• Vie littéraire
Le Cercle Littéraire
 

Chaque année, Anne-Marie Trompette anime, à la Bibliothèque Armand Gatti, 5 séances réunissant des lecteurs autour d'un livre et d'un repas.

Le principe du Cercle est simple : il suffit d'acheter le livre (en collection de poche), de le lire et de venir partager ses réflexions et un repas avec d'autres lecteurs (apporter son panier et son livre).

 

 

• Vendredi 20 janvier 2012, 20h : "Ce que j'appelle l'oubli" de Laurent Mauvignier (Minuit, 2011)
Bibliothèque de théâtre Armand Gatti -
5, place Martel-Esprit
La Seyne-sur-Mer


"Quand il est entré dans le supermarché, il s'est dirigé vers les bières. Il a ouvert une canette et l'a bue. A quoi a-t-il pensé en étanchant sa soif, à qui, je ne le sais pas. Ce dont je suis certain, en revanche, c'est qu'entre le moment de son arrivée et celui où les vigiles l'ont arrêté, personne n'aurait imaginé qu'il n'en sortirait pas".
Cette fiction est librement inspirée d'un fait divers tragique survenu à Lyon, en décembre 2009, dans le magasin Carrefour du centre commercial de La Part-Dieu.
Le nouveau livre de Laurent Mauvignier est un texte court, très concentré, une seule phrase de 62 pages qui n'a ni début ni fin, comme suspendue, un monologue suffocant évoquant les circonstances d'une mise à mort inhumaine et absurde. L'auteur prend comme point de départ le silence médiatique et social autour d'un crime gratuit réduit à un entrefilet dans les journaux ou à "la voix blanche d'un présentateur télé débitant la mort des autres".
Mauvignier défie le silence et la banalisation avec une seule phrase et une voix qui s'adresse au frère de la victime.
Le temps écoulé depuis la mort du jeune homme a fait surgir les questions : comment peut-on entrer dans un supermarché sans être sûr d'en ressortir vivant ? Peut-on mourir parce qu'on a eu envie de boire une bière ? et surtout, qui se souviendra de ce jeune homme ?
L'auteur dresse le portrait d'une société qui autorise et favorise de tels crimes et tente d'arracher son personnage à l'oubli et à l'indifférence quotidienne de "ce monde avec des vigiles et des gens qui s'ignorent dans des vies mortes comme cette pâleur..."

 

• Vendredi 21 octobre 2011, 20h : «La Femme des sables» d'Abé Kôbô, Le Livre de Poche, 1990
Bibliothèque de théâtre Armand Gatti, 38 rue François Villon,
La Seyne-sur-Mer


"La femme dormait parfaitement nue. Dans son champ visuel tout embrumé de pleurs, la femme apparaissait comme une ombre flottante. Elle dormait à même la natte,couchée sur le dos, et, à l'exception du seul visage, le corps entier tout découvert. Le bas-ventre était ferme, tendu, avec, de chaque côté, un pli étranglé; et la main gauche, si légèrement y reposait (...) Sur l'entière surface du corps une couche de sable à fine texture posait, on eût dit, une tunique aussi fine et souple qu'une membrane. Noyant les détails, le sable détachait en les forçant et en les magnifiant, les courbes où se révèle et s'offre l'éternité de la femme. A s'y méprendre, sous son placage de sable, la Femme des sables, était, au regard, devenue statue..."
Heurs et malheurs d'un homme qui, parti à la recherche d'un insecte des sables échoue dans un petit village perdu au fond des dunes, où un piège l'attend. Commence alors un étrange cauchemar...
La Femme des sables d'Abé Kôbô (1924-1993) est incontestablement l'un des grands romans de la littérature japonaise du XXème siècle. Il n'est pas une fresque ni une vision du Japon moderne, mais une pensée, un jugement originaires du Japon moderne sur le destin de l'homme.
Il s'adresse aux lecteurs japonais mais aussi à n'importe quel autre lecteur. Rien n'apparaît du décor japonais. Si nous y cherchons le Japon éternel nous serons déçus. Pourtant, le Japon est présent dans la texture des sens.
Ce roman a été traduit dans le monde entier, il a été couronné, au Japon, par le prix Akutagawa (1962) et, en France, par le Prix du Meilleur Livre étranger (1967).

 

• Vendredi 17 juin 2011, 20h : «La robe bleue» de Michèle Desbordes, Verdier, 2004
Bibliothèque de théâtre Armand Gatti, 38 rue François Villon,
La Seyne-sur-Mer


Une vieille femme assise sur une chaise dans un parc. Elle attend. Le parc est celui de l’asile de Montdevergues, et l’homme qu’elle attend est son frère. Il s’appelle Paul Claudel. Elle, donc, serait Camille. Trente années dans le parc, près d’Avignon. Présent, passé, tout se mêlerait dans la grande lumière de là-bas, et se rejoindrait. De l’amour et de la beauté. De la haine. De l’abandon.
Et de ce que c’est que la fin des choses quand, de si près, depuis si longtemps, elle chemine près de vous, silencieuse et poignante.
http://www.editions-verdier.fr/v3/oeuvre-robebleue.html

 

• Vendredi 13 mai 2011 / 20h : «Les reliques» de Jeanne Benameur, Babel, 2011
Bibliothèque de théâtre Armand Gatti, 38 rue François Villon,
La Seyne sur Mer


"Leurs trois coeurs sont collés ensemble. Ils sont devenus cette étrange chose vivante"
Un camion de cirque débarque un jour de neige trois hommes sur le bord d'une
route : Hésior, le magicien, Zeppo, le clown, et Nabaltar, le soigneur de fauves.
Ils vivent là, dans une ancienne cabane de chantier, en désaccord avec le temps. Mira, leur amante, est morte. Que subsiste-t-il de cette trapéziste extraordinaire, qui leur permettait l'envol sur terre ? Des ballerines usées, un dernier costume de scène, précieusement conservés dans un coffre : leur trésor. Avec ces restes, les trois amants fabriquent de fausses reliques de la femme aimée et les enfouissent au pied d'une église ou d'un arbre, parfois d'une maison.
D'une plume délicate et visionnaire, Jeanne Benameur restitue l'univers de trois hommes en marge de tout, unis par un amour fou, sauvage, tout-puissant pour une même femme. Par la grâce d'un imaginaire brûlant, ils mettent en scène leurs propres rituels contre la mort, touchant en nous une dimension sacrée et archaïque de l'amour humain.

 

• Vendredi 25 février 2011 / 20h : «Le joueur d’échecs» de Stefan Zveig, Éditions Le Livre de Poche.
Bibliothèque de théâtre Armand Gatti, 38 rue François Villon,
La Seyne-sur-Mer


Qui est cet inconnu capable d'en remontrer au grand Czentovic, le champion mondial des échecs, véritable prodige aussi fruste qu'antipathique ? Peut-on croire, comme il l'affirme, qu'il n'a pas joué depuis plus de vingt ans ? Voilà un mystère que les passagers oisifs de ce paquebot de luxe aimeraient bien percer.
Le narrateur y parviendra. Les circonstances dans lesquelles l'inconnu a acquis cette science sont terribles; elles nous reportent aux expérimentations nazies sur les effets de l'isolement absolu, lorsque, à la frontière de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges. Une fable inquiétante, fantastique, qui, comme le dit le personnage avec une ironie douloureuse, "pourrait servir d'illustration à la charmante époque où nous vivons".

 

• Vendredi 10 décembre 2010 / 20h : «Le contraire de la mort» de Roberto Saviano, Éditions Robert Laffont, Pavillons poche – Édition bilingue (2010).
"Il est des lieux où le simple fait de naître est une faute, où le premier souffle et la dernière quinte de toux ont la même valeur, la valeur de la faute". Avec "Le contraire de la mort", Roberto Saviano, l'auteur de "Gomorra", nous entraîne une nouvelle fois dans son pays natal (Naples et ses alentours), où sévissent, plus que jamais, la violence des hommes en général et celle de la mafia en particulier. Ce livre réunit deux récits. Le débat aura lieu, de préférence autour du premier récit qui donne son titre au recueil. Il est fortement conseillé de lire aussi, bien sûr, "La bague", et il ne sera pas interdit d'en parler un peu et de donner son avis...
"Le contraire de la mort" raconte le deuil de Maria, une jeune fille de dix sept ans, qui a vu partir son amoureux pour l'Afghanistan, dont il ne reviendra pas. Au-delà de la dimension personnelle et historique, son histoire comporte une dimension mythique : l'auteur prend le mythe à contre-pied. Sa Maria est une Eurydice moderne qui tente tout pour retrouver Enzo et triompher de la mort par l'amour, mais celui-ci a désormais un goût de cendres.

 

 

• Vendredi 29 octobre 2010 / 20h : «La vie devant soi» de Romain Gary (Émile Ajar), Folio, 2009.
Signé Ajar, "La vie devant soi", reçut le prix Goncourt en 1975. Récit émouvant
écrit à la première personne. Histoire d'amour d'un petit garçon arabe, fils caché d'une prostituée, pour une très vieille femme juive, rescapée d'Auschwitz. Momo raconte sa vie difficile entre débrouillardise et tendresse dans les quartiers pauvres de Paris. Il se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que "ça ne pardonne pas" et parce qu’il n’est "pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur". Le petit garçon l'aidera à se cacher dans son "trou juif", elle n'ira pas mourir à l'hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré "des peuples à disposer d'eux-mêmes" qui n'est pas respecté par "l'Ordre des médecins". Il l'accompagnera jusqu'à ce qu'elle meure et même au-delà de la mort.

 

 

• Vendredi 11 juin 2010 / 20h : «L’homme semence» de Violette Ailhaud, Éditions Parole, 2008.
-41p

En 1852, Violette Aihaud est en âge de se marier quand son village de Basses-Alpes est brutalement privé de tous ses hommes par la répression qui suit le soulèvement républicain de décembre 1851. Deux ans passent dans un isolement total. Entre femmes, serment est fait que si un homme vient, il sera leur mari commun afin que la vie continue dans le ventre de chacune.
Née en 1835, Violette Ailhaud se décide à mettre par écrit cette histoire le 19 juin 1919: pour la seconde fois en 70 ans, son village vient de perdre tous ses hommes.

• Vendredi 30 avril 2010 / 20h : « L’écume des jours» de Boris Vian, Le Livre de poche.
Composé en 1946 aux dos d’imprimés de l’Agence Française de normalisation, où il travaillait alors comme ingénieur, L’écume des jours est publié le 20 mars 1947 aux éditions Gallimard/NRF. Le livre n’aura aucun succès du vivant de son auteur, mort prématurément lors de la projection du film J’irai cracher sur vos tombes, adapté de son roman homonyme.
En 1999, quarante ans après la mort de l’éminent pataphysicien, chanteur et trompettiste, le roman arrivait en 10 ème position, dans le sondage littéraire, Les cent livres du siècle.

• Vendredi 26 février 2010 / 20h : « Le liseur» de Bernhard Schlink, Folio, 1999. - 243 p.
Juge de métier, auteur de romans policiers ancrés dans l'histoire et l'actualité allemandes, Bernhard Schlink reprend à son compte le fantasme de l'adolescent initié à l'amour par une maîtresse d'âge mûr. Mais celle-ci est peu ordinaire; dure, secrète, elle organise leurs rencontres selon un rite très singulier: le bain, la lecture à haute voix puis l'amour.
Trente ans après, Michaël Berg décrit cette période où lycéen âgé de 15 ans, il abandonnait sa peau de fils de famille pour celle de "liseur". Curieux échange entre ces deux êtres: les mots de Schiller, de Goethe ou de Tolstoï contre le plaisir amoureux avec une receveuse de tramway. Hannah disparaît brutalement laissant l'adolescent désemparé.Là s'arrête le roman d'initiation. Michaël fait ses études de droit et s'apprête à râter sa vie affective sans révolte. Sept ans après le départ d'Hannah, il la retrouve lors d'un procès, au rang des accusés. Elle doit rendre compte des actes qu'elle a commis avant leur rencontre, comme Kapo dans les camps de concentration. Accablée par les autres accusées, elle se défend mal, elle est condamnée à la réclusion à perpétuité. M Berg comprend soudain l'invraisemblable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée. Commence alors une réflexion méthodique et douloureuse , une interrogation à vif sur la légitimité du jugement d'une génération criminelle par une génération honteuse. La force du livre est de n'éviter aucune des questions qui jaillissent du choc entre le présent et le passé, entre l'amour et le mépris, le désir de comprendre et le besoin de condamner.

• Vendredi 11 décembre 2009 / 20h : « Le noir est une couleur» de Grisélidis Réal, Folio, 2007. - 350 p.
« Le noir est une couleur », publié en 1974,est le premier livre et l’unique roman de Grisélidis Réal, écrivain, peintre, plasticienne, sociologue et prostituée.
Roman autobiographique où elle raconte ses années 50 en Allemagne, ses premières passes avec des soldats noirs rencontrés dans des boîtes pour G.I., sa vie précaire avec ses deux enfants, son expérience en maison close à Munich, son séjour en prison…
Son discours sur la prostitution, sur la possibilité d’y prendre du plaisir comme son refus d’être considérée comme une victime, annonce des combats à venir de « la courtisane révolutionnaire ». Elle fut, en effet, à Paris dans les années 70 l’une des meneuses des mouvements de prostituées et cofonda en 1982, Aspasie, une association de lutte contre la discrimination et l’exclusion des «travailleuses du sexe».
Le souffle vital qui traverse son écriture fait oublier quelques maladresses et la désigne d’emblée comme une véritable écrivaine.
http://www.lmda.net/din/tit_lmda.php?Id=22302
http://fr.wikipedia.org/wiki/Grisélidis_Réal

• Vendredi 23 octobre 2009, 20h : «Passes noires» de Giosuè Calaciura, traduit de l’italien par Lise Chapuis, Folio, 2007. - 150 p
« Nous partîmes la nuit suivante et ce fut le noir. Dans la soute, il y avait ni lueurs ni reflets, que le noir répété mille fois jusqu’à ne plus être un nombre et mille fois le râle de l’asphyxie, la neuvaine du salut, la prière des torturés. Et chacun répétait à l’infini l’histoire apprise par coeur au départ pour tromper la police maritime portuaire, les gardes-frontières et les douaniers… »
Conte des mille et une nuits de brutalité et de solitude, Passes noires donne à voir la déchéance et la détresse des femmes venues au monde pour l’esclavage et l’injustice. Arrachée à son Afrique natale par des négociants de chair fraîche, Fiona échoue dans un port italien où elle rejoint Cendrillon, la Boîteuse, pour vendre son corps dans les obscénités et les humiliations des soldats, étudiants, pères de famille, magistrats, marchands de fritures et prélats qui dévorent les filles à tarif réduit sous l’oeil mort de la sainte patronne de la ville.
Né en 1960 à Palerme, journaliste et écrivain, Josuè Calaciura est aussi l’auteur de Malacarne, roman sur la mafia traduit et publié en 2007 par Les Allusifs.

• Vendredi 29 mai 2009, 20h : "J'habite dans la télévision " de Chloé Delaume (J'ai Lu).
Chloé Delaume a décidé de prendre au mot la fameuse confession d'un directeur de programme de télévision (Ce que nous vendons "c'est du temps de cerveau humain disponible"). Elle s'est mise en condition pour comprendre comment se fabrique cette disponibilité temporelle et cérébrale. Nuit et jour, elle s'étudie elle-même en train de se soumettre à l'afflux de messages publicitaires en ingurgitant le maximum de programmes de divertissement. Le résultat est un roman se présentant sous la forme d' un rapport en 27 pièces, soumis à à l'étude du Ministère de la culture & du divertissement...
"En ce moment vous êtes ici et ça veut dire des choses, des choses très importantes. Que vous êtes vivants par exemple encore vivants, peut être pas pour très longtemps mais un petit peu vivants quand même. Et puis aussi, surtout, qu'à cet instant précis vous ne regardez pas la télévision."
Autour de Chloé Delaume, la bibliothèque Armand Gatti, vous conseille le numéro 100 du Matricule des Anges (février 2009), Transhumances publié aux éditions Ére. Pour avoir accés au site personnel de Chloé Delaume et à la bande-son de "la pièce 17 bis" http://www.chloedelaume.net/

• Vendredi 17 avril 2009, 20h : "Le chant du monde" de Jean Giono (Folio)
"La nuit. Le fleuve roulait à coups d'épaules à travers la forêt, Antonio s'avança jusqu'à la pointe de l'île. D'un côté l'eau profonde, souple comme du poil de chat; de l'autre côté les hennissements du gué. Antonio toucha le chêne; il écouta dans sa main les tremblements de l'arbre. C'était un vieux chêne plus gros qu'un homme de la montagne, mais il était à la belle pointe de l'île des geais, juste dans la venue du courant et, déjà, la moitié de ses racines sortaient de l'eau."

• Vendredi 20 février 2009, 20h : "Mangez-moi" d'Agnès Desarthe (Points/Seuil)
Myriam rêve, comme dans "Alice au pays des merveilles", de retrouver une taille normale qui lui permettrait d'entrer dans la réalité et d'être à la hauteur de ce qu'elle entreprend. Portant un secret trop lourd pour elle, elle essaie de se reconstruire après des années d'errance et décide d'ouvrir un restaurant "petit et pas cher" qu'elle appelle "Chez moi" car, faute de moyens, elle y vit clandestinement. Femme blessée, reniée, elle tente de tirer les fils qui lui permettront de survivre, d'oublier les méandres de sa conscience, de jeter un pont entre le passé et l'avenir. "Chez moi" devient vite le lieu de rendez-vous du quartier. Grands et petits, travailleurs et paumés s'y retrouvent pour un plat du jour, un gâteau au chocolat ou un simple café. En toile de fond, il y a la bibliothèque de Myriam, une trentaine de livres qui l'ont aidée à survivre. Utilisant les ingrédients comme des mots et ses plats comme les phrases qu'elle n'arrive pas à prononcer, Myriam communique à travers les saveurs et les couleurs, suscitant le désir et le plaisir qu'elle s'interdit.

• Vendredi 5 décembre 2008 / 20h : « QUARTETT » d'Heiner Müller, éditions de Minuit
Quartett est une adaptation des Liaisons dangereuses, roman épistolaire de Choderlos de Laclos. Ce texte bref est un extraordinaire épisode de la guerre des sexes, à la fois duel amoureux, combat de grands fauves, joute verbale et jeu de masques d'une ironie et d'une cruauté sans égales. Un face-à-face érotique et rhétorique qui tourne très vite à l'entre-dévoration. Créé en France par Patrice Chéreau, mis en scène aussi par Bob Wilson, le texte a été repris récemment par Jeanne Moreau et Samy Frey.
"Je la croyais éteinte, votre passion pour moi. D’où vient ce soudain retour de flamme. Et d’une passion si juvénile. Trop tard bien sûr. Vous n’enflammerez plus mon coeur. Pas une seconde fois. Jamais plus. Je ne vous dis pas cela sans regret (...)"

Vendredi 17 octobre 2008 / 20h : « Kafka sur le rivage » de Haruki Murakami, 10/18, 2007. - 640 p

Le récit se structure autour d’une double quête. Celle de Kafka, un adolescent de quinze ans qui, poussé par sa petite voix intérieure qu’il appelle « le garçon nommé corbeau », fugue pour fuir une malédiction paternelle et trouve refuge dans une bibliothèque. Et celle de Nakata, un vieil homme qui prend la route pour répondre à un appel mystérieux.
Victime d’un étrange coma, ce personnage a perdu ses facultés intellectuelles mais gagné le pouvoir de parler aux chats et aux pierres.
La réussite d’un voyage se mesure souvent à la richesse des rencontres. Celui que nous propose Murakami n’échappe pas à cette règle mais l’univers qu’il nous fait découvrir est parsemé d’étrangetés. Il pleut des poissons et des sangsues, les forêts cachent des villages fantômes, les esprits nouent des histoires d’amour charnelles avec les vivants, les chats sont victimes d’un tueur en série. Quant aux humains, d’une sensibilité exacerbée, ils sont très cruels ou très tendres.
Ce récit est une longue métaphore, un conte magique, et c’est un chef d’oeuvre.

• vendredi 6 juin 2008 / 20h : "La théorie des nuages" de Stéphane AUDEGUY (Folio)

Akira Kumo est un couturier japonais. Il collectionne les livres consacrés aux nuages. Pour classer sa bibliothèque, il engage Virginie Latour, une jeune femme, à qui il raconte des histoires de chasseurs de nuages. Celle de Luke Howard qui inventa leurs noms, celle de Richard Abercrombie qui fit le tour du monde pour voir s'ils étaient partout identiques, d'autres encore, aussi surprenantes que le jeu des nuées.
Récit d'une épopée incroyable étirant les digressions à l'infini façon "Mille et une nuits". Premier roman d'une grande maturité, mêlant le faux et le vrai, avec un humour et un sens de la narration qui permettent à l'auteur d'harmoniser à l'intérieur de ce roman les multiples romans possibles : fantaisie scientifique et poétique (les nuages), roman d'aventure (Abercrombie), quête amoureuse ( Virginie Latour), récit d'histoire (la guerre du Pacifique). Roman au titre à priori rébarbatif qui nous transporte là où la science et la sensation, l'intellect et la sensibilité sont en lutte. La théorie des nuages, est, entre ciel et terre, un éloge de la rareté des choses de la vie offertes par l'expérience des hommes.

• vendredi 04 avril 2008 / 20h : "La Musique du hasard" de Paul Auster
(Le Livre de Poche / Babel – Actes Sud)

Jim Nashe a tout plaqué : sa femme, son boulot, ses amis, ses illusions, sa vie. Seul sur les routes des Etats-Unis, « tel un animal affolé », l’ex-pompier roule dans une Saab neuve avec un héritage de 200 000 $. Mais la fortune de Nashe s’épuise tout comme son moral, jusqu’au jour où il rencontre Jack Pozzi, professionnel du poker, qui attend 10 000 $ de mise pour refaire les milliardaires Flower et Stone, deux excentriques qui vont s’avérer inquiétants. Et 10 000 $, c’est justement ce qui reste à Jim Nashe au bout de quelques semaines d’errance. Ensemble ils tentent le gros coup… « Fou de solitude » : cette phrase que scande Nash est la terrible ritournelle de ce très beau roman ni drôle, ni vraiment triste, où Paul Auster interroge les thèmes qui lui sont chers – l’incertitude de l’identité, l’absurdité du hasard et la perte du sens commun.

• vendredi 8 février 2008 / 20h : "La petite Bijou"de Patrick Modiano (Folio)

Paris, années 60 . Un manteau jaune, un visage marqué par une cicatrice entraperçus dans un couloir du métro et voilà une jeune fille entraînée à rebours du temps. Aimantée elle prend sa ligne en sens inverse pour suivre cette femme énigmatique au manteau élimé...Comme d'habitude la plume de Modiano exhale une musique envoûtante et le charme agit.

• vendredi 7 décembre 2007 / 20h : "Budapest" de Chico Buarque (Folio)

José Costa exerce la profession de "nègre". Forcé de s'arrêter dans la capitale hongroise, il voit peu à peu les évènements de sa vie lui échapper. Hilarant tour de force littéraire, ce troisième roman de Chico Buarque conduit le lecteur des plages d'Ipanema aux bords du Danube. Une réflexion originale sur l'identité et la langue.

Pour toute demande d'informations : 04 94 28 50 30


 
 
pour rappel :
• vendredi 6 octobre 2006 / 20h : "La petite fille de Monsieur Linh"de Philippe Claudel (Stock)
• vendredi 1er décembre 2006 / 20h : "Balzac et la petite tailleuse chinoise" de Dai Sijie (Folio)
• vendredi 2 février 2007 / 20h : "Seule la mer" de Amos Oz (Folio)
vendredi 6 avril 2007 / 20h : "La Demande" de Michèle Desbordes (Folio)
• vendredi 1er juin 2007 / 20h : "1984" de George Orwell
 

 

 

 

 

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