socialiste de Montpellier, le directeur du Kawa théâtre a déprogrammé le spectacle de Dieudonné qu’il devait prochainement accueillir. Le 26 décembre 2008, au Zénith de Paris, devant cinq mille personnes dont Jean-Marie Le Pen, l’humoriste avait fait venir sur scène et applaudir Robert Faurisson, condamné plusieurs fois pour négationnisme: il lui avait fait remettre le "prix de l'infréquentabilité et de l'insolence" par une personne déguisée en déporté juif. (AFP)
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
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